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Retour sur la deuxième manche du challenge Berhault à Roquebillière

Ce dimanche 15 décembre le club La roche aux abeilles organisait la deuxième manche du challenge Berhault, une belle occasion de réunir la très grande majorité des jeunes grimpeurs des Alpes-Maritimes. Trois ou quatre voies étaient proposées en fonction des différentes catégories. Pour les catégories U10 et U12 un deuxième essai était permis dans la limite du temps imparti.

Parlons tout d’abord des garçons de moins de 10 ans. Dans cette catégorie nous avons deux représentants, d’abord Paul qui évolue en loisir et qui vient ici, en priorité, pour se faire plaisir. Il réalise les deux premières voies sans grande difficulté. Dans la troisième le niveau monte d’un cran mais Paul, à l’énergie débordante, fait de son mieux et tombe dans le dernier tiers de la voie. La dernière est encore plus dur, il parvient tout de même à se hisser jusqu’à la moitié des difficultés. Paul termine à une satisfaisante 9 ème place. Vient maintenant le tour du tout jeune et talentueux Léon. Celui-ci ne fait pas de détails et « tope » les quatres voies proposées par les ouvreurs mais cela ne suffit à gagner sur le champ. Deux de ses camarades ayant réalisé la même prestation, une finale est organisée. Alors qu’il est plutôt dans la position de favori, Léon dans un mélange de précipitation et d’imprécision tombe prématurément. Il laisse malheureusement échapper la première place mais n’usurpe pas sa réputation et ce surnom qui lui va à merveille : Léon Poulidor !

Parlons maintenant des filles de moins de douze ans, une catégorie où le club est fortement représenté. Il y a d’abord Clara qui est la toute première compétitrice à s’élancer ce qui augmente sans doute la pression. Elle tope la première voie et s’offre une papillote disposée dans un casque accroché au relais. Avec brio elle atteint également la prise finale de la deuxième voie. Dans la voie 3 et 4 les difficultés sont un peu trop corsées pour que Clara puisse  réellement s’exprimer. Elle termine à la 18 ème place. Vient maintenant Kaya qui atteint facilement les deux premiers relais. Dans la troisième voie elle s’applique et monte haut jusqu’à venir buter dans le devers final. La quatrième voie est vraiment dure mais Kaya se démène jusqu’à un crux marqué qui l’a fait choir. Elle acquiert une honorable 8 ème place. Il me reste à parler du trio de choc en commençant par Stella qui après être montée aisément en haut des deux premières voies se lance dans la troisième. Le fameux dévers final l’accueille mais Stella le négocie parfaitement, reste à conclure en allant attraper la dernière prise et c’est au prix de nombreux efforts qu’elle y parviendra. La voie quatre est malheureusement trop complexe mais Stella avec ce beau parcours monte sur la troisième marche du podium. Bravo ! C’est maintenant au deux copine du groupe compétition de se départager, j’ai nommé Maya et Romane. Ces deux jeunes filles n’ont que peu de difficulté à sortir les deux premières longueurs, tout se jouera donc dans l’ultime voie. Maya est la première à s’élancer et à l’aide de son application et de sa précision elle s’élève jusqu’à frôler la dernière prise. Romane s’encorde puis grimpe avec beaucoup de dynamisme, alors qu’elle semble en capacité de toper, Romane tombe de manière inattendue en allant chercher l’avant dernière prise. Il lui reste 45 secondes pour jeter toutes ses forces dans un deuxième essai, en vain. Romane prend donc la médaille d’argent et Maya s’offre la plus haute marche du podium. Bravo les filles !

