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STAGE GRANDE VOIE 2026 : OPÉRATION OVERDON

Bien trop accoutumé à la chaleur et à la surpopulation niçoise , les adultes du club sont cette année encore partis à la recherche d’un lieu de stage où on a des chances de croiser de belles voies de niveau adéquat, de la fraîcheur et si possible pas trop de monde. C’est ainsi que le Verdon a été choisi, le dernier stage en ce lieu mythique datant de 2017.
Au Verdon, il peut faire chaud, mais il peut faire froid aussi ! Et la quantité réduite de voies de niveau abordable rend la fréquentation de ces dernières parfois un peu très haute. Mais l’endroit reste magique, peut importent les conditions. Variables les conditions en ce week-end de l’Ascension…

Jour 1 : premiers pas

Réveil matinal pour tout le monde pour le rendez-vous à Sauvaigo ! Sylvain se charge de passer au garage avec Cécile pour récupérer tout le matériel d’escalade et de camping. Roxane et Alexis s’occupent des courses pendant ce temps. Tout le beau monde s’entasse dans les voitures et nous voilà partis pour une peu plus de 2h de route jusqu’au village de la Palud et son camping municipal qui nous accueille sur des emplacements immenses ! Cette année, on peut s’étaler ! Jean est également là pour quelques jours et même s’il ne souhaite pas grimper, ça nous fait chaud au coeur de l’avoir prêt de nous. Si le soleil est bien au rendez-vous dans la matinée les nuages se font de plus en plus présents et c’est sous une météo maussade que nous pique-niquons après avoir monté le camp.

Nous organisons ensuite les cordées sur 3 secteurs différents, avec des marches d’approche minimales :
– Sylvain ira avec les plus débutants faire Lou des garrigues, une voie facile d’accès parcourant des ressauts pas compliqués à grimper : idéal pour faire des manips.
– Julien, guide local qui connaît très bien le Verdonet aux conseils pertinents, se décide pour le secteur du Galetas et ses voies pas trop longues.
– Gwendal par t pour la Dent d’Aire et ses voies de 3 longueurs en 5c/6a, parfaites pour une reprise en douceur.

Dent d’Aire

Sandrine, Laura, Djé, Thibaud et Xavier visitent Gringo Loco tandis que Phil et Jean-Luc découvrent Petit Chat. Après deux rappels efficaces, les deux cordées se répartissent dans les dites voies. Dans Petit Chat c’est Jean-Luc qui s’y colle démarrant en même temps que les fines gouttes de pluie qui nous suivront toute l’après-midi. Pour Gringo Loco ça sera Thibaud le leader de cordée. Celui-ci grimpe alors avec un brio certain pour se défaire des deux premières longueurs verticales à gouttes d’eau avant de passer le lead à Djé pour l’ultime longueur et sa section physique en Dulfer. Derrière, les seconds assurent dans les deux sens du terme avec de l’enchainement dans toutes les longueurs.

Côté félins c’est un petit peu différent et l’on s’autorise allègrement le tire clou pour passer dans le pur style Verdon des anciens. Un retour aux sources finalement. L’on finit par sortir à 16h soit 10 minutes avant l’apocalypse et son cheval blanc qui est déciément bien gris. Direction donc le camping pour un tarot bien mérité en attendant les autres cordées.

Galetas

Au vu de l’effectif du groupe, nous avons cette année fait appel à Julien, un moniteur local pour venir en renfort de Gwendal et Sylvain. En ce premier jour, il emmène un petit groupe au Galetas, et leur fait profiter de sa corde statique de 100 mètres pour éviter les 3 rappels fractionnés classiques. C’est Cécile qui sert de cobaye et se fait mouliner jusqu’en bas, avant que le reste du groupe descende en rappel, ambiance garantie !

La voie Adieu Zidane, réputée pour sa traversée aérienne a retenu l’intérêt de Roxane, Alexis, Gautier, Matthieu, et Florian, accompagnés par Julien. C’est Roxane qui s’élance vaillamment dans la première longueur en 5c, mais elle bute sur un pas un peu plus dur, et après un bon vol, elle passe la main à Alexis. Même scénario (le vol en moins) dans la cordée de derrière avec Matthieu qui ne parvient pas non plus à négocier le passage clé. Après ces faux départs qui retardent quelque peu les cordées, le reste de la voie déroule mieux, et chacun peut apprécier la traversée plein gaz au-dessus du Verdon qui fait la réputation de la voie.

Non loin de là, Cécile et Julien (pas encore le moniteur, l’initiateur 😉 se régalent et avalent les 9 longueurs de la magnifique voie Hissage Nocturne. Ils sortent juste avant l’averse, contrairement à leurs camarades d’à côté qui se prennent une petite saucée dans la dernière longueur, histoire de pimenter une sortie déjà bien épicée !

Lou des garrigues

Sylvain se retrouve avec Marjolène, Franck, Julie, Robin, Michel, Sebastian et Sabine pour une bonne révision manips. La voie commence par un mini rappel de 10m, parfait pour remettre en mémoire ce qu’il faut savoir. Après, c’est plein de petites longueurs entrecoupées de terrasses. Le groupe s’organise en 3 cordées : Julie et Sabine partent devant, sous l’oeil de Robin qui fait le troisième. Derrière suivent Seb (pour qui c’est sa première grande voie !) et Michel, et enfin Marjo et Franck. Ca manipe bien malgré quelques erreurs mais le froid et le vent sont mordants. On se prend quelques bonnes averses et on finit dans le brouillard !
Malgré tout, l’objectif est atteint : chacun a pu identifier son niveau d’escalade et est plus ou moins autonome sur les manips de base ce qui nous permettra d’optimiser les cordées les jours suivants.

Pour la suite, justement, les cordées profitent de la soirée pour s’organiser en 3 groupes :
– Sylvain ira vers l’arête du Belvédère;
– Julien s’oriente vers le secteur de Free Tibet;
– Gwendal part pour l’arête de la patte de chèvre.

Jour 2 : conditions pas faciles

Le départ est prévu pour 7h30 et les réveils s’effectuent entre 5h pour les plus insomniaques et 7h pour les plus optimisés. Après un bon petit dèj pour se réchauffer d’une nuit pas bien chaude, un dernier coup d’oeil à la météo qui annonce du vent, des nuages, mais pas vraiment de pluie, on se répartit dans les voitures.

L’arête de la patte de chèvre

8h : personne sur le parking, c’est plutôt bon signe on devrait être les premiers à attaquer la voie. L’équipe d’aujourd’hui est composée de Jean-Luc, Franck, Marjolène, Julie et Sabine. On attaque donc la raide marche d’approche dans l’ombre et le froid mais heureusement celle-ci a le mérite de réchauffer rapidement. Une heure plus tard, on arrive donc à bon port avec une certaine envie d’en découdre, Jean-Luc en leader pour la première cordée et Julie pour la seconde.

Les deux premières longueurs sont rapidement avalées et heureusement car les nuages commencent à pointer le bout de leur nez. Afin de gagner du temps le choix est fait d’envoyer notre meilleur élément : SABINE !!!!! Celle-ci grimpe alors dans les deux longueurs suivantes avec un certain brio et puis d’un coup tout bascule. La pluie s’abat sur nous telle un rideau de fer. Une pause de 20 minutes s’impose et l’on change les leaders. Gwendal prend le lead et Jean-Luc repart en tirant aux paires pour passer les passages trop mouillés par la pluie.

Le temps s’améliore alors soudainement et malgré le froid l’on atteint rapidement le sommet avant une deuxième salve de pluie qui aurait été fatale pour le mental. On avale alors notre pique-nique et entamons la longue descente sur corde fixe pour rejoindre le camping, mouillés mais paradoxalement contents d’aller à la douche.

Free Tibet

Le groupe encadré par Julien se dirige du côté de Free Tibet, avec les cordées de Matthieu, Philippe et Gautier. Cécile et Julien démarrent à côté dans Concrétion Erogène, avec la 1ère longueur en 6a+ qui réveille bien Julien, tandis qu’Alexis et Roxane optent pour la variante en 5c. C’est dur pour Roxane, qui ne parvient pas à passer un premier pas de bloc, et subit pas mal le reste de la voie. C’est finalement Alexis qui fera toute la voie en tête, en prenant le temps et en installant une main courante dans la traversée. Manips d’aide au second validée !

De leur côté, Cécile et Julien se partagent les longueurs et apprécient pleinement cette voie qui alterne entre dalle à gouttes d’eau, traversées plus ou moins impressionnantes, dièdre, et un final déversant. Ils retrouvent au sommet la première cordée de Free Tibet, qui finit dans 2 longueurs pas des plus belles. Philippe bataille pour sortir la longueur en 6a+ (qui lui a été vendue comme un 5c) et fait parler toutes ses connaissances en artif. Matthieu peste tout ce qu’il sait après que Julien ait à son tour installé la corde (en baskets mais sans enthousiasme devant l’esthétisme de la voie). Cécile se dévoue pour partir à son tour dans cette longueur pour récupérer les dégaines laissées par Matthieu, dégaines qui lui seront bien utiles pour sortir la voie. Les premiers sortis se retrouvent autour d’un verre bien mérité au refuge des Malines, en attendant Roxane et Alexis qui ont sagement choisi la sortie par le sentier.

L’arête du Belvédère

Certains ont des marches d’approche qui montent, d’autres qui descendent ! Raide… L’accès au pied des voies est en lui-même une petite aventure. Sylvain prend les devants et préfère installer des mains courantes dans les passages engagés. Au final, ce sera trois brins de 50m qui y passeront ! Heureusement que Flo et Djé, restés en arrière, s’occupent de démonter au fur et à mesure.

Arrivés au pied de l’arête du Belvédère, c’est un stop pour Seb, Robin et Michel qui commencent à se préparer tandis que le reste du groupe continue encore à descendre jusqu’à une rappel finale et quasiment toucher le Verdon. Pour Djé, Florian, Laura, Thibaud et Xav, privés de leur premier choix, ce sera la voie des Dalles, un cran plus longue et soutenue que sa voisine.
Le temps est maussade, le vent est froid mais l’énergie est là !

Seb a déjà fait la première longueur, le temps que Syl aide les derniers dans le rappel. Il s’accroche aux cordes et reste non loin de Robin qui lead sa cordée avant de laisser la place à Michel. Seb fait des merveilles pour la deuxième grande voie de sa vie, jusqu’à buter sur un des « 5c » les plus retors du Verdon : un dièdre/cheminée vraiment dur à négocier. Sylvain passe devant et ce sera moulinette pour tout le monde (et un peu de moufflage aussi).
Sur le haut de la voie, quelques apparitions du soleil parvient difficilement à nous réchauffer face au vent glacial. Mais c’est avec le sourire que nous arrivons à la voiture.

Dans la voisine de droite, les choses ne sont pas faciles. Les 6a Verdon ne se laissent pas dompter facilement mais Djé les affronte vaillamment. Thibaud, qui gagne du galon en même temps qu’il aiguise sa confiance, prend le lead de la cordée avec Laura et Xav. Tous ceux-là, s’entraident, se balancent des cordes quand il faut. Je les observe de loin et descend les retrouver, bien fatigués, pour leur dernière longueur : une belle épreuve réussie dans des conditions pas évidentes. Bravo !

La soirée est encore très froide avec des averses qui passent et nous obligent à nous réfugier sous le barnum pour manger le traditionnel colombo de Jean-Luc. Le plan du lendemain s’organise non sans difficulté. Laura nous quitte pour Nîmes et Julien ne sera pas des nôtres pour encadrer. Nous avons choisi d’aller grimper du côté de Moustiers où 4 voies de niveau abordable se côtoient. Tout le monde ne peut pas grimper pile dans ce qu’il espérait mais cela fait partie du jeu. Nous sommes un groupe et il faut savoir s’adapter aux contraintes. Parfois c’est trop dur, parfois c’est trop facile, parfois ce n’est pas la plus belle voie et c’est comme ça. On fait au mieux.

Après d’âpres négociations, Ju et Cécile feront de nouveau cordée commune dans Chignolite aigue, suivis par Alexis et Seb. Gwendal s’occupera de Sabine, Julie, Marjo et Franck dans Imaginarium, avec un promotion express de Robin en leader autonome.
Sandrine, Djé, Florian, Thibaud, Matthieu et Xav se retrouvent dans Plaisir partagé tandis que Gautier et Roxane feront cordée avec Sylvain qui s’occupe d’aider la cordée des anciens : Jean-Luc, Phil et Michel dans la Courchonade. Tout le monde est casé : au dodo !

Jour 3 : Enfin le soleil sur Moustiers !

Sylvain est le premier sur le chemin d’approche, bucolique et plein de rue (l’occasion d’expliquer les inconvénients de se frotter à cette plante). Après le petit repérage, chacun se retrouve au pied de sa voie respective.

La Courchonade

Dans la Courchonade, ça attaque facile avec un 4c de chauffe, suivis par les 3 longueurs les plus difficiles : 5c+, 6a, 6a. C’est Gautier qui se charge de défricher la voie. Il vibre un peu par moment mais il passe bien. Derrière, Michel a fait la première en tête avant de laisser la place à Phil pour les difficultés. Le caillou est neuf, on a enfin du soleil, on est protégés du vent, il fait bon, les longueurs sont belles, c’est la régalade. Seuls les relais ne sont pas des plus confortables mais on s’organise au mieux. Phil se permet le plus beau vol du séjour dans le dernier 6a. Roxane prend la tête pour le 5a qui nous mène au plateau ainsi que pour les deux dernières longueurs du sommet, tout comme Jean-Luc dans la cordée derrière.

Imaginarium

On ne change pas une équipe qui gagne et pour la grande journée collégiale à Moustiers, le groupe de Gwendal a donc uniquement échangé un modèle de grimpeur expérimenté pour un modèle plus récent : Jean-Luc contre Robin.

Malgré une première longueur quelque peu difficile à froid pour tout le monde, le moral et le plaisir reviennent rapidement dans la seconde longueur en traversée très prisue bien plus impressionnante que difficile. Celle-ci est menée d’une main de maitre par Robin et Marjolène. La suite de la grande grande voie déroule alors de mieux en mieux avec des longueurs verticales assez prisues sauf pour Sabine qui je cite « emmerde la grande voie et le camembert ». Dommage c’est pourtant bon le camembert. La fin de la voie présente un pas un peu plus dur mais heureusement Sylvain de passage dans le coin donne un petit coup de pouce à Franck et je fais de même pour Sabine. Julie passe elle avec brio en tête sans même se soucier de si cela est dur ou non.

Une fois n’est pas coutume, l’on s’offre une pause pique-nique au sommet avant d’amorcer la belle descente par le canyon de Courchon. Celui-ci se finit d’ailleurs par un très beau rappel en fil d’araignée qui ravira tout le monde pour conclure cette belle journée riche en émotions.

Plaisir Partagé

Pour Djé, Sandrine, Xavier, Florian, Matthieu et Thibaud, qui voulaient se la couler douce ce jour-là, Plaisir partagé se transforme en plaisir mitigé. Entre un 6a qui les cueille à froid, une erreur d’itinéraire pour Matthieu et la fatigue qui se fait sentir, ils ne garderont pas un souvenir d’anthologie de cette voie.

Chignolite aigue

Sur le papier, Chignolite aïgue ne faisait pas forcément rêver, mais on retiendra quand même la longueur en fissure en 6a+ ainsi que celle en 6b bien longue. Cécile et Julien sont devant en réversible, suivis par Alexis et Sébastian, qui se donne à fond et prend confiance en tête.

Tandis que la plupart rentrent se détendre au camping, certains ont encore un peu d’énergie. Cécile, Julien et Sébastian repartent donc dans Imaginarium avec Sylvain, qui a envie d’une grimpe un peu plus rythmée. C’est l’occasion d’apprécier pleinement les progrès de l’équipe de Gwendal avant nous parce que ce n’est pas si facile : bravo !

Le soir, l’ensemble du groupe se retrouve à l’auberge des crêtes pour partager les anecdotes du jour autour d’un repas copieux et préparer les cordées du dernier jour, sans Sabine et Thibaud qui préfèrent une journée off.

Jour 4 : une petite dernière avant la route

Dernière journée de stage et cette fois-ci ni nuage ni vent de prévu ! Mais le réveil est dur avec la fatigue accumulée et le froid mordant avec deux petits degrés au thermomètre !

Gringo loco

C’est un retour au secteur de la dent d’aire pour Phil qui voulait grimper Gringo Loco avec Michel. Devant lui, ce sont Gautier, Roxane et Matthieu qui ouvrent le chemin et Seb fera le troisièe de cordée. Sylvain, lui, de débrouillera en corde fixe pour surveiller tout ce beau monde.
Le groupe arrive le premier au secteur et s’installe dans la ligne de rappels. Au fur et à mesure de la matinée, les deux lignes qui permettent de descendre au jardin seront régulièrement utilisées par de nombreux·ses grimpeur·ses.
On sent quand même que la fatigue entame la concentration avec Gautier qui a oublié son casque au camping et qui accumule les petites erreurs de manip et Phil qui fait tomber son portefeuille dans le rappel, faisant voler papiers, billets et carte bleue aux quatre vents. Sylvain retrouvera la carte bleue dans un buisson et un grimpeur un billet de 20 perdu sur une petite terrasse.

A part ça, la matinée se déroule bien. Dans la première cordée, Roxane lead la L1, Matthieu la L2 et Gautier la L3. Derrière, Michel fait la L1 puis Seb, la révélation du stage, s’occupe des 2 6a suivants et nous sommes relativement rapidement arrivés au sommet pour un retour camping peu après midi.

L’usage du monde

Julien, lui, est parti avec un tout petit groupe : Marjo, Franck, Julie et Jean-Luc. Il s’encorde pour une cordée masculine et laisse les deux dames seules à l’arrière pour voir un peu comment elles s’en sortent avec un peu plus d’autonomie. Et c’est validé ! Les deux cordées étant les premières dans la voie, elles arrivent également au sommet sans encombre pour un retour au camping quelques minutes après le groupe de la Dent d’Aire !

Secteur Don de l’Aigle

Accompagné de Julien et Cécile, Gwendal porte son dévolu sur le Don de l’Aigle pendant que Sandrine, Florian,Djé, Xav, Robin, Alexis et Matthieu qui lorgnaient dessus depuis le début du stage choisissent l’arête de la patte de chèvre. Malheureusement, alors que nous avions évité les embouteillages pendant tout le stage, le temps d’attente risque d’être long puisque pas moins de 3 cordées sont déjà devant eux malgré le départ matinal.

Coté Don de l’Aigle tout le monde se régale avec des gouttes d’eau à gogo. Et malgré le petit vol de Cécile dans la première longueur, la suite déroule extrêmement bien et ils atteignent le sommet avant les autres cordées. Cela laisse alors le temps pour l’installation d’une belle main courante pour les différents groupes qui devront descendre. A 14h, Djé pointe alors le bout de son nez et l’on retrouve l’ensemble du groupe pour une belle pause pique-nique avec une vue imprenable sur le lac de Sainte Croix.

La descente elle, est très efficace et Julien s’offre même un record de vitesse en 14 minutes pour rejoindre la voiture. De quoi faire pâlir ses abonnés Strava. On remonte alors une dernière fois les gorges pour rejoindre le camping et découvrir que tout a déjà été démonté…

En effet, le reste du groupe n’a pas chômé et après le repas, s’est attelé à plier tout le campement. Un dernier aurevoir et c’est finalement l’heure du retour à la vie normale, celle où il fait moins froid, où le lit est plus confortable, mais les contraintes un peu plus pesantes.

Un grand bravo à toutes et tous pour avoir su braver les éléments, un grand merci à toutes celles et ceux qui ont participé au bon déroulement du stage et à la vie collective.
Merci aux encadrants, particulièrement à Julien pour les conseils et les anecdotes.

Le rendez-vous est pris pour l’an prochain ! Reste plus qu’à définir le lieu.

Stage jeunes à Orgon : de la dalle, des réglettes et des loups garous

C’est un retour à Orgon que nous avons opéré pour le stage jeunes cette année, comme en 2018. Même camping, fournée différente ! Pour un groupe de 12 jeunes, nous avons pensé qu’un seul pro serait suffisant. Julien a gentiment accepté de compléter l’encadrement bénévolement grâce à sa formation d’initiateur. François et Dona complètent la liste d’accompagnateurs, comme l’an dernier, ainsi qu’Amandine et Didier, venus avec le reste de la famille dans le ur superbe camping car.

Le stage débute le lundi. Dona se charge de récupérer les courses, moi de prendre tout le matériel au garage et Julien s’est occupé du minibus du Comité FFME 06. On se retrouve donc au parking de Sauvaigo avec tous les jeunes afin de caser les sacs, valises et autres duvets dans le coffre. Puis c’est l’heure du dernier bisou aux parents et nous voilà sur la route pour 2h30 de trajet jusqu’au bien nommé camping de la vallée heureuse. Camping 4 étoiles s’il-vous-plaît !

Après un trajet sans encombre et nos emplacements attribués, le petit groupe s’affaire au montage du camp : tentes, barnum, cuisine, tout doit rentrer dans l’espace qui nous est aloué. Pas de problème cette année, on a beaucoup de place, et de grandes tables de pique-nique ! A 13h, tout est fin prêt pour le premier repas que les jeunes avalent rapidement. Maintenant, il s’agit d’aller grimper.

Gros avantage du coin, pas mal de secteurs sont accessibles à pied directement depuis le camping ! Après une courte marche d’approche sous un soleil de plomb, nous voilà au secteur de la brèche, justement en train de passer à l’ombre. Les jeunes se préparent et les premières voies sont gravies. Du 4 au 6a, de 15 à 30m, il y en a pour tout le monde. Mais pour nos jeunes principalement habitués à la résine, grimper sur de petites prises où il faut chercher, réfléchir et rester concentré, ce n’est pas évident. Malgré tout, cette première journée se passe à merveille et on choisit de ne pas redescendre trop tard car un élément du camping a attiré l’attention des jeunes : la piscine !
Pour aller se baigner, pas besoin de se faire prier ! François assure la surveillance pendant que nous préparons le repas, Dona aux commandes. A 20h, nous sommes à table prêts à engloutir l’immense casserole de pâtes à la bolognaise. Une fois rassasiés, vient l’inévitable temps des loups garous, jeu de rôle traditionnel qui occupe une bonne partie des soirées.

La nuit est plutôt douce et les oiseaux chantent tôt le matin. Certains jeunes se lèvent tôt (trop !), d’autres traînent au lit, preuve incontestable du non respect du couvre-feu… A quelques exceptions près, les jeunes sont bien efficaces et se préparent rapidement. Ce sont eux qui doivent faire leur propre sandwich et gérer leurs affaires. Il n’y aura pas eu beaucoup d’oublis ! Il est à peine plus de 9h quand nous quittons le camping.

Aujourd’hui, on grimpe de l’autre côté de la vallée. Considérant la chaleur de la veille, j’avais choisi un secteur à l’ombre. Mais après la petite marche d’approche, force est de constater qu’un petit vent bien frais nous donne plutôt envie d’aller au soleil ! Après quelques voies de chauffe sur le secteur Acteur’s Studio, on bascule de l’autre côté sur la pointe de la découverte. Comme la veille, ce sont des voies assez raides avec des cotations plutôt sèches allant du 4 au 6a+. Chacun s’exprime à son niveau, et Esteban apprend enfin la manip du haut de voie qu’il pratique tout de suite au sommet d’un 5b un peu trop engagé pour ma tension artérielle…
Après une bonne journée d’escalade, rien de mieux qu’un peu de natation pour se mettre bien ! Retour au camping vers 15h30 et suite de l’après-midi dans la piscine et avec diverses activités ludiques : balançoires et jeux de ballons avant le repas et la soirée loups garous.

Le mercredi, la météo est maussade. De la pluie est prévue en fin de matinée ou dans l’après-midi suivant les modèles. On essaie de se préparer rapidement mais c’est sans compter la tente de Mélia, Romane, Elise et Rose qui aime bien se faire attendre… Pas de soleil aujourd’hui, on décide d’aller sur le joli secteur d’Aureille, une face sud à 20 minutes en voiture. Nous sommes au pied de la falaise à 10h.
Les jeunes sont particulièrement efficaces en ce jour et les cordes sont installées rapidement. Chacun a le temps de faire quelques voies mais plus la journée avance, plus on sent la pluie arriver. Vers 11h30, les premières gouttes commencent à tomber et quand on voit le rideau qui nous arrive dessus, on décide de vite tout ranger pour ne pas avoir du matériel mouillé tout le séjour ! Bonne initiative car l’averse qui nous tombe dessus trempe la paroi en quelques minutes. Heureusement, nous avons pu trouver un bout de caillou abrité pour manger et attendre que la pluie cesse.
Après le repas, dès la première accalmie, nous redescendons aux véhicule pour un retour prématuré au camping. Sur le retour, on s’arrête au secteur historique du canal, laboratoire du haut niveau dans les années 90/2000. Une bonne surprise nous attend : Manon Hily et Max Bertone sont en train d’essayer un 8c+. Le temps d’une démo, les jeunes sont d’un calme incroyable !
La pluie ne cessera d’aller et venir tout le reste de la journée, nous obligeant à nous réfugier régulièrement sous les tentes.

Pour le lendemain, la météo s’améliore mais le ciel reste un peu couvert le matin. Le secteur de la veille était tellement beau qu’on décide d’y retourner pour explorer un peu plus les possibilités d’escalade.
Cette fois, nous sommes bien décidés à aller voir les voies plus dures et plus longues. De belles lignes jusqu’à 6c sont installées et occuperont les jeunes une bonne partie de la journée ! Même François signe sa seule ascension du séjour dans un 5b !
Fin de journée, la plupart des jeunes ont bien grimpé, mais je garde sous la main Romane et Mélia que j’envoie faire un dernier 6a de 30m. Ces deux là, d’habitude pas les dernières à avaler des longueurs en salle, montrent pas mal de réticence sur le caillou. Il faut dire que ce n’est pas facile de transférer leur technique sur le rocher et pour des jeunes qui grimpent habituellement du 7a/b, se faire rouster dans du 6a, ça force l’humilité. J’ai beau leur asséner à longueur d’année que la cotation n’a pas d’importance, difficile de ne pas associer la performance à la simple difficulté d’une voie.

