C’est donc sur la grande face de notre mythique et historique baou de St Jeannet que les participants du cycle grandes voies sont allés exprimer leurs aptitudes en grimpe et recherche d’itinéraire. Le baou, c’est souvent du rocher médiocre et des points plutôt loin. Savoir garder son sang froid y est une qualité nécessaire.
Après organisation et réoganisation, nous avons dans la célèbre Dominante une première cordée avec Laura et Gautier. Laura a pour mission de passer devant tandis que Gautier reste à proximité de Dona dans la cordée derrière avec Ju et Mattieu L.
Un cran au dessus en terme de niveau, Alexis et Roxane ouvrent le Péril Jaune, suivis de Jean, Florian et Xavier.
Enfin, un peu plus à droite, je m’engage avec Matthieu H dans l’Innominata, suivis de Sabine et Thibault.

Alexis dans la L1 du Péril jaune
C’est autour de 9h30 que chacun attaque sa voie. Chez nous, Matthieu a la même mission que Laura : partir devant et défricher l’itinéraire tandis que je reste en back up pour la cordée qui suit. Sabine se retrouve en difficulté dès la première longueur, je lui envoie un brin de corde pour faire une double flèche, configuration qu’on reproduira souvent pendant l’ascension. La L2 propose la première difficulté. Matthieu la négocie sans éthique aucune en s’aggripant à une corde restée coincée par une cordée qui s’était pris un but la veille. Mais l’important c’est de passer ! Thibault franchit les premières difficultés mais explose en fin de longueur, heureux que je lui envoie également un brin. Puis Sabine, restée seule au relais, se prend d’une petite crise de panique avant de se ressaisir et de nous rejoindre.
Les deux longueurs suivantes sont plutôt faciles et nous amènent à la fin du boulevard de la Dominante où on décide de grignoter un bout en attendant Laura…

Matthieu dans la L2 de l’innominata
Pendant ce temps, dans le Péril Jaune, Florian apprécie également la technique de la double flèche dès la seconde longueur, technique un peu trop confortable qu’il gardera jusqu’à la fin de la voie ! En même temps, les 3 premières longueurs sont corsées et le rocher bien glissant.
Je suis la progression dans la Dominante avec les conversations au talkie. Quelques doutes sur l’itinéraire mais Laura gère en bonne leadeuse, aidée par Gautier pour qui il reste quelques souvenirs d’un ancien passage. Dona se débrouille très bien également malgré un passage en traversée qui demande un peu d’aménagement.
Nous avons quasiment terminé nos sandwichs quand Laura arrive jusqu’à nous et fait son relais dans un arbre voisin, suivie par Gautier et Dona un peu après.

Dona dans la traversée du boulevard
Mais pas le temps d’attendre tout le monde puisqu’un bout de l’itinéraire est commun, il s’agit de ne pas faire de bouchons. Matthieu repart donc devant et fait une faute d’itinéraire en choisissant une cheminée pourrie et arborée. J’encorde de nouveau Sabine avec moi et nous voilà au pied de la fameuse fissure à la rose, longueur clé de l’enchaînement. Je prends la tête pour ce passage avec de laisser de nouveau Matthieu dans le 5b suivant, puis la traversée en 2 qui nous amène proche du parc à moutons, terrasse sous le sommet où se rejoignent toutes les voies.
Et c’est là que j’entends Jean au talkie qui nous annonce qu’il s’est fait mal au genou et qu’il n’arrive plus à pousser sur la jambe ! Pas de panique, Alexis est là pour le remonter jusqu’au relais. J’abandonne Matthieu pour aller les retrouver moyennant un petit rappel. J’embarque Jean avec moi que je traîne jusqu’au sommet.

Gautier et Alexis dans la longueur finale
Entre temps, je croise Gautier qui se demande ce que je fais là et qui a pris la tête sur la fin de la Dominante, Laura n’ayant pas réussi à sortir la longueur clé et ayant été jusqu’à la chute ! Bravo Laura !
Thibault a pris la tête également pour la dernière longueur et installé un beau relais sur lunules au sommet qui servira pour tout le monde. Petit à petit, alors que Jean, Matthieu et Sabine ont doucement attaqué la marche de retour, toutes les cordées arrivent sur le plateau, les dernières juste après le coucher du soleil vers 18h30 ! Encore une belle et longue journée !
C’est donc à la frontale (pour ceux qui ont suivi mes conseils et qui l’ont glissée dans le sac) que nous rentrons au village pour retrouver nos 3 camarades installés au bar. Le temps de siroter une bière et d’échanger nos anecdotes et il est temps de nous séparer et de prendre une bonne nuit de repos.
Bravo à toutes et tous et rendez-vous le dimanche de Pâques à Séranon !