Place aux U12 garçon où nous avons quatres représentants. Tout d’abord Tom qui en réalisant les deux premières voies commence bien sa compétition. Il monte très haut dans la troisième avant de se faire cueillir dans le pas de bloc de la dernière. Tom termine au 17 ème rang. Félix réalise également les deux premières longueurs avant de s’écrouler un peu dans la troisième. Il se ressaisit dans la dernière en réussissant le début de la section dure. Félix s’octroie la 16 ème place. Vient maintenant le tour d’Esteban qui en bon athlète randonne les trois premières voies. Tout va donc se jouer dans la dernière. Esteban se hisse jusqu’aux difficultés finales mais tombe malheureusement à rien de la dernière prise. Il se classe 6 ème au porte d’une finale qui réunissait les cinq premiers. Enfin reste Boris qui est venu fièrement assumer son statut de favori. Rien ne se passe dans les trois premières voies et à peine doit il s’employer pour toper la quatrième mais il se trouve que quatres autres concurrents réussissent le même exploit. Comme dit précédemment nous avons donc le droit à une finale à cinq participants. Celle-ci est en terme de niveau très relevée, chacun à sa carte à jouer et Boris joue la sienne à fond. Grâce à ses multiples qualités, il tope la voie de finale et, comme à son habitude, ramène une coupe de plus à la maison. Machine !

Nous arrivons maintenant chez les plus grand où une composante de plus vient s’intégrer, à partir de ces catégories les compétiteurs doivent grimper en tête. Nous commençons avec les U14 filles où nous avons également quatre représentantes. D’abord Anaïs qui réalise brillamment les deux premières voies ce qui est déjà une satisfaction. Malheureusement elle tombe prématurément dans la troisième avant de se ressaisir dans la dernière en effectuant une belle prestation. Elle prend une honorable 16 ème place. Anaïs tu peux être fière de toi et de ta belle progression. Bravo ! Viens maintenant Lya qui n’aime pas beaucoup l’idée de grimper au dessus du point. Malgré cela elle tope les deux premières voies mais échoue à rien du troisième relais. Lya fait une belle montée dans la quatrième mais cela ne suffit pas pour recoller avec les meilleures. Elle termine sa compétition au 12 ème rang. C’est au tour de Rose de défendre les couleurs du club. Celle ci ne fait qu’une bouchée des deux premières voies et gère parfaitement le dévers de la troisième et va ainsi attraper la dernière prise. Dans la dernière voie proposée elle perd un temps précieux pour clipper la dégaine à l’amorce du crux mais Rose est pleine d’énergie. Elle résiste jusqu’à l’antépénultième prise qui la fera définitivement choir. Grâce à ce beau parcours Rose se classe 8 ème. Enfin c’est au tour de Mélia qui à l’instar de Boris n’est pas venue faire de la figuration. Comme prévu Mélia réussi aisément les trois premières voies. La dernière sera déterminante car beaucoup de compétitrices sont allées très haut mais personne n’a touché la dernière prise. Mélia parcourt les premiers mètres puis se hisse jusqu’au crux qu’elle négocie avec brio, la suite n’est que résistance jusqu’au dernier mouvement dans lequel elle doit dynamiser afin d’attraper la dernière prise pour clipper le relais et ainsi empocher la première place. Bravo !

Chez les U14 garçon seul Mani défend fièrement les couleurs cagnoises. En bon grimpeur il randonne les deux premières voies avant de se frotter aux choses sérieuses. Malgré une légère fébrilité il clippe le troisième relais et s’encorde au pied de la quatrième. Le podium se joue ici et Mani fait son maximum, mètre après mètre il s’élève pour enfin attraper la dernière prise et ainsi faire le grand chelem. Là encore un concurrent réalise la même prestation, une finale doit les départager. Dans cette voie de finale Mani se sublime en grimpant propre. Il clippe la dernière dégaine et le public se met à y croire. Malheureusement la dernière section aura raison de ses forces et il tombe à rien du relais. Tout comme son frère Léon, Mani s’offre la médaille d’argent. Toutes mes félicitations, tu as réalisé une super compèt !

Chez les grandes de moins de 16 ans nous avons trois représentantes et notons qu’à partir de cette catégorie seules trois voies sont proposées. D’abord Léane qui avec son niveau et son expérience sur le circuit national est clairement venu jouer la gagne. Elle se promène littéralement dans les deux premières voies et s’apprête à faire de même dans la troisième. Léane s’élance, clippe la deuxième dégaine puis zippe de manière inattendue, elle reste de longues secondes stoïque, inerte, comme si un éléphant rose venait de traverser le gymnase. Pas de coupe pour aujourd’hui mais une belle leçon à retenir: rien n’est jamais acquis. Léane se classe 6 ème. Viens maintenant Lia et Hanaé qui à l’aide de leur technique évitent les zippettes et vont donc sans souci toper les deux premières voies. Malgré la difficulté de la troisième, les deux jeunes filles récitent avant de s’engager dans le dernier mouvement dynamique qui leur permet d’attraper la dernière prise et de clipper le relais. Ici encore  quatre autres candidates ont réussi la même performance et une nouvelle finale est organisée. Nos deux Cagnoises font le spectacle et éliminent la concurrence en topant une nouvelle fois. Le chronomètre doit départager les deux copines et c’est Hanaé qui l’emporte pour quelques secondes. Bravo les filles !

Chez les U16 garçon nous avons Noa qui après avoir réalisé la première voie tombe précocement dans la seconde. Il se ressaisit dans la dernière et termine au 13 ème rang. Il y a également Monsieur Esteban C qui après avoir réussi la première voie doit sortir de sa zone de confort pour aller chercher le deuxième relais. Dans la troisième il fait bonne impression mais, au fil des mètres, l’intensité se fait trop forte et Esteban tombe. Il se classe 8 ème.

C’est maintenant au tour des presque adultes de se départager. Chez les filles nous avons Endy et Emma. Cette première rentre bien dans sa compétition en réussissant les deux premières voies. Dans la troisième Endy est loin d’être ridicule mais pour une prise échoue aux portes de la finale. Elle prend la 5 ème place. Reste Emma qui a de grandes ambitions et se donne le droit d’espérer en accédant à la finale grâce à deux tops et d’une très belle montée dans la troisième voie. Ici aussi quatre concurrentes doivent se départager dans une finale. Emma, comme à son habitude, donne tout mais cela n’est malheureusement pas suffisant et elle doit se satisfaire de la 2 ème place. Bravo Emma !

Pour conclure nous avons les U18 garçon, catégorie dans laquelle évolue Esteban P. Celui-ci tope la première voie et se démène dans les deux suivantes. Il termine à la 7 ème place. Enfin Bastien accompagné de son air débonnaire est venu sans prétention mais non sans ambition. Il s’affranchit de toutes les difficultés et clippe le relais des trois voies. Encore une fois d’autres ont fait de même et une ultime finale est déclarée. Bastien hisse son niveau et sans autre forme de procès il remporte la finale ! Bravo Bastien et merci pour cette belle surprise.

La journée a été longue et la nuit s’installe, il est temps pour les derniers compétiteurs de quitter les lieux pour retourner à l’entraînement et ainsi revenir plus fort. Merci à tous pour cette belle journée, merci aux organisateurs, aux bénévoles, aux ouvreurs, aux parents et bien sûr aux enfants qui donnent du sens à notre métier. Je vous donne rendez pour la prochaine manche à St Jeannet le 2 février.

Cycle grandes voies : retour à Peillon

Après pas mal de tergiversations, c’est sur la superbe face sud du Monte Grosso à Peillon que nous avons jeté notre dévolu dimanche dernier pour la deuxième sortie du cycle grandes voies. Nous y avions été deux ans auparavant, dans l’objectif d’enchaîner deux voies. Cette fois-ci, sentant une majorité du groupe pas nécessairement enjouée pour se lever aux aurores et se rentrer dedans, on a fait la version chill : rendez-vous 9h à Sauvaigo pour une seule voie dans la journée.

On se retrouve tous au parkings, les seuls absents étant Alexis, malade, et Saliha pour cause de nuit blanche… C’est donc à 12 que nous nous préparons, non sans effrayer 3 grimpeuses venues profiter de la tranquillité du secteur de la grotte. Non mesdames, on ne vous embêtera pas. Les cordées organisées, c’est parti pour la marche d’approche un peu longue mais agréable. Nous voilà donc au pied de la face.

La cordée des Jean (Jean, Jean-Luc et Jean-Pierre) a choisi la voie la plus facile : l’engouleven. 4 longueurs homogènes en 5c. Matthieu, Roxane et Eric sont à l’extrême droite de la falaise dans la vie devant soi, 6a+ max. Camille, Djé et Sandrine sont dans Ascension noétique, 6b max. Je me retrouve par défaut avec Ju et Gautier et nous choisissons d’aller dans une voie un peu plus dure, soutenue dans le 6b : le lapin sarde.

Je me promène le long de la paroi pour vérifier que tout le monde a bien trouvé son départ. Les premiers à s’élancer sont la cordée de Sandrine qui commence en tête. On entend rapidement au talkie un « relais vaché ». Camille, connaissant déjà la voie, prendra le relais jusqu’à la fin. C’est dans la L2 que les difficultés sont concentrées mais ça passe sans problème pour la cordée.

La cordée des Jean prend son temps, la faute à une autre cordée devant eux. A droite, c’est Roxane qui est partie en tête dans son premier 5c en grande voie. Pas à pas, bien concentrée, elle enchaîne sa longueur avant de laisser la place à Matthieu pour le 6a+, un passage de bombé pas évident qu’il finira par passer après plusieurs essais.

Julien, assuré par Gautier, tremble de tout son être dans sa L1 un peu dure en chauffe, un joli 6b. Il craque mentalement et physiquement à la dernière dégaine. Gautier le rejoint et ils entament la L2. Pour ma part je suis toujours au sol, ayant choisi de commencer par un 7a de 45m qui rejoint le R2. Un régal.

Gautier prend le relais après une longueur de transition pour un 6b+ pas facile. Un clip pas évident nous fait transpirer Ju et moi à l’assurage mais ça passe. La dernière longueur commence par une petite traversée bien d’ailleurs que Gautier parvient à enchaîner à force de patience et concentration. À notre droite, Eric termine la dernière longueur en 6a, à peu près au même moment que les Jean atteignent le sommet. La cordée Sandrine, Djé, Camille a déjà attaqué la marche retour pour récupérer leur pique-nique mais le reste du groupe profite de la vue du sommet pour se restaurer.

Le groupe a diablement gagné en efficacité depuis le début des cycles. Cela nous laisse le temps de nous arrêter à la Turbie sur le chemin du retour pour une bière ou un chocolat chaud, accompagné d’une crêpe ou non. Mon moment préféré où circulent les anecdotes. On discute des projets à venir, on rigole, on regarde le soleil se coucher, on décline une invitation à dormir tous chez une gentille dame et finalement on rentre à la maison.

Suite au 26 janvier !

Entraînement spécial des groupes compétition à Block Out Vitrolles

Pendant que les jeunes « loisirs » étaient en falaise avec Yannick à la Turbie, j’étais pour ma part en sortie jusqu’à Vitrolles pour une journée d’entraînement orienté avec une partie des groupes compet. Après écrémage des blessés, des fatigués et des malades, c’est avec 9 jeunes que je me retrouve à la salle Block Out vers 10h30.

Objectif simulation de qualifications sur un contest de 10 blocs en 5 essais suivie de 3 blocs en mode finale : 4 minutes essais illimités. Le temps que les jeunes se chauffent et je passe les consignes. Les plus grands se créent leur propre circuit tandis que je m’occupe des circuits des plus jeunes.

À 11h30, le top départ est donné et les jeunes ont 2 h pour faire 10 blocs assez durs pour leur niveau. La salle est presque vide, il n’y aura pas la queue dans les blocs. Il s’agit donc de temporiser pour que les jeunes ne s’épuisent pas trop rapidement en mettant des essais « mitraillette ». Évidemment, l’expérience des plus grands comme Emma, Léane, Lia et Hanaé est bien utile. Les 4 prennent les temps de repos nécessaires entre les runs et optimisent la plage horaire. Baptiste est le premier à finir son circuit en à peine plus d’une heure. Il va falloir mieux gérer le rythme. Mélia, qui a choisi ses blocs elle-même, me demande de le définir ses 3 derniers blocs. Romane est un peu malade et finit par abandonner. Rose et Esteban ne lâchent rien malgré un circuit difficile et des blocs pas toujours adaptés à leur taille. Finalement, les jeunes auront réussi entre 1 et 7 blocs de leur circuit respectif.

À 13h30, on sonne l’heure du repas. Nous allons donc manger à l’extérieur où le soleil nous apporte la chaleur que le mistral nous reprend immédiatement. Pas le temps de traîner, je propose 3 blocs à chaque jeune et c’est parti pour la phase de finale. Je les fais grimper par 2, les autres jugent et encouragent. Et l’exercice fonctionne vraiment bien ! Les jeunes jouent le jeu et les rares autres grimpeurs nous laissent volontiers la place quand nécessaire.

Il est 15h45 quand on termine le dernier bloc et je laisse une demi heure de libre pour essayer les quelques restants. Mais l’énergie est bien entamée et il n’y aura plus beaucoup de réussites supplémentaires, malgré quelques essais impressionnants de Léane dans un énorme jeté, signe que les enfants se sont bien dépensés.

Et c’est donc à 16h30 que nous quittons la salle pour le trajet retour. Un grand merci aux pilotes pour le déplacement, et un grand bravo aux jeunes qui se sont très bien comportés (comme d’habitude). Merci à Cyril pour le reportage photo ! Merci également à Block Out pour l’accueil dans leur superbe salle !

Sortie adultes à Sospel : charmante découverte

Ce dimanche, nous étions avec une bonne quinzaine d’adultes courageux venus découvrir un petit site d’escalade non loin de Sospel. Après un trajet, certes un peu long mais rempli de discussions intéressantes, et non sans expliquer à mes covoitureuses et covoitureurs lorsque nous passons devant le secteur de Castillon qu’à une époque, il y avait 70 grimpeuses et grimpeurs au pied des voies et par la même occasion passer pour un dinosaure, nous arrivons sur le petit parking du secteur où le thermomètre affiche fièrement ses deux petits degrès Celsius… Le reste du groupe est déjà là et nous les admirons quelques instants, blottis les uns contre les autres à chercher un rayon de soleil, tels des manchots empereurs en plein blizzard. Ah les sudistes !

Bon, c’est vrai que ça pique dans ce fond de vallon tout givré où coule la Nieyà. Juste au dessus de nous trône le baus homonyme, baigné d’un franc soleil. On se prépare vite fait bien fait et on attaque les 20 minutes d’approche pour se rendre au pied de falaise. Une fois n’étant pas coutume, on ne se perd même pas ! Comme prévu il y fait vraiment bon et les vestes et les bonnets tombent. Le topo en main, on regarde les voies et les cotations. Un peu dures pour l’ensemble du groupe alors on décide d’aller au dernier petit secteur à gauche là où les 4 permettront de se chauffer convenablement. Seuls Cécile, Alexis, Matthieu et David restent sur ce premier secteur, prenant les quelques 5 disponibles, tandis que nous longeons la falaise sur la gauche. Comme personne ne connait, on compare les lignes au topo. Même si ça semble bien dur pour du 4 et que tout ne correspond pas, on se lance. Je pars dans une voie dont dès le premier mètre j’annonce que ce n’est pas un 4, ni un 5 ! Laura se fait cueillir également, ainsi que Aude. Le doute n’est plus permis, on n’est pas au bon endroit. Et effectivement, après une lecture attentive, nous sommes au secteur bien nommé « le paradis du 6 » ! Je m’étais engagé dans un 6b+, Laura un 6a+ et Aude un 6c ! Un peu rude la chauffe. On dira que c’était fait exprès…

Le secteur recherché n’était que quelques mètres plus loin et effectivement, les voies ont le profil de leur cotation. Même si la végétation a un peu repris ses droits, les cordées s’organisent et enfin s’élancent dans les voies. Les cotations sont gentilles, ce qui permet à tout le monde de grimper en tête. Florian, Thibaud, Evanne, Noémie, Sabine, Michelle et Jean écumeront le secteur toute la fin de matinée tandis que Aude, Roxane, Laura et Xavier retournent rapidement au paradis du 6 pour en découdre. Cécile et Alexis nous rejoignent également et les essais s’enchaînent avec plus ou moins de succès. Il est tard quand nos estomacs nous rappellent à l’ordre et nous signifient que le sport c’est bien mais ça demande du carburant. Nous redescendons donc tous au premier secteur, là où nous avions laissé nos sacs, David et Matthieu