Après une dernière soirée au camping, pâtes carbonara rab loups garous au menu, nous voilà déjà au matin du dernier jour. Il est temps de plier le camp, épreuve incontestablement la plus technique du séjour ! Courir après les objets perdus, plier les matelas et les tentes dans leurs sacs toujours trop petits, le tout dans une joyeuse cacophonie, c’est un acte bien plus compliqué qu’il n’y paraît !
Mais encore une fois, l’efficacité est de mise et nous sommes fins prêts un peu après 10h.

Pour cette dernière journée, nous avons choisi d’aller grimper juste à côté du secteur du premier jour. Marche d’approche minime et plein de voies accessibles, on avait déjà fait ce stop en rentrant des dentelles de Montmirail l’an dernier.
Les jeunes ont pris la confiance au fil du séjour et Maya et Esteban attaquent direct avec des 6a+ en tête ! Esteban est carrément en feu et enchaîne même son premier 6c.
Jules, Anton et Elise ne sont pas en reste et ancrent leurs connaissance de la semaine en grimpant et assurant en tête. Après le repas, on profite des dernières heures pour installer un grand rappel pendulaire au sommet d’une grotte où les jeunes passeront les uns après les autres, avec plus ou moins d’aisance : final en beauté !

Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin et à 15h, il est temps de repartir. Comme toujours, la semaine aura été riche, pour les jeunes mais pas que. Beaucoup d’apprentissage, en escalade mais surtout en vie commune, ce qui n’est pas toujours facile. Bravo à tous !

Un grand merci à Julien qui a posé des congés pour pouvoir m’aider à encadrer cette semaine. Merci également à Dona, François, Amandine et Didier pour la gestion du camp, des repas, de la piscine, et du pied des voies !


Stage adultes de l’Ascension : retour dans le Verdon

La dernière fois que le stage Adultes a eu lieu au Verdon, c’était en 2017 ! Il est temps d’y remettre les chaussons. Comme d’habitude, le stage se déroule lors du weekend de l’Ascension soit du jeudi 14 au dimanche 17 mai et est ouvert à tous les adultes du club.

Lever aux aurores, rappels gazeux, ambiance aérienne, vautours curieux et escalade sur gouttes d’eau au programme ! Le tout avec un camp de base au camping municipal de la Palud.

Le tarif cette année est de 180€. Merci de remplir le formulaire assez rapidement afin que nous ayons une idée du nombre et d’adapter le nombre d’encadrants. Le tarif comprend donc l’encadrement, les 3 nuits au camping et les repas (hors jeudi midi).

Fin des inscriptions au 12 avril.

Stage jeunes vacances de Pâques : Orgon et les Alpilles

Cette année, le stage se fera du 20 au 24 avril à Orgon avec quelques virées dans les Alpilles. L’hébergement se fera au camping de la Vallée Heureuse.

Pour les jeunes, ce stage est sans aucun doute un événement majeur de l’année ! Pour les moniteurs également, qui voient les enfants évoluer dans un environnement différent et 24h/24h. C’est un moment fort de la vie du club où beaucoup de liens se créent. Bref, c’est important d’y participer ! L’encadrement sera effectué par Sylvain et Julien. Et bien sûr Dona sera présente également !

Pour ce qui est des inscriptions, vous trouverez tous les documents nécessaires ci -après : la fiche inscription et la fiche sanitaire. Ces deux documents, ainsi que le règlement de 200€ (en liquide ou chèque à l’ordre de l’USCagnes escalade) doivent être remis à Julien ou Sylvain pour réserver votre place.

Attention, les places sont limitées et les documents doivent nous être remis avant le 20 mars impérativement !

Vous trouverez toutes les infos nécessaires dans ce document. Le programme est bien sûr donné à titre indicatif et peut largement varier en fonction de facteurs tels que notre humeur ou la météo. Vous y trouverez notamment la liste du matériel à amener. Pour ce qui est des tentes et du matériel d’escalade, nous ferons un formulaire plus tard pour savoir ce qui manque ou ce qu’on a en trop.

Concernant le transport, le club loue 1 minibus. Nous aurons besoin de parents pour le transport des troupes et du matériel en fonction du nombre d’inscrits. Si vous souhaitez participer et nous aider sur le stage, merci de nous envoyer un petit mail précis et concis : uscescalade06@gmail.com.

Vous pouvez également poser vos questions en commentaire de cet article, j’y répondrai rapidement.

A vous de jouer !

Stage adultes dans les gorges de la Jonte : résumé !

Cette année nous voulions organiser le stage adultes dans le Val d’Aoste mais les difficultés liées à la législation nous ont fait reculer. Nous avons donc décidé de revenir sur les lieux du stage de 2018 : les gorges de la Jonte, en Lozère.

Jour 1

Certains ont décidé de partir le mercredi pour être plus tranquilles et profiter du jeudi à fond. D’autres n’avaient pas cette possibilité et devaient partir le jeudi matin. Avec Delph, on a pu couper la poire en deux et dormir vers Montpellier pour arriver vers 9h30 au camping situé à la confluence de la Jonte et du Tarn dans le mignon petit village du Rozier, à deux pas des falaises convoitées.

Arrivés sur notre lieu d’hébergement, le camping des Peupliers, nous sommes accueillis par Jean, Michèle, Saliha, Sabine, Thibaud, Isa, Djé et un bon café. Les autres arrivés la veille sont déjà sur les parois. Le petit groupe s’organise pour vider le Kangoo rempli à ras bord et installer le campement. Ça va un peu plus vite qu’avec les jeunes ! On profite d’un peu de temps disponible en attendant les derniers pour réviser les manips sous les explications pédagogiques de Djé.

Djé à la manoeuvre

Finalement, Yannick et Gwendal, le troisième pro engagé par le club pour l’occasion, arrivent quelques minutes avant la dernière voiture : Jean-Luc, Sandrine, Epo et Roxane. Le temps qu’ils s’installent, de distribuer le matériel et d’organiser nos cordées et nous voilà partis ! Il est 14h.

Notre principale ennemie durant le stage sera la chaleur. En effet, un mini épisode caniculaire nous a attendu pour démarrer avec des températures autour de 30°C prévues ! Au moins pas de pluie à l’horizon. Notre but est donc d’éviter un maximum le soleil. Gwendal choisit de remonter un peu le Tarn pour gravir le roc Aiguille, une dent d’une centaine de mètres de haut qui propose quelques voies faciles en face nord, notamment Youna sur laquelle il jette son dévolu. Il part avec Epo, Roxane, Thib, Sandrine et JL. Avec Yannick, on prend en charge le reste du groupe pour aller chercher les deux voies les plus faciles de la Jonte pour commencer en douceur : La petite arête et Zébulon.

Sandrine dans la dernière longueur d’Iseki

Entre temps, je prends des nouvelles des grimpeurs sur la paroi. Cécile, Alexis et Phil sont partis grimper l’Arête ouest sur la roche décollée, dans laquelle Philippe avait une revanche à prendre et prennent un peu de repos avant d’attaquer Crise éléphantine. Le reste du groupe a terminé La canicule t’emballe et se dirige vers Pégase après être descendus en rappel.

Camille, Florian, Julien et Xavier au R2 de la Canicule t’emballe

Dans notre groupe, la marche d’approche nous semble raide et longue. Trop longue. Je me rends compte bien trop tard que l’on a manqué l’intersection et qu’on est quasiment au sommet de nos voies ! Je pars en exploration chercher un chemin direct qui descend dans un goulet mais c’est trop raide. Pas le choix, il faut faire demi-tour… C’est donc avec pas mal de retard qu’on parvient enfin au pied des voies pour se faire accueillir par une foule incalculable ! Il faut changer de plan. Tout ça commence fort bien…
Après une rapide réflexion et prise d’info auprès des autres groupes, on décide d’aller s’essayer dans La canicule t’emballe, qui présente les avantages certains de n’être qu’à quelques mètres de là et à l’ombre. Avec un 5c+ de 50m en première longueur (en doublant L1+L2), la chauffe va être rude pour certains ! Qu’à cela ne tienne, il est 16h lorsque je commence enfin à grimper, Delph et Isa en seconds. La L1+L2 est superbe et ne présage que du bon. La L3 est une traversée facile mais qui a de quoi effrayer un peu. Delph et Isa s’en sortent bien.

Delph dans la fin de la traversée de L3 de la Canicule t’emballe

Derrière Djé est parti en tête, Michèle et Jean en seconds. Malheureusement, au premier relais, Michèle ne se sent pas bien et choisit prudemment une retraite pour l’ensemble de la cordée. Décidément, ce n’est pas une bonne première journée ! Pendant ce temps, j’enchaîne la L3, un 5c qui termine par un passage souterrain qui aboutit dans une petite grotte avant de finir par un court dièdre et atteindre le plateau sommital. Il est 18h20.

Delph et Isa au sommet

De là, j’observe Yannick dans la traversée, puis Sabine, puis Saliha. Saliha a pas mal d’hésitations, ne trouve pas ses appuis, mais finit par passer. C’était un peu long et Delph et Isa ont choisi de faire la marche retour seules. Moi, j’attends la dernière cordée qui, par souci de gain de temps, emprunte la sortie directe au lieu de passer par la grotte. Il est quasiment 20h lorsque Sabine se rétablit au sommet. Reste à faire la marche de retour un peu longue, d’autant plus que Sabine prend le temps de discuter avec les randonneurs qu’elle croise et c’est à 21h passées que nous arrivons au camping, acclamés par le groupe qui nous attendait avec impatience pour attaquer les pâtes à la bolognaise !

Sabine dans la dernière longueur

Pendant le repas, chacun y va de ses anecdotes, raconte sa journée, et on apprend que Phil a perdu ses clés de voiture… Heureusement qu’il avait un double ! Avant de se coucher, on décide d’un départ très tôt pour éviter la foule et la chaleur.

Jour 2

Les réveils sonnent vers 6h30 et chacun sort de sa tente plus ou moins en forme. Les cafés chauffent, les tartines s’engloutissent et les voitures se chargent pour être prêts à 7h.
Une partie du groupe part dans le Révérend  avec Gwendal. Au pied de la falaise à 8h, c’est Sandrine qui ouvre le bal en cordée avec Xav et Djé, suivie d’Epo avec Gwendal et enfin Matthieu et JL.
Gautier a choisi de retourner affronter le 6a+ de La diagonale des gogols avec Roxane. Ils sont suivis par Camille et Ju.
Yannick part avec Phil, Thibaud et Flo pour grimper Les femmes et les grimpeurs d’abord et essayer de retrouver les clés perdues la veille dans le même coin tandis que je reste avec le groupe de la veille pour retenter La petite arête et Zébulon, accompagné cette fois par Alexis et Cécile.

Sandrine à l’attaque du Révérend

Malgré notre départ matinal, nous ne sommes pas les premiers dans Zébulon et deux cordées nous précèdent. Il va falloir attendre un peu avec Saliha et Sabine. Cécile se prépare pour La petite arête pour partir avec Delph et Isa mais se trompe d’une ligne et part dans la variante de départ. Elle en est quitte pour faire un relais au milieu de la L1. Alexis prend la bonne voie et s’arrête au milieu pour aider la première cordée à passer le pas de A0 en installant des pédales. Finalement, dans Zébulon, Saliha attaque la L1. Elle galère un peu dans l’itinéraire et passe par des sections difficiles en suivant la ligne de points au lieu de zigzaguer en suivant la ligne de faiblesse. C’est long mais ça finit par passer avec l’aide d’Alexis qui finit par atteindre enfin son relais pour assurer Jean et Michèle. On choisit de laisser reposer Saliha pour la suite et Sabine prend le relais. Un peu plus à l’aise, elle s’en sort très bien dans les deux longueurs suivantes avant de laisser de nouveau la place à Saliha.
Dans La petite arête, Isa a pris également la tête, de même que Michèle puis Jean. Tout le monde pratique les manips, sauf Delph qui préfère se la couler douce !

Jean dans la petite arête

Une fois tous au sommet, compliqué de descendre en rappel dans les voies vu le monde derrière nous alors on choisit l’option retour à pied (encore !) Le temps d’installer la main courante et le mini rappel pour descendre du petit sommet et nous voilà sur le chemin. Le groupe est rassasié, hormis Cécile et Alexis pour qui je propose qu’on atteigne le sommet de l’observatoire par 2 grandes voies : La canicule t’emballe extension puis Libre Max. Alexis prend la tête dans la première puis me laisse devant dans la deuxième. Ces deux voies sont nettement moins parcourues que le reste et Libre Max est récente et encore bien croustillante… Et la chaleur intense ! Mais le point de vue en haut vaut les efforts et la marche retour, bien que longue, nous permet de passer le fameux Pas du loup et devant les deux vases.

Sylvain devant le vase de Sèvre

Dans Les femmes et les grimpeurs d’abord, Flo se prend un énorme vol qui a failli lui coûter une cheville mais le bonhomme est solide et ça ne l’empêche pas de continuer l’après-midi dans Les dessous de l’histoire. Phil cherche désespérément ses clés une bonne partie de la journée en parlant à tous les grimpeurs qu’il rencontre jusqu’à ce que l’un d’entre eux lui dise qu’il y a un mot au camping municipal : elles sont à l’accueil ! Ouf !
Ca prend pas mal de temps dans La diagonale des gogols mais ça finit par sortir, tirer des rappels et s’encanailler dans la même voie que les cordées précédentes, mais sans Julien et Roxane qui préfèrent aller se reposer au camping.

Julien dans la diagonale des gogols

Du côté de l’équipe Révérend, la stratégie a été de faire un retour au camping pour repartir vers 15h dans Feu Forêt au sommet de laquelle ils se rétablissent vers 18h30. Visiblement non rassasiés et grâce à l’aide de Gwendal et de quelques pédales, ils iront même au sommet du mythique Vase de Sèvres  avant de rentrer par la via ferrata qui permet de redescendre aux voitures.

Djé grimpe le vase de Sèvre

Au camping, après siestes, baignades dans le Jonte ou le Tarn, ça s’affaire en cuisine où Jean-Luc a laissé des instructions très précises pour son fameux et incontournable colombo et même si des libertés ont été prises, le repas fut comme d’habitude un bon régal.

Jour 3

Le réveil est moins matinal pour la plupart du groupe. Déjà la fatigue se fait sentir et les choix stratégiques nous permettent d’éviter le réveil à 6h, mais pas nécessairement la foule.

Yannick retourne dans La Canicule t’emballe avec Thibaud et Jean-Luc pendant qu’Alexis s’occupe de Roxane et Epo, qui m’annoncera plus tard tout fièrement qu’elle a fait le 5c en tête ! Bravo !
Gwendal a choisi Les dessous de l’histoire avec Sandrine, Cécile, JL, Xav, Djé et Matthieu mais la queue au pied de la voie leur fait changer les plans : ce sera Plaisir de Cocagne, un choix qu’ils ne regretteront pas.
De mon côté on prend l’option roc Aiguille avec pas mal de monde :
Camille guide Isa et Delph dans Youna et Phil s’occupe de Michèle et Jean juste derrière. Avec Flo, Gautier, Sabine et Saliha on part dans Iseki.

Saliha au départ de Iseki

Encore une fois, nous ne sommes pas les premiers et il faudra attendre longtemps avant de pouvoir partir dans Iseki, juste à côté.
Flo ouvre finalement la voie (sans la première longueur en 5c) et m’assure pendant que je grimpe au rythme de Saliha en tête derrière moi, Gautier gérant à l’arrière. Merci les gars pour votre patience !
Au moins, Saliha et Sabine peuvent grimper en tête, prendre leur temps et pratiquer les manips une fois de plus. La voie est belle et très facile, et atteint un petit sommet duquel on redescend par un rappel facile : top pour la découverte !
L’ascension nous prend pas mal de temps et la descente et raide mais Camille et Gautier décident de refaire un tour et moi de rester avec eux : on fera Youna en doublant L1 et L2 puis L3 et L4. Mode rapide activé pendant que Phil nous raconte au talkie les plaisirs de la fraîcheur du Tarn…

Delph et Isa dans la traversée finale de Youna

Après La canicule t’emballe, le groupe de Yannick se rend au pied de Pégase pour l’ascension de l’après-midi, petit sommet sous les barres principales offrant une vue panoramique sur le cirque, pendant que ceux qui avaient gravi Plaisir de Cocagne rentrent tous au camping, visiblement bien fatigués hormis Cécile qui profite d’un moment privilégié avec Gwendal pour aller enchainer Les dessous de l’histoire.

Cécile dans les dessous de l’histoire

Le soir, c’est resto à 21h. Delph a géré la réservation et les plats et c’est avec un peu d’avance que nous arrivons au café Capluc. La serveuse nous propose de descendre à la rivière et de nous y servir un apéro le temps de finir le premier service et d’observer un castor. Nous sommes ensuite répartis sur 3 tables et même si les plats sont bons, le grand air ça creuse et nous sommes quelques-uns à nous dire qu’on en aurait bien mangé un deuxième !

Le groupe au complet

Jour 4

Dernier matin, et réveil de nouveau à l’aurore. Nous devons avoir plié le camp pour 14h au plus tard. Michèle et Jean ont eu leur dose, de même que Sabine et Thibaud qui repartent dans la matinée avec leur camping car et une partie du matériel pour alléger un peu le Kangoo au retour.

Yannick part sur le Roc aiguille avec Ju, Matthieu et Xav et parcourt Youna en bonne partie en corde tendue, avec départ dans le 5c de Iseki.
Camille et Cécile font une cordée féminine dans le Révérend, suivie par Phil et Gautier.
Jean-Luc part avec Flo et Roxane dans Zébulon, suivis par Alexis, Epo et Gwendal.

Epo dans la dernière longueur de Zébulon

Et enfin, je termine mon séjour par une voie où enfin, il n’y aura pas besoin d’attendre au départ : Pégase. Djé ouvre le passage pour Saliha et moi et Sandrine s’occupe de Delph et Isa. Quel plaisir de grimper à un rythme normal dans une jolie voie ! Nous prenons même le temps de descendre en deux rappels pour pratiquer un peu le fractionnement. Au parking, nous croisons Thibaud et Sabine qui prennent la route des gorges pour un retour tranquille.

Isa dans le premier rappel de Pégase

Au camping, nous précédons de quelques minutes le groupe qui était au roc aiguille, les autres débarquant un peu plus tard mais tous largement dans les temps et à l’heure pour partager un dernier repas avant de plier le camp, de prendre la route et les inévitables bouchons.

Conclusion

En 2018, nous venions dans la Jonte pour mon premier stage adultes pour le compte du club. 7 ans plus tard, c’est avec un immense plaisir que je suis revenu en ces lieux majestueux, peuplés de vautours et grimpeurs de tous horizons. Certains étaient déjà là en 2018, des piliers du club comme Phil, Jean-Luc, Djé, Alexis, Cécile, Camille et Gautier. D’autres ont pris le train en route et mis beaucoup d’énergie à améliorer leurs compétences en grandes voies à travers les cycles proposés depuis 3 saisons comme Sandrine, Matthieu, Roxane, Julien et Xavier. Tous les autres ont suivi les quelques cours au gymnase et ont participé à la sortie au rocher St Barthélémy, permettant d’en dégrossir la plupart.

Matthieu dans le dernier rappel du Révérend

Cette stratégie de formation nous donne la capacité d’effectuer en toute sérénité des séjours de grande ampleur avec pas moins de 21 participants pour 3 encadrants, où tout le monde peut se faire plaisir à son niveau et continuer son apprentissage. Un grand merci aux plus aguerris qui ont donné de leur temps et de leur patience pour permettre à ceux qui en avaient besoin de pratiquer. C’est un bel état d’esprit qu’il faut continuer à cultiver.
Un grand merci également à Gwendal qui a su s’adapter et s’intégrer au groupe tout en proposant un encadrement de qualité.

Je termine ce texte avec une petite pensée pour Jean I. qui devait venir mais qu’une blessure a retenu, Brice, Laura et Eric qui avaient d’autres obligations ! L’année prochaine, plus d’excuses !

Stage jeunes aux dentelles de Montmirail : une bonne cuvée

Lignes de crêtes sorties de terre au milieu des collines viticoles au nord de Carpentras, les dentelles de Montmirail offrent un paysage atypique et un grand nombre de secteurs de grimpe. Cela faisait plusieurs années que l’idée d’aller y faire un tour avec les jeunes du club me trottait dans la tête. Ils n’étaient pas très nombreux cette année à répondre présents pour le fameux stage des vacances de Pâques. 13 jeunes ont choisi de participer, plutôt dans la tranche d’âge basse, excepté Clément, la plupart faisant partie du groupe mini comp. Des jeunes plutôt aguerris en salle donc, mais dont les aptitudes en falaise demandent encore beaucoup de développement. A ce petit groupe se sont ajoutées Prune et Lilas, les deux soeurs de Rose, ainsi que leurs parents qui dormaient dans leur tout nouveau camping car à côté de nous au camping. François, Dona et Toni m’accompagnaient pour m’aider à la logistique.

Jour 1

Le lundi matin, à 9h, j’étais déjà au camping municipal de Beaumes-de-Venise avec la famille Souris. J’étais en effet la veille à la Sainte Victoire avec un groupe d’adultes du club et j’avais souhaiter éviter les allers et retours inutiles. Mon Kangoo déchargé, on commençait à monter un partie du campement, notamment le barnum et la grande tente du club tandis qu’à Cagnes, Dona récupérait les courses et passait au garage chercher une dernière caisse de matériel avant d’arriver à Sauvaigo où les familles avaient rendez-vous. Cécile était également présente pour gérer la location du minibus du hand et donner les clés à François pilote du stage. La partie de Tetris terminée pour faire rentrer toutes les affaires des jeunes dans les différents véhicules, un dernier bisou aux parents et voilà nos valeureux grimpeurs en route pour un trajet d’un peu moins de 3h.

Il est midi presque pile lorsque le convoi débarque au camping. La trajet était un peu long et il est temps de s’activer. Les enfants débarquent leurs affaires et commencent à monter leurs tentes avec l’aide des adultes présents. Une bonne heure plus tard, nous étions tous attablés à déguster un pique-nique bien mérité avant de préparer les affaires de grimpe et aller toucher du caillou pour la suite de la journée.

Une petite erreur de trajet plus tard, nous découvrons que le parking visé est dorénavant fermé, ce qui nous impose une marche d’approche un peu plus conséquente que prévue. Qu’à cela ne tienne, les jeunes ont de la ressource et la distribution du matériel effectuée, nous voilà à l’ascension du col du Cayron, étape principale avant le rocher école que nous visons. Lorsque nous arrivons au pied de la falaise, nous ne sommes pas seuls. Un gros groupe d’adultes est déjà sur place et nous devons aller à l’extrême gauche de la falaise pour nous trouver un coin libre. En revanche, les voies ont l’air superbes, avec de belles envolées dans le 5 principalement, avec quelques voies en 4. Les premiers se préparent alors que je réexplique la manip de haut de voie à ceux qui ont besoin de la réécouter.

Très vite, les moulinettes sont installées, et les grimpeurs enchainent les longueurs. Face à nous, la face nord de la chaîne de Gigondas nous fait des clins d’oeil et ses pics élancés attisent ma curiosité : on ira y grimper dans la semaine. Mais pour l’heure, c’est surtout l’idée d’apprivoiser le type du caillou, de se remettre à l’aise sur les pieds parce que ça ne va pas beaucoup déverser ! Quelques heures s’écoulent avant qu’il ne soit temps de rentrer au camp.

Le temps de faire la marche retour et le trajet en voiture et il est déjà tard. Les jeunes filent sous la douche tandis que les adultes s’attellent à préparer le repas. Au menu : pâtes bolo ! La régalade pour tout le monde avant d’aller se coucher avec pour consigne de se lever à 8h au plus tard le lendemain.

Jour 2

La nuit n’est pas trop froide et les enfants se réveillent assez facilement. Le petit déjeuner est englouti et la routine de la confection du sandwich est facile à mettre en place puisque bon nombre de jeunes ont déjà participé à un stage.
Comme je ne suis pas complètement sûr de la température, je choisis un coin où plusieurs secteurs aux orientations variées se cotoient, sur le bord est de la chaîne du Clapis. Arrivés au parking, on se rend compte qu’il fait plutôt frais : on va grimper au soleil. Direction donc le secteur « La tyrolienne », secteur intimiste sur une vire mais suffisament large et sécurisée pour ne pas se faire peur. Les voies ne sont pas très longues mais il y a de quoi faire pour la journée : 25 longueurs entre le 4c et le 6b. Avantage non négligeable également : je peux installer les moulinettes d’en haut, ce que je m’emploie à faire en arrivant pendant que les jeunes se préparent. Objectif volume ! Certains grimperont plus de 10 longueurs dans la journée, tantôt en moulinette, tantôt en tête.

Je profite de la pause repas pour aller explorer les environs, notamment la rivière qui coule un peu plus bas dans le vallon. Je découvre qu’on peut accéder facilement en quelques minutes à pied à une jolie cascade, en se garant un peu plus bas sur la route. Je range cette info pour la fin de journée et on repart de plus belle à l’escalade.
Les 6b de droite se voient enchaîner plusieurs fois alors que celui de gauche, avec un pas retors sur toutes petites prises résiste même à la tentative de Boris. Il est 15h lorsque nous plions bagage. Les jeunes ont bien grimpé nous envisageons de rentrer au camp un peu plus tôt que la veille ! Nous nous arrêtons cependant à l’endroit repéré et la troupe remonte joyeusement la rivière jusqu’à la cascade où je mets au défi les enfants de se baigner dans la petite vasque, leur promettant de leur faire la vaisselle le cas échéant. Stella, courageusement, montre l’exemple, suivie par Boris et Milo ! J’aurai 3 popottes en plus à laver ce soir…

De retour au camping, je suis assez étonné de voir que nous n’avons pas beaucoup à pousser les enfants pour qu’ils filent à la douche avant d’aller jouer sur l’aire de jeux. Pendant ce temps, les cuistos Toni et Dona nous préparent un poulet riz curry à faire saliver n’importe qui ! Le timing étant beaucoup mieux géré que la veille, cela nous laisse le temps de nous lancer dans notre première partie de l’indémodable Loup Garou jusqu’à l’extinction des feux à 22h.

Jour 3

Le troisième jour est celui où les enfants auront eu le plus de mal à se bouger le matin. Impossible de les faire monter dans les voitures avant 10h30. Peut-être que le ciel un peu couvert y est pour quelque chose. Justement, je profite de cette météo moins estivale pour nosu faire décourvrir la face sud de la chaîne du Clapis, au secteur de la dent d’Hadamard. Après s’être trompé une nouvelle fois de route et avoir visité un nouveau domaine viticole, nous arrivons sur le bon parking. La marche d’approche est raide et nous fait bien chauffer les cuisses, mais cela en vaut la chandelle. La vue depuis le pied du secteur est dégagée et la paroi magnifique avec un calcaire gris sombre étonnamment adhérent. Les cotations, en revanche, sont un peu plus élevées que la veille et il va falloir grimper dans le 6. Je profite d’une série de relais côte à côte pour grimper et installer 4 moulinettes dans 4 6a de 30 mètres. Les points sont assez éloignés et la section dure me fait grincer des dents. Boris, à ma droite, enchaîne en chauffe un autre 6a. L’engagement lui fait moins peur qu’à moi…
Encore une fois, on se retrouve avec un autre groupe sur la falaise qui squatte les voies les plus faciles et m’oblige à scinder mon groupe en deux. Heureusement que j’ai toute confiance dans les parents qui m’accompagnent pour les vérifications d’usage et la tenues des troupes.

Le temps de manger arrive rapidement, et avec lui le temps d’une petite exploration. Je monte à la brèche regarder le paysage puis parcours le secteur d’à côté pour trouver une voie pour Boris, pour qui le 6b n’est pas suffisant. Je l’envoie donc en tête dans une ligne qui a l’air très jolie, dans un mur très vertical à petites prises, en 6c/7a. Notre courageux falaisiste s’y engage à fond et parvient à grimper les 20 premiers mètres avant de buter sur une section peu évidente et de se prendre deux belles chutes. Je suis quitte pour aller installer la moulinette pour les autres.
Mélia se trouve là dans son élément et enchaîne avec une aisance redoutable la voie. Rose, derrière elle, chute quelques fois mais s’en sort très bien. Esteban galère sur un premier pas dur puis randonne la fin ! Bravo les jeunes.
Pendant ce temps, les voies en 6 ont été gravies à de multitples reprises et il est temps de rendre le calme à ce territoire. La marche de retour tape presque autant dans les pattes que l’aller, et nous sommes heureux de retrouver le confort relatif de notre campement.

Ce soir, c’est purée saucisses ! Et purée maison s’il-vous-plaît ! Et l’incontournable tour de Loup Garou, non sans avoir briefé les jeunes sur une matinée un peu plus efficace.

Jour 4

Le lendemain, les jeunes semblent en pleine forme. Ils se préparent rapidement et comme le soleil est de nouveau au rendez-vous, je tente une journée en face nord : secteur Aiguillette Lagarde, en face de là où on était le premier jour. Je préviens le groupe de prendre de quoi se couvrir et que la marche d’approche va être conséquente. Cette fois, on connait déjà le parking, on ne risque pas de se tromper et c’est de bonne heure que nous attaquons la marche du col du Cayron. Cette fois, nous sommes les premiers sur place et nous avons le choix des voies. Mon mode opératoire est rodé, je prends des cordes et j’installe un max de moulinettes en une montée. Aujourd’hui, le secteur est assez varié avec des voies entre 5a et 6b, et même un 3 qui traîne, idéal pour l’initiation en tête.

Et c’est parti pour le bal des ascensions ! Certaines longueurs font 30m et sont assez exigeantes. Quelques jeunes profitent des voies moins longues et moins dures pour s’entraîner à grimper en tête. avant que n’arrive la pause repas. Là encore, je profite pour aller explorer à la brèche voisine comment cela se passe en face sud. C’est moins intéressant mais je repère la fin d’une voie de 3 longueurs en face nord qui arrive dans un trou qui perce la paroi de part en part et permet un petit rappel en face sud. Je décide de tenter un truc : je grimpe en tête avec deux cordes de 80m les 3 longueurs et j’assure du haut 4 grimpeurs en même temps, 2 sur chaque corde. La voie est assez facile et ça ne devrait pas poser de problème à personne. Les premiers à tester sont Kristina, Maya, Stella et Clément et ça marche à merveille. Vient ensuite le tour de Romane, Mélia, Rose et Boris et enfin Léon, Esteban, Alaric et Milo, Romain ayant préféré rester sur le plancher des chèvres.

Cet après-midi ayant été bien rempli, nous voilà de retour au campement pour une dernière soirée. La tradition veut que nous commandions des pizzas et cela tombe bien car il y a une pizzeria juste à côté ! Rose et Maya viennent me donner un coup de main pour transporter la victuaille et nous voilà tous attablés dans la joie et la bonne humeur ! Nos estomacs bien remplis, les jeunes se dépêchent de préparer leurs affaires en vue du rangement du camp le lendemain matin et de se laver les dents pour profiter une dernière fois d’un Loup Garou endiablé. Comme ils ont été sages toute la durée du séjour et que même le gérant du camping les a félicités pour leur comportement, on fait un peu traîner la soirée avant la dernière nuit sous tente.

Jour 5

Le lendemain, c’est branle-bas de combat ! Il faut tout plier et tout rentrer dans les voitures. L’efficacité doit être au rendez-vous pour pouvoir profiter d’un petit temps de grimpe avant le retour. Comme les affaires ont été préparées en partie la veille, le démontage est assez rapide et c’est à 10h30 que nous sommes fins prêts à décoller. Pour notre dernière grimpe, j’ai choisi un peu plus au sud sur la route, à 45min, à Orgon, sur un secteur proche de l’autoroute et sans marche d’approche.

Nous débarquons au pied de la falaise à 11h45 et les jeunes commencent à manger pendant que j’installe les moulinettes. On a environ 2h30 d’escalade. Sur la gauche du secteur, des voies en 5 assez courtes, très bien pour la grimpe en tête. Sur la droite, ça se corse entre 6a et 6b. Je prends même le temps d’installer une ligne en 7a pour que les meilleurs puissent l’essayer. La motivation des enfants semblent intarissable et même au cinquième jour, ils ont encore la pêche et se donnent à fond dans les voies. Mais toute bonne chose à une fin et il est finalement temps de reprendre la route de Cagnes-sur-Mer

En conclusion de cet article, je tiens à remercier les parents présents sans qui cela n’aurait pas été aussi facile. Ils ont géré à merveille la logistique du campement, mais ont également été d’une aide précieuse à l’encadrement en escalade, me permettant de ne pas avoir à garder en permanence tout le groupe sous mon regard. Merci donc à François, Toni, Dona, Didier et Amandine.
Je dis un grand bravo aux jeunes qui se sont vraiment très bien comportés, au campement comme en falaise. Ce fut un réel plaisir comme chaque année, malgré la tension et la fatigue que procure de tels séjours. Vivement celui de l’an prochain !

Stage adultes : retour aux gorges de la Jonte

Finalement, après une tentative d’organisation dans le val D’Aoste où les contraintes d’encadrement trop strictes nous empêchent d’organiser ce stage, c’est dans les gorges de la Jonte en Lozère que nous irons user nos chaussons ! Ce lieu ne nous est pas inconnu puisque nous y étions en 2018 (le temps passe vite…) Globalement un peu moins facile que dans le Val d’Aoste, on y trouve tout de même des voies de tout niveau (deux grandes voies en 4c oblig, d’autres en 5b oblig).

Voilà donc que se lancent les inscriptions pour le stage grandes voies de l’Ascension,  du jeudi 29 mai au dimanche 1er juin. Il est ouvert à tous les adultes du club.

Merci de bien vouloir remplir le formulaire ci-dessous. Le tarif est de 190€  pour les 3 nuitées sous tente dans un des campings de Rozier (devis en cours), les repas (hors pique-nique du premier jour et petits déjeuners), et l’encadrement. Les frais de transport sont à la charge des participants.

Clôture des inscriptions le 4 mai !

 

 

Stage jeunes de Pâques aux dentelles de Montmirail : inscriptions !

Ça y est, les inscriptions pour le tant attendu stage enfants des vacances de Pâques sont ouvertes. Le stage concerne les enfants à partir de 10 ans. Cette année, on ira dans le Vaucluse explorer les dentelles de Montmirail.

Le stage se déroulera durant la première semaine des vacances de Pâques, du lundi 07 au vendredi 11 avril au camping municipal Roquefiguier à Beaumes-de-Venise.

 Le club louera 1 minibus pour le transport d’une partie des troupes et on attend la participation des parents pour le reste. Ce stage est un moment important de la vie de club, avec des liens qui se créent entre les enfants, mais aussi entre les moniteurs (Yannick et Sylvain)  et les jeunes. Il offrira comme chaque année de bons moments d’émotions, et de grands épisodes sportifs. Nous comptons sur vous pour vous inscrire en masse !
Pour ceux qui se demandent comment ça se passe, je vous conseille de lire le résumé du stage de l’année précédente à Chateauvert.

Pour ce qui est des inscriptions, vous trouverez tous les documents nécessaires ici : la fiche d’inscription et la fiche sanitaire. Ces deux documents, ainsi que le règlement de 235€ (en liquide, chèque à l’ordre de l’US Cagnes Escalade ou virement en indiquant l’objet et le nom de l’enfant en référence) doivent être remis à Cécile, Yannick ou Sylvain pour réserver votre place.
Attention, les places sont limitées à 25 et les documents et le règlement doivent nous être remis avant le 10 mars.

Vous trouverez toutes les infos nécessaires dans ce document. Vous y trouverez notamment la liste du matériel à amener. Pour ce qui est des tentes et du matériel d’escalade, nous nous organiserons plus tard pour savoir ce qui manque ou ce qu’on a en trop.

Nous aurons besoin de quelques parents pour nous aider au bon déroulement du stage, transport et aide au campement. Si vous êtes disponibles et intéressés, n’hésitez pas à vous manifester. Une participation aux frais d’hébergement pourra éventuellement être demandée. 

Venez nombreux !

Retour sur le stage des groupes Compet à Toulon

Jour 1

Nous voilà mercredi 30 octobre, il est 9h et tous les inscrits au stage des vacances de la Toussaint sont présents sur notre lieu de rendez-vous favori, le parc Sauvaigo. Ce sont donc 10 jeunes, accompagnés de leurs parents et de leur valise, qui attendent l’arrivée du minibus du comité départemental pour s’en aller visiter l’aire toulonnaise afin d’y effectuer un stage d’escalade intensif durant trois jours. Ce matin, pas d’inertie de groupe, dix minutes suffisent pour charger les bagages et faire un petit bisou à papa et maman. Les enfants sont pressés de partir et aucun parent ne souhaite les retenir. Malgré un trafic fluide les jeunes filles trouvent le temps long et décident d’utiliser leurs cordes vocales afin d’étaler leurs talents de chanteuses sur la fin du trajet.
 
 
Nous arrivons au Mont Coudon, lieu de notre première séance d’escalade, un peu avant onze heures. Nous nous emparons rapidement d’une corde et d’un lot de dégaines puis empruntons le bon sentier menant au secteur « feeling ». Ici, sans être parfait, le pied de falaise est agréable, le soleil domine mais quelques arbres chétifs nous apportent l’ombre nécessaire. Maya, dont la motivation ne fait guère de doute, est la première chaussons aux pieds et s’apprête à grimper en tête dans « Caliméro », un 5c d’une trentaine de mètres. Malheureusement elle est stoppée dans son élan par une difficulté où elle ne trouve pas de solution, retour sur le plancher des vaches. Léane, Cécile et Mani respectent les fondamentaux de l’échauffement et vont respectivement installer la moulinette dans « le dalmasso migrateur », « chronastro » et « vocalise » trois interminables 5c pendant que l’ambitieux Léon se présente au pied de « parcours santé » le seul 5b du secteur, dégaines au baudrier dans l’espoir de faire la longueur en tête. Les premiers mètres peu aisés le rappellent à l’ordre : ici son gainage et sa tonicité lui sont peu utiles et Léon bute au deuxième point avant de redescendre. Romain tente alors sa chance et, à l’aide d’une prise cachée, trouve la solution puis s’élève sur une bonne partie de la voie. Néanmoins, il sera également stoppé par un nouveau « crux » qui le contraindra à redescendre. Mais cette cordée est opiniâtre. Léon y retourne puis, à force d’acharnement, parvient à aller encore un peu plus haut. Bravo les garçons pour votre beau travail d’équipe ! Esteban profite de la moulinette pour explorer sa première voie dont il parcourt l’intégralité sans difficulté. Il sera suivi par Maya. Romane, sans stress, enfile ses chaussons et enchaîne également  » Chronastro », sa descente signe la tant attendue pause déjeuner. Chacun trouve sa zone d’ombre et dévore ses victuailles avant l’habituelle dégustation de bonbons.
 
 
Une fois les batteries rechargées, nos jeunes sont prêts et retournent grimper avec entrain. Mani s’encorde et s’en va en tête défier « la fée clochette » un 6a+ de 35 mètres. Maya, Romain, Léon et Esteban, pleins de bonne volonté,  enchaînent les différents 5+ du secteur. De leur côté les grandes s’occupent dans « les flirts du mâle », un 6b que Lia est proche d’enchaîner mais tous les connaisseurs le savent, le calcaire toulonnais ne se laisse pas dompter facilement. Léane joue même son va-tout dans « Chlorodose » un 7a dans lequel les prises se font rares.  Cette dernière tentative marque la fin de notre première séance de falaise. Après le rangement des cordes et dégaines nous remontons rapidement aux voitures et filons vers « bloc session » pour le 2ème round.
 
 
Il est autour de 17h30 lorsque nous mettons les pieds sur les tapis. Pour cette séance nous resterons un maximum groupés en essayant de s’inspirer les uns des autres. Après un rapide rééchauffement, nos jeunes commencent à se frotter aux blocs durs. Contrairement à la falaise, ici les prises sont visibles et permettent aux enfants d’exprimer facilement tout leur talent sous les yeux admiratifs des badauds. Il faut dire que ça dépote sévère et que nos jeunes empilent les blocs de manière impressionnante. Romain, Romane, Maya, Léon et Esteban font un nombre pléthorique de blocs de difficulté violette (autour de 6b bloc) pendant que Mani, Mélia et Baptiste s’offrent quelques blocs noirs (autour de 6c bloc). Le duo Lia-Léane sort le grand jeu et, au nez et à la barde de l’élite locale, plie les blocs gris (environ 7a bloc). Plus tard, Mani ainsi qu’Esteban frôlent l’entorse et nous rappellent que, même sous ses airs débonnaires, la salle de bloc reste un endroit à risque et qu’il est primordial de respecter les consignes de sécurité. Voilà deux heures que nous tournons sur les tapis et la fatigue se fait désormais ressentir. Sans trainer nous plions bagage puis mettons la clé sur le contact direction « la maison des frères », notre lieu de villégiature située au Beausset. Nos dortoirs ainsi que la salle à manger sont les mêmes que l’année dernière et nous nous réapproprions rapidement l’endroit. Au menu ce soir c’est pâtes à la bolognaise ! Léane est aux commandes et nous sommes ses commis. Quelques ordres plus tard, la viande et les oignons sont cuits, les pâtes sont al dente, reste à effectuer le service. Sans exception les jeunes dévorent, il faut dire que la journée fut longue. Nous finissons le repas à presque 22h. Sans plus trainer nous envoyons tout ce beau monde au lit et malgré la fatigue générale certains chahutent encore. Quelques minutes suffisent à obtenir le silence et c’est enfin l’heure d’un repos bien mérité.
 
 

Jour 2

Charge mentale oblige, les filles se lèvent tôt, ont le temps de sérieusement entamer le pot de pâte à tartiner alors que les garçons larvent encore. Une bonne heure leur sera nécessaire pour rétablir la parité. Une fois tout ce beau monde debout et les sandwichs préparés nous pouvons prendre la route pour Sainte Anne d’Evenos où se dresse la falaise de « La Jaume », notre secteur du jour. Le topo annonce 25 minutes de marche d’approche mais nous savons qu’avec des enfants nous pouvons parfois doubler les temps indiqués. Au bout de quelques centaines de mètres les bifurcations se multiplient et j’ai le malheur de faire le mauvais choix. Nous nous élevons d’abord sur un bon sentier mais petit à petit celui-ci se réduit pour laisser place au maquis. Nous sommes déjà bien engagé et faire demi-tour serait trop casse-moral. En conséquence nous nous entêtons. Après s’être égratignés les mollets nous retrouvons le chemin au balisage bleu puis découvrons enfin le pied des voies. Alexis qui par curiosité avait lancé le chronomètre regarde sa montre et nous annonce notre temps : 1h02. Parfois, ignorer ce qu’il nous attend est préférable. Enfin nous posons nos sacs et, après avoir trouvé un coin d’ombre, nous nous équipons. Mani se lance dans « Lucy lucke », un 5c au profil dalleux. Au bout de quelques mètres Mani couine et peste contre le manque de prises. Arf maudite falaise. Mélia, assurée par Maya, s’en va en tête dans « coquelicot de droite » un 5b+ de grande classe. Le début n’est déjà pas aisé mais Mélia s’en sort à merveille, reste à gravir le dernier surplomb. Mélia s’engage, trouve les deux bacs salvateurs et, avant même de clipper le relais, s’autorise une suspension uniquement avec les mains. Léon lui aussi est très motivé pour grimper en tête, il prend une corde, un jeu de dégaines et se pose au pied de « voler c’est pas bien » un 5b d’une vingtaine de mètres.  Malgré un départ ne posant pas de problème, le benjamin du groupe est précautionneux et prend son temps. Il s’élève calmement jusqu’au moment où, alors qu’il s’apprête à passer la corde dans la dégaine, il zippe et tombe sur plusieurs mètres, le tout la tête en bas. Tomber avec  » le mou dans la main » est le pire des scénarios, la chute en est forcément impressionnante voire effrayante. Romain, qui était à l’assurage, finit de descendre Léon puis nous prenons soin de nous assurer de sa bonne santé physique et mentale. À l’évidence Léon se porte bien, il souhaite même regrimper tout de suite mais en « moul » dit-il. Solide le bonhomme ! Durant ce temps, Esteban, Baptiste, Romane , Cécile et Alexis grimpent dans les différents 5c. Lia enchaîne en tête « hors jeu » un 6a plutôt en fissure. Bravo Lia ! Le soleil est au zénith et au grand bonheur des enfants l’heure est à la pause déjeuner.  À l’ombre d’un petit surplomb, nous apprécions nos sandwichs faits maison.
 
 
Post prandial nous nous décalons d’une cinquantaine de mètres sur la gauche afin de découvrir un nouveau secteur. Le hic est qu’ici le thermomètre monte encore d’un cran et que nos gourdes s’assèchent. Effectivement certains n’ont plus d’eau et, alors qu’il n’est pas 15h, nous en sommes déjà à rationner et à partager le précieux liquide qu’il nous reste. Malgré tout, les jeunes grimpent. Romain tente sa chance en tête dans « glandeur nature » un 5b dans lequel il sera stoppé à la 4ème dégaine. Maya et Mélia qui souffrent pourtant beaucoup de la chaleur, s’accrochent aux prises dans « y’a pas de mêêê », un 5c au départ déroutant. Léane y va crechendo en enchaînant un 6b, un 6b+ puis chutera dans un 6c+ apparemment « morpho ». Sa copine Lia en profite pour prendre les différentes moulinettes avec plus ou moins de réussite en fonction de son degré de nonchalance. Léon et Esteban enchaînent toutes les voies de leur niveau et font un nombre satisfaisant de mètres d’escalade. Mani s’essaye dans « Saperlipopette », un 6b dont il parcourt la première moitié avant de choir. Baptiste, Romane et Romain profitent de la moulinette dans « une santé de fer » un 5c où le placement est de rigueur. Le soleil décline et passe enfin derrière la montagne. Le lieu devient vivable mais les choses sont parfois mal faite, il nous faut rentrer avant la nuit pour espérer prendre le bon chemin. Après le sempiternel rangement de cordes, nous mettons les sacs sur le dos et descendons au milieu des grès d’Evenos sans histoire jusqu’aux voitures. En face du parking se trouve une station service, j’y file acheter de l’eau. A la vue des bouteilles les jeunes sont hystériques, semblables à des groupies rencontrant leur star préférée et je dois avouer avoir trouvé ça chouette. En effet, voir cette jeune génération être capable de se réjouir d’un plaisir simple m’a comblé. La nuit tombe, il n’est plus question de traîner car ce soir c’est halloween et les enfants ont des projets. Après s’être vêtus de leur déguisement et maquillés de faux sang vient l’heure de la chasse aux bonbons. Nous sortons donc arpenter les rues adjacentes en quête de sucreries. Le succès est relatif, un bon nombre d’enfants sont déjà passés par là et les bonbons se font rare. Nous déambulons une heure avant de retourner sur la place centrale où Cécile entraîne les filles à danser sur une musique traditionnelle puis rentrons sagement à « la maison des frères » retrouver Lia et Léane qui s’affairent à préparer le poulet curry du soir. Il est tard et chacun engloutit son assiette avant d’avoir le droit à son verre de salade de fruits. Au vu du programme chargé du lendemain, au grand dam des enfants, nous decrétons un réveil matinal et allons naturellement nous coucher.
 
 

Jour 3

Ce matin nous jouissons des premiers rayons de soleil en prenant le petit déjeuner dans le jardin. Après les derniers détails nous quittons les parages pour nous rendre au « Baou des quatres ouros », site historique Toulonnais. Aujourd’hui les enfants retrouvent des couleurs, en plus d’avoir pris plusieurs bouteilles d’eau, la marche d’approche est de 8 min chrono. Bien que ce soit le dernier jour, la plupart garde une belle motivation. Aujourd’hui Léane a des ambitions, elle s’échauffe directement dans « Cuisse chaude » un 6b long et physique. Comme à l’habitude elle est suivie par Lia. Mélia décide de s’aventurer en tête dans « wall E » un 5b dans lequel un crux aura raison de ses velléités. Maya, couragement, essaye à son tour et passe ce pas de bloc. Elle s’applique dans la fin de voie et clippe le relais ! Voilà qui fait plaisir. Ce dernier jour récompense tes efforts, ta volonté et ton attitude. Félicitations ! Romain pose les paires dans « Manfred » un 5a prisu. Il est suivi par son compagnon de cordée Léon qui, après sa chute de la veille, renoue avec la tête et démontre ses qualités mentales. Dans cette même voie Romane affronte ses appréhensions en grimpant au dessus du point et s’en sort à merveille. Esteban prend toutes les moulinettes et va même essayer « Zorbec le gras », un 6a+ très athlétique pendant que Léane s’attaque à « Mata virgem » un 7a majeur très déversant. Dans ce profil à condition physique Léane ne bronche pas beaucoup et signe sa plus belle perf du séjour en sortant la voie à vue. Mani sort un peu de sa zone de confort et va se frotter à « Caduta massi » un 6a interminable et franchement pas cadeau. À l’aide une belle persévérance et d’un engagement certain Mani clippe le relais et peut être fier de lui. Baptiste, pas franchement convaincu, prend la moulinette puis, après un début de voie bien maîtrisée, se décourage trop facilement quand la difficulté s’accroît. Malgré tout, cette cordée a de la ressource. Mani va maintenant dans « Indexplosion », un 6a fait de pas de blocs et de bons repos. Alors qu’il pense cela infaisable, il randonne tous les crux et s’offre une nouvelle croix. Baptiste s’encorde et, sans autre forme de procès, enchaîne le 6a. Bravo les garçons ! Sans compter qu’avec de l’optimisme vous ferriez bien mieux. En une matinée, les jeunes ont grimpé trois à quatre voies et méritent amplement leur sandwich. Une fois de plus nous cherchons l’ombre car la tempête de ciel bleu perdure. Nous pouvons dire que nous abordons l’hiver avec notre dose de vitamine D.
 
 
Après le repas certains ont le temps de faire une dernière voie avant de ranger le matériel et de redescendre aux voitures. Il est 14h quand les portes automatiques de « vertical art » s’ouvrent pour ce qui sera notre dernier acte. Aujourd’hui encore nous restons groupés afin d’apprendre des autres. Bien que cela soit la cinquième séance en trois jours, nos grimpeurs regorgent d’énergie. Cette dernière serait-elle étroitement corrélée à la motivation ? Quoiqu’il en soit, en bons mutants de la résine, les jeunes performent encore. Léon et Esteban, dont la timidité a disparu, montrent encore une fois leurs qualités musculaires en enchaînant des blocs durs. Mani trouve enfin les prises et toppe quelques blocs ardus pendant que son acolyte Baptiste, dont l’appréhension s’est envolée, retrouve son dynamisme. Romain, un peu en dessous physiquement, compense par une belle envie. De son côté, entre deux blocs, Romane aime exagérément flâner sur les tapis. Romane on en a déjà parlé ensemble et peut-être ai-je été maladroit mais tu gagnerais beaucoup à augmenter ton volume d’escalade. Mélia et Maya font largement le job pendant que Lia peut enfin s’exprimer dans de vraies dalles techniques. Léane fait plusieurs démonstrations de coordinations, de compressions, de talons, de contres pointes et nous montre que l’entraînement paye. Le tour de la salle est maintenant terminé et après une dernière gaufre il nous faut regagner nos quartiers.
 
 
Ce stage touche à sa fin et avant de conclure je me dois de remercier Alexis et Cécile sans qui ce stage n’aurait pas été réalisable. Merci à vous pour votre aide, que ce soit à la falaise, dans les dortoirs ou en cuisine ! Merci aussi aux enfants d’avoir été de bonne compagnie, d’avoir su se mélanger, de m’avoir fait beaucoup rire et peu pleurer. Nous avons partagé un moment de vie qui, je l’espère, nous sera profitable à tous. L’escalade est un prétexte pour se retrouver, fabriquer des souvenirs et passer des vacances sportives. Au moins, par ce prisme, il me semble que ce fut une réussite. En espérant que votre retour à l’école soit aussi satisfaisant que votre niveau d’escalade, je vous dis à bientôt pour de nouveaux entraînements.
 

Stage adultes : l’île de beauté

L’organisation

Depuis longtemps certains adhérents nous demandent d’organiser un stage en Corse. Chose compliquée, quand on n’a que 4 jours en tout et pour tout. Mais cette année, le 8 mai tombait le mercredi juste avant le pont de l’Ascension, 2 jours fériés dans la même semaine : une occasion rêvée !

En début de saison, je me suis attelé à pêcher les infos : achat du topo, recherche des sites intéressants, des billets de bateau, des campings… Il n’y a pas photo, le site majeur de Corse concernant les grandes voies, ce sont les aiguilles de Bavella. Problème de taille : les voies sont très souvent orientées terrain d’aventure. Les protections ne sont pas en place, il faut donc les placer soi-même, sous forme de friends, câblés ou sangles. Chose que nous n’avons jamais apprise au club jusqu’ici… Il va falloir apprendre vite !

Ni une ni deux, je lance les inscriptions et le club achète le matériel nécessaire. Quelques sorties du cycle grandes voies, dont la majorité des participants viennent en Corse également, seront dédiées au TA. Je planifie également une sortie au rocher de Bayonne un peu avant le stage. Toute cette phase d’organisation fut longue et fastidieuse, je me m’attarderai pas plus dessus. Ce fut finalement 21 stagiaires motivés par l’aventure, soit le plus grand nombre depuis que je fais ces stages ! Je contacte Damien, un copain guide de haute montagne, qui nous filera un coup de main pour l’encadrement de tout ce beau monde !

Jour 0 : la traversée

Le mardi 7 mai, nous voilà tous sur le parking devant le parc Sauvaigo à organiser le matériel et les personnes dans les voitures. Petite spécificité, Sandrine nous a dégoté une tireuse à bière, ce qui est super, mais extrêmement volumineux ! On parvient malgré tout à tout encastrer dans les voitures pour un départ à 17h pour les derniers. On ne doit pas traîner, on doit être à 19h au port de Toulon, lieu d’embarquement pour Porto-Vecchio. Quelques bouchons toulonnais obligatoires et 2h plus loin, nous voilà tous à bord ! Une première étape de franchie. Moments détente, repas, jeux, analyse de topo et organisation du lendemain. Le plan : nous débarquons à 10h, certains font un stop boulangerie, on se retrouve tous au camping la Rivière à Zonza pour monter une partie du camp (barnum, gestion du frais) et on part rapidement grimper car la météo se dégrade en fin de journée. Ces infos en tête, chacun rejoint sa cabine pour une première nuit, bercé par le ronronnement du diesel et les léger roulis du paquebot.

Jour 1 : premier contact

Et le plan fut suivi à la lettre ! Débarquement, pain, camping. Sur la route, on se prend une grosse saucée au niveau de la forêt de l’Ospedale, nous faisant un peu douter de la possibilité d’aller grimper l’après-midi. Mais lorsque nous arrivons à Zonza, les routes sont sèches et la pluie a cessé. Les nuages tournent mais nous autorisent à monter le campement tranquillement. Après un sandwich avalé, chaque cordée organise son matériel, petit rituel qu’on répètera chaque jour, puis on reprend la route pour le col de Bavella à 15 minutes de notre lieu de villégiature.

Le parking est bondé, mais nous parvenons à trouver nos places et nous voilà rapidement sur la petite marche d’approche nous menant aux secteurs les plus proches du cols avec des voies de 3 à 5 longueurs : le Pilastru di l’Alba, le pilastru de droite, et la Punta Macao.

Xavier, Djé, JP et Brice accompagnés par Yannick s’embarquent dans « taffonite aiguë », une succession de cinq longueurs côtées 6a, les deux premières pouvant être grimpées indépendamment des trois dernières. La mise en route est lente, pour cause un début de voie peu évident et une température plutôt fraîche. Les premières lunules sont posées puis le premier relais est triangulé. Brice et Xavier rejoignent Yannick suivis de près par la cordée de JP- Djé. Les premières prises sont touchées et au bout d’une quinzaine de mètres patatras, Xavier décroche un gros caillou qui passe largement derrière JP mais qui s’écrase au pied de Djé. Premier avertissement sans frais, en TA on ne tire pas sur le caillou, on le pousse ! Au prix de deux bonnes heures d’efforts le groupe arrive au sommet de la deuxième longueur. Après une petite descente en rappel deux options s’offrent, soit s’échapper à pied puis rejoindre les voitures en dix minutes soit continuer dans les trois longueurs restantes. Djé, Xavier et Brice dont les ardeurs ont été affaiblies par le froid, les cailloux branlants et l’heure avancée optent pour le retour au camping pendant que JP et Yannick choisissent de continuer. La suite est facile et criblée de taffonis, ils gravissent aisément les trois longueurs menant au sommet.

Juste à côté, ce sont Julien et Cécile qui font cordée dans Tafonite amère, une voie en 4 longueurs en 6a+ max. Fins grimpeurs, ils seront de loin les premiers au sommet.

De mon côté, je me retrouve avec l’équipe des plus débutants, avec Jean, Michèle, Saliha et Roxane. Alexis, qui subit des tendinites aux coudes, accepte de prendre une cordée sous son aile dans du facile pour voir comment il se sent. Il part donc dans la première longueur en 5b d’une voie de 3 longueurs, juste à droite du Pilastru di l’Alba, avec Roxane et Jean. Je suis juste à droite d’eux dans une voie similaire en difficulté avec Saliha et Michèle. Lorsque j’atteins le premier relais et fais monter mes deux grimpeuses, j’entends que Roxane a du mal. Je redescends juste à côté d’elle pour la trouver en panique, Jean essayant de la rassurer. Ca part mal. J’essaie de la rassurer également mais rien n’y fait. Bon, c’est le premier jour et c’est une première grande voie pour Roxane, on ne va pas tenter le diable. J’indique à Alexis de passer sur demi-cabestan et de mouliner Roxane jusqu’au sol. Elle retrouvera les autres à l’auberge du col.
Après cette petite mésaventure, tout se déroule bien pour nous et on se retrouve assez rapidement au sommet où Ju et Cécile nous attendent.

Encore un peu plus à droite, Damien, en bon guide qui ne connaît pas encore ses clients, fait un long briefing à base de piliers de la sécurité et de placement des protections. Nos chers stagiaires, attentifs, apprennent beaucoup mais le froid commence à s’installer et c’est avec envie qu’ils décollent enfin dans les voies. Camille prend la tête d’une première cordée dans Aïoli bar avec François, une voie en 5c max « équipée ». Derrière, c’est Laura, Jean et Eric qui suivent. Damien garde l’oeil dans Scuzzuletta, 3 longueurs en 5b, mais cette fois en TA. Il est avec Gautier qui attaque la L1 et Sandrine, tandis que Matthieu, Phil et Jean-Luc ferment la marche. Le départ tardif de ce côté du secteur nous offre la possibilité à Cécile, Ju et moi de les rejoindre en empruntant la dernière voie libre, Occitanista, 6a max. Cette dernière passe par la ligne de rappels et je me dis qu’on gagnera du temps en préinstallant les cordes. On se retrouve plus ou moins tous en même temps au sommet de la Punta Macao et faire passer les 14 personnes dans les deux rappels prend du temps. Mais on s’en sort bien car la plupart ont déjà un peu d’expérience en ce domaine. Il est 19h30 passées lorsque tout le monde est revenu sur le plancher des vaches. Le temps de rentrer à la voiture puis au camping, nous voilà déjà quasiment à la nuit !

Pendant ce temps, quelques équipes étaient retournées au camp pour monter les tentes et c’est avec joie que nous découvrons le campement installé. Il ne reste plus qu’à faire un retour du matériel, faire cuire les pâtes et préparer la bolo. Le camping met à disposition un abri et quelques tables de pique-nique, bien assez pour nous accueillir tous, ce qui est bien pratique car pour 24, le barnum du club atteint ses limites. On se retrouve donc pour un repas bien mérité et un premier débrief où chacun y va de ses remarques et anecdotes. Partage d’expérience crucial pour s’améliorer en efficacité. Tirage, protections, constructions de relais, incidents, tout y passe et nous, les pros, essayons d’apporter notre expertise. Damien se révèle d’ailleurs un maître en la matière et partage beaucoup de petites astuces, tandis que je coordonne avec les compétences déjà acquises afin de ne pas trop perdre nos stagiaires sous une masse d’informations trop importante.

Puis c’est le moment d’organiser la journée du lendemain, la tâche la moins évidente qu’il faudra gérer chaque soir. On essaie de contenter tout le monde, tout en gardant à l’esprit les contraintes d’encadrement. Damien partira avec 2 cordées expérimentées dans l’arête de Zonza tandis que Phil, Cécile et Matthieu feront une variante avec la voie Quilici. Moi, je partirai dans Croce Leccia, une voie facile avec 3 cordées, pour peaufiner la pose de coinceurs et les relais tandis que Yannick ira explorer la Punta Caletta avec les « débutants ».
Mission accomplie ! Pendant que certains vont faire la vaisselle, d’autres terminent de prendre une douche un peu tiède et très vite, tout le monde s’endort du sommeil du juste.

Jour 2 : l’aventure commence

Les grimpeurs se réveillent tôt. Il a plu pendant la nuit, peu sont ceux qui ont dormi correctement. Mais l’excitation est au rendez-vous. Après un petit dej copieux, les cordées organisent leur matériel commun : sangles, coinceurs, cordes… Chaque groupe est prêt plus tôt que l’horaire prévu. Et c’est tant mieux car l’arête de Zonza est un gros morceau avec pas moins de 10 longueurs et 360m d’escalade, même si aucune ne dépasse le 6a ! La marche d’approche est rude également avec 45min qui montent raide.
Julien se voit attribuer la place de leader, celui qui ouvrira la voie. Tâche ardue tant l’itinéraire n’est pas évident à trouver. Les longueurs sont longues, on est en terrain alpi et il faut faire des choix. Malgré quelques erreurs inévitables, il s’en sort bien, avec Damien et Jean avec lui. Derrière, c’est Camille qui suit souvent en tête, en tout cas dans les longueurs clés, avec Gautier et François.

Passant par un itinéraire plus direct, Cécile, Phil et Matthieu atteignent le sommet de l’Acellucciu en premier. De là, ils descendent à la brèche des Genévois où ils choisissent l’itinéraire le plus facile contournant un 6a, itinéraire qui leur coûtera énormément de temps, et pas mal de prises de tête pour trouver l’itinéraire ! Derrière, Damien impose à ses deux cordées un peu réticentes la version directe. Bon choix !

A ce moment, mon groupe est à peu près au sommet de son objectif et nous avons vue sur la brèche au loin où on observe les grimpeurs s’affairer. En bas, de là où nous sommes, les choses sont plus tranquilles. La voie que nous avons choisie est idéale pour une approche en douceur du TA. Seul le départ pique un peu avec un petit pas en 5c où un arbre salvateur fait gentiment descendre la cotation à 5a. C’est Jean-Luc qui attaque en tête, encordé avec JP et moi-même. Il enchaîne facilement le pas dur et protège la suite avec l’expérience qui est la sienne. Derrière, Laura s’élance et je l’attends régulièrement pour vérifier ses protections et son tirage. Elle amène avec elle Eric et Brice. Pour la dernière cordée, c’est Djé qui décolle en premier. Il fera relais un peu en-dessous de nous pour éviter les bouchons. Sandrine, toujours sourire aux lèvres, suit avec Xav. L’objectif pour le groupe est que chacun prenne la tête, pose des protections et construise son relais. Journée péda ! C’est un peu long mais tout le monde s’en sort avec les honneurs et nous mangeons tous ensemble avec une météo clémente malgré un petit vent frais et quelques passages dans le brouillard sous la fameuse Croce Leccia, un peu en contrebas. Il est encore tôt et le choix s’offre à nous de poursuivre. Djé et Sandrine décident de stopper ici leur escalade tandis que le reste du groupe retourne du côté de la Punta Macao pour 3 longueurs supplémentaires. Après un petit détour dans le mauvais vallon, on se rend compte que Brice et Eric ont oublié leurs cordes ! Ils sont bons pour retrouver Sandrine et Djé aux voitures et aller commencer à préparer le célèbre colombo de Jean-Luc, nous sans avoir recueilli les précieuses infos préalablement.

Ce sont donc Jean-Luc, JP et Xav qui partent dans Aïoli bar tandis que Laura prend la tête dans la voie en TA de Scuzzuletta. Il faut bien comprendre qu’en TA, la dimension de l’itinéraire est cruciale et loin d’être évidente. Il faut parfois faire des choix dont on n’est pas certain de la conséquence et faire avec ! Laura se débrouille comme une cheffe et malgré quelques longues hésitations et des choix peu communs, elle parvient au sommet en ayant tout fait en tête ! On retrouve la cordée voisine pour descendre ensemble les rappels et retourner aux voitures.

Dans l’arête de Zonza, c’est encore plus long mais les cordées finissent par atteindre la punta di l’Acellu. Reste une longue descente pas facile où quelques erreurs mènent à des impasses. Mais finalement, tout le monde rentre à bon port. Ils sont épuisés mais heureux de nous raconter leur grande journée !

De l’autre côté du col, le groupe de Yannick est en mission pour la punta Caletta. Ils sont partis en dernier du camp et avaient pour consigne de ranger avant leur départ. Ils sont six : Alexis ouvre la marche et fait cordée avec Roxane et Saliha. Yannick reste auprès d’elles avec Michèle et Jean derrière. La petite heure de marche d’approche les met en jambe mais une fois arrivés au pied de la falaise le doute s’installe, ils ne savent pas vraiment où se trouve le début de la voie. Après une heure de repérage ils sont certains d’être au bon endroit et s’équipent du matériel. C’est parti pour 200 mètres d’escalade sur un granit d’exception. Dans cette première longueur, Alexis ne rencontre pas de difficulté et, après la triangulation de son relais, Saliha et Roxane s’élancent à leur tour dans la longueur où un premier crux les attend. Saliha montre l’exemple et Roxane, enhardie par son échec de la veille, se joue du pas de bloc. Michèle et Jean suivent sans peine et ils se retrouvent tous ensemble au premier relais très confortable. La deuxième longueur offre un passage original où ils doivent se laisser tomber, mains en avant, pour franchir une faille. La troisième longueur pose des problèmes d’itinéraire, Alexis peste un peu puis s’adapte en faisant un relais sur becquet. La dernière longueur est plus facile, ils courent vers leur objectif : la cime ! Ici le décor est à couper le souffle, la mer d’un côté, les aiguilles de Bavella de l’autre.  Mention spéciale à Roxane pour la réalisation de sa première grande voie ! Après avoir mangé quelques sucreries il reste maintenant à descendre. Pour cela un petit rappel suivi d’un plus grand sont nécessaires. Roxane pas encore très à l’aise dans cet exercice angoisse un peu, quelques fortes émotions plus tard le plancher des vaches est retrouvé sans embûches. Le retour, en-dehors d’être casse genoux, est une formalité. Il est tout de même 19h30 lorsque le groupe rejoint le camping ! La journée fût certes longue mais ô combien satisfaisante.

Le soir, tous les groupes se retrouvent et c’est la fête aux anecdotes tandis que Jean-Luc reprend la main sur son colombo qui nous régalera. On débriefe, on analyse un peu, on rigole. Tout se passe à merveille et on organise le lendemain. Je me suis un peu refroidi quand j’ai vu comment des cordées assez expérimentées ont quand même bien galéré dans l’arête de Zonza et je pose un veto pour les autres qui l’acceptent sans tergiverser. Camille a envie de parcourir Allegria, une ligne montant au Castellu d’Ornucciu, petit sommet où résident les restes de l’ancien château de Roccatagliata et ses impressionnantes grottes murées.
Mais c’est encore une course longue et la priorité est à ceux qui partiront le samedi. Ce sont donc Cécile, Sandrine, Djé, Xav et Eric qui iront parcourir cette voie avec Yannick. Damien se la jouera plus cool avec Jean-Luc, Ju, Jean et Matthieu dans la Super Picsou sur un sommet secondaire non loin de là : le Castellucciu d’Ornucciu.
Phil décide également de faire plus tranquille et embarquera avec lui Roxane, Saliha, Michèle et Jean pour une journée de couenne au col. Et finalement, je prendrai le reste du groupe pour aller faire des grandes voies équipées au secteur de le punta Arghjavara qui surplombe la rivière de la Purcaraccia.

Jour 3 : Persiste et signe

Nous voilà donc mon groupe et moi au parking du site. La marche d’approche est courte, ce qui ne nous empêche pas de la chercher un peu. Deux cordées doivent parcourir Heureux qui comme Ulysse en 5c max (Alexis, JP et François devant, Gautier, Laura et Brice derrière), tandis que je me paie une partie de plaisir avec Camille dans un mix plus ou moins volontaire de Patience dans l’azur et Torre di l’Alba. La cordée d’Alexis se rate un peu et finit dans Altore, ce qui s’avère être une bonne erreur puisque la cordée de Gautier reste dans la bonne voie qui ne semble pas beaucoup parcourue et bien sale ! Avec Camille, on trace vite et on a le temps de faire 2 voies différentes. On opte pour Conquistador comme second choix, qui est en train de passer à l’ombre (il fait chaud !) et la voie est un bijou ! On se retrouve tous au sommet pour la descente en rappels puis le pique-nique au bord de la Purcaraccia, à se refroidir les pieds dans l’eau. Retour au camping non tardif, ça fait plaisir !

Du côté du col, Phil a géré le groupe. Michèle et Jean grimpent en tête,  et Saliha a grimpé sa première 5c en tête tandis que Roxane continue de se familiariser avec le caillou.

Vers la Vacca, les choses prennent plus de temps. Damien refait un long briefing à son groupe avant de décoller, ce qui permettra à tous de grimper devant.

Le groupe de Yannick se prépare pour un projet d’ampleur.  Durant la marche d’approche Cécile et Yannick, obnubilés par la recherche du départ de la voie, délaissent un peu leurs coéquipiers qui, sans topo, s’égarent, descendent pour remonter et ainsi peaufinent leur échauffement. Une fois tous au pied de la voie, les cordées s’organisent. Cécile, Sandrine et Yannick font partie de la première cordée. Djé, Eric et Xavier leur collent aux basques. Dans la deuxième longueur un « pas » marque la première difficulté. Cécile prend la place de leader et s’envole pour trois longueurs extraordinaires, des taffonis aux formes incroyables qui laissent pantois. Notre présidente, pleine de confiance, chemine tranquillement en plaçant ses friends et câblés. Dans la cordée d’en dessous c’est Éric qui prend la tête pour sa première en terrain d’aventure. Il s’amuse comme un enfant et réclame des clichés à chaque protection posée. Il faut dire que le cadre s’y prête, un caillou d’exception, des couleurs fantastiques avec la rivière, bien connue des canyoneurs,  » la Vacca » qui coule 150 mètres en dessous. Au R5, un petit rappel est requis pour accéder à la suite. Dans la cordée de tête Cécile laisse sa place à Sandrine. qui s’en sort parfaitement. Le groupe se retrouve rapidement au pied de la dernière longueur. Ici deux options, soit s’échapper par le chemin de ronde soit gravir un 6a+ d’anthologie afin de parvenir au sommet. Djé, Xavier, Eric et Sandrine ont leur compte et s’échappent pendant que Cécile poursuit avec Yannick. Les taffonis tiennent leurs promesses, ici point de crux subtil : on prend les bacs et on tracte pour être finalement récompensés par la vue au sommet ! Majeur…

C’est finalement le groupe de Yannick qui arrive en dernier au camping après 19h30 ! Le temps de ranger le matos et de prendre une douche et c’est l’heure du resto. Ce soir, comme c’est le dernier soir où tout le monde est là, on a décidé d’aller manger pas trop loin au resto U Fuconu qui a accepté de nous recevoir à 24. Charcuterie corse, lasagnes, sanglier au menu ! Et organisation du lendemain…

Jour 4 : presque la routine

On prend les mêmes et on recommence. Après avoir embrassé Cécile, Sandrine, Roxane, Eric, Djé, JP, Jean et Damien qui prennent le bateau le soir-même, je me retrouve avec à peu près le même groupe que la veille à tenter l’ascension du castellu d’Ornucciu. Me voilà dans Allegria dans la cordée de tête avec François et Camille qui grimpera presque l’intégralité de la voie en tête. Derrière nous, Gautier, Laura et Brice suivent. Ju, Alexis et Xav se trouvent à notre gauche dans les Cinéastes, une voie un peu plus courte mais un peu plus dure.
Les longueurs s’enchaînent après une petite frayeur au R1. Camille maîtrise à merveille et je peux m’occuper de Laura jusqu’au passage d’un petit gendarme qu’on arrive à négocier sans perdre trop de temps. Là, c’est Brice qui prend le relais jusqu’à la vire (le chemin de ronde) juste sous le sommet. Camille se lance dans la dernière longueur en 6a+ et quelques minutes plus tard, nous voilà tous à apprécier la vue depuis la cime du piton rocheux. La descente demande de la prudence mais nous retournons à la voiture sans encombre.

Damien, lui, a pris le groupe de Roxane, Saliha, Michèle et Jean sous son aile pour sa dernière journée. Matthieu a accepté de l’aider et Delphine, arrivée la veille, s’est joint à eux. Ils parcourent sur mes conseils Croce Leccia, la voie d’initiation TA. Matthieu gère courageusement et sans gros soucis la première cordée tandis que Damien, sur corde autonome, aide un peu Roxane en second et guide Jean qui grimpe ses premières voies TA en tête du séjour. Derrière, Saliha et Delphine s’entraident également pour sortir les longueurs, un peu isolées de leur encadrant.

Yannick se retrouve à grimper à la punta d’Arghjavara et retourne avec Phil, Cécile et JP dans Conquistador, sans doute la plus belle. Cécile et JP partent dans la cordée de tête, JP étant volontaire pour faire en tête la longueur clé en 6b dalle. Il est partagé entre l’envie et l’appréhension, ce qui lui vaudra une bonne dose de stress par anticipation dès la soirée précédente. Il s’en sort pourtant parfaitement, en ne mettant qu’un seul petit essai pour dompter le passage clé. Yannick change de chaussons pour enchaîner la longueur sans trembler. Le reste de la voie est un pur bonheur.

Deux autres cordées grimpaient plus à gauche sur le secteur. Jean-Luc et Eric font parler l’efficacité dans Patience dans l’Azur. Tandis que Sandrine, Jérôme et Jean optent pour Torre di l’Alba qui permet de s’arrêter à la 3ème longueur. Tout ce petit monde se retrouve au bord de la Purcaraccia, où les plus courageux profitent d’une baignade bien rafaîchissante.

Après un stop à l’épicerie corse pour faire le plein de victuailles à ramener sur le continent, ils sont 8 à prendre la direction Ajaccio  avec un petit pincement au coeur. Pour les autres, c’est le dernier soir en Corse et les amis partis nous envoient des photos du bateau. Les coeurs sont gros mais nous devons encore préparer la dernière journée de grimpe.

Jour 5 : la der des der

Pour ce dernier jour, nous avons choisi de retourner aux secteurs du premier jour. Xav tenait à prendre sa revanche sur Tafonite aiguë et entraîne un bon groupe avec lui : Camille, Gautier, François, Laura et Alexis. Ils évitent la première longueur délicate sur l’aiguille puis enchaînent la voie, Camille en tête.
Pour ma part, c’est avec Julien que je grimperai dans U Compulu, une classique non loin à gauche qu’on avale en moins de longueurs que décrit dans les topos pour se retrouver tous en haut à peu près en même temps.

Matthieu, Jean Luc et Philippe vont se promener dans « Aïoli bar » pendant que Saliha et Yannick vont poser les derniers friends dans « Scuzzuletta », pour une dernière ascension de la punta Macao. Les cinq premiers mètres sont les plus délicats, la suite n’est que plaisir, lunules et taffonis. Ils atteignent rapidement le sommet et rejoignent la cordée voisine. Les stagiaires sont maintenant parfaitement rodés pour les rapples et retrouvent rapidement les sacs laissés aux pieds des voies.

Brice et Delph ont choisi d’aller randonner et visiter le trou de la bombe tandis que Michèle et Jean se la coulent douce au camp et commencent à ranger ce qu’ils peuvent.

Nous arrivons en début d’aprem au camping, le temps de partager les restes des repas, de préparer un dernier sandwich pour la traversée et nous voilà à plier le campement, les tentes, le barnum et à tout rentrer dans les voitures. Après un joli jeu de Tétris, tout est en place et il est temps de quitter les lieux, direction Ajaccio. Nous disons au revoir à Michèle et Jean qui restent un peu plus longtemps sur leur île et prenons la route, fatigués, heureux de ce que nous avons vécu, mais tristes de partir. Toutes les bonnes choses ont une fin il paraît.

Le bilan

Après ces quelques jours passés à Bavella, je pense qu’on peut assurer sans sourciller que le séjour a été un succès. Tout le monde en attendait beaucoup et chacun est reparti avec un bagage bien plus grand que celui avec lequel il est arrivé. Tout cela aura nécessité un gros travail en amont et pendant le stage mais clairement, cela en valait la chandelle. La présence de Damien, en guide expérimenté, a été un gros atout et je le remercie infiniment pour sa pédagogie auprès des stagiaires.
La Corse est une île magnifique et les aiguilles de Bavella un site d’exception. Nous avons su trouver des lignes magnifiques et adaptées au niveau de chacun, de sorte que tout le monde y prenne du plaisir sans se mettre trop de stress.
Aucun accident n’est à déplorer, et à titre d’encadrant, je suis très fier de mes stagiaires et je sais qu’ils sauront mettre à profit toute l’expérience qu’ils ont acquise durant le séjour.

De plus, chacun a su trouver sa place et s’adapter au groupe, ce qui n’est pas évident avec autant de personnes. Je remercie donc tous les participants pour avoir bien joué le jeu et accepté certaines contraintes. On retournera faire l’arête de Zonza un jour, c’est promis !