Hier, c’est un groupe de 13 adultes du club + Kim, la fille de Laurent et Sophie, qui a découvert le site du rocher des Baus, sur la route des granges de la Brasque, au dessus de la Tour sur Tinée. Petite caractéristique : c’est un site de terrain d’aventure (ou escalade traditionnelle), c’est à dire que seuls les relais sont équipés, toutes les protections pour y arriver sont à poser soi-même !
Autre caractéristique, le rocher est du grès, cette roche qui ressemble à du sable compacté et qui offre une adhérence incomparable !
La plupart des lignes à grimper suivent de belles fissures de tailles variées, idéales pour apprendre à poser les fameux « friends » salvateurs mais aussi pour apprendre à verouiller les poings, les mains, les doigts, les pieds ou toute autre partie du corps appropriée à la largeur de la fissure. Un beau programme pédagogique en perspective.

Pour ma part, j’ai déjà fait quelques séances sur les différents secteurs afin de me familiariser avec le style que je suis très loin de maîtriser et repérer les secteurs adaptés. Sur une des sessions précédentes, on avait écumé avec Ju toutes les voies du secteur de « la cave » et noté toutes les protections utilisées dans un fichier. L’idée étant que les grimpeur·ses grimpent en moulinette avec juste ce qui est nécessaire et trouvent les bons emplacements. Les plus en confiance pourront alors essayer en tête.
Avec Delphine, nous décidons de monter la veille au soir afin de passer la nuit sur place dans le Kangoo. L’endroit est isolé et tellement calme ! Le matin, je charge quelques cordes sur dos et attaque la marche d’approche tandis que Delphine attend au parking que le groupe arrive. Le secteur de la cave est situé juste sous la large vire du secteur du Bivouac. Je m’attèle à installer les moulinettes par le haut, au fur et à mesure que les participant·es et les cordes arrivent. Et c’est finalement les 7 voies du 4c au 6b qui sont équipées. Certes, les voies sont courtes mais elles offrent toutes les caractéristiques nécessaires pour apprendre à verrouiller friends et mains !

Finalement, tout le monde est là. Je fais un petit briefing et c’est parti ! Le groupe descend à la cave tandis que seuls Steph et Matthieu reste au bivouac pour équiper « la tour de prise », un 4c sur une énorme écaille.
À la cave, tout le monde commence en moulinette. Et la plupart le restera 😅. Apprivoiser le caillou et le style de grimpe, ça prend du temps et même dans les cotations gentilles, ça demande de la concentration ! Poser ses propres protections en plus et ça fait beaucoup à assimiler d’un coup. Mais (presque) tout le monde joue le jeu et s’essaie à la pose de coinceurs.

Kim est la première à tenter une voie en tête assuré par son père avec le 5c de droite, « le dièdre Findus ». Florian se lance également après repérage dans la pas facile 5b « double knee » où les gros friends sont indispensables au départ, ainsi que trouver comment coincer les hanches…
A gauche, le groupe des dames (Sarah, Céline, Sabine et Delphine) découvre tranquillement les voies faciles avec le dièdre parfait (mais trop court) et mal nommé « les chiottes », 4c et « Genévriers », un 5b un peu bloc au départ. Robin et Julie perdent le sens de l’orientation dans le système de fissures d’une autre 5b, « double split » tandis que Thibaud et Aude se retrouvent à chercher une solution dans le départ très difficile en verrou de main d’un 5c : « Pose le cul ». Ils finiront comme tout le monde après eux à tirer sur le #4 bien pratique. Au moins ça tient !

Après quelques conseils, je remonte au bivouac pour installer les moulinettes dans des voies un peu plus longues et soutenues : trois 6a variés « les portes du pénitencier » et sa belle dülfer, « Tetris » qui doit son nom à un gros bloc coincé qui permet de sortir d’une renfougne mal commode et « Regard en coin », la plus facile des trois. J’en profite aussi pour installer le 6c « François l’embrouille », histoire de donner du challenge aux meilleur·es. Matthieu et Steph sont partis à droite du secteur pour grimper dans « Bikini », un 5b où Matthieu teste involontairement la solidité de son #3 !

Vers 13h30, Kim a grimpé les 7 voies de la cave et l’ensemble du groupe se réunit au bivouac pour partager un repas et le traditionnel gâteau qu’Aude nous prépare à chaque sortie. Puis c’est reparti ! Les cordées s’essaient dans toutes les voies proposées. Thibaud et Florian font de belles montées dans le 6c mais n’arriveront pas à sortir la fissure bombée finale.
Céline y va de son commentaire sur chaque voie grimpée allant de trop bien à inintéressant, jugement souvent à l’encontre de celui de Sarah. Comme quoi, tous les goûts sont dans la nature.
En fin de journée, j’installe une dernière longueur avec un très beau 6b+ pas si dur mais bien psycho « Jusqu’auboutiste » que seul Thibaud aura la possibilité d’essayer. Le temps qu’il descende et le groupe est déjà en train de partager les bières que Steph a apportées.

Bilan de la journée : pas beaucoup de grimpe en tête, mais pas mal d’apprentissage. Il va falloir du temps et de la pratique mais certains se sont bien pris au jeu de la pose de coinceurs. La taille importante du groupe m’empêche aussi de pouvoir donner plus de conseils. Pour tout le monde, ça a été une grosse journée de grimpe et les éraflures sur les mains et les bras de chacun témoignent de l’intensité de l’effort.
Dans tous les cas, on a découvert un lieu incroyable, un caillou original et une façon de grimper qui demande des techniques nouvelles et pas mal d’imagination, très loin des standards de la résine. Une belle expérience donc, qui se termine inévitablement, pour ceux n’ayant pas de contraintes familiales, avec un pot au bar du village, ce qui clôture de manière parfaite cette magnifique journée ! Merci à toutes et tous !
Un grand merci également à Lionel Catsoyannis pour avoir découvert et développé le site ainsi quà tous les ouvreurs pour nous permettre de grimper des bijoux !
Prochaine sortie le 24 mai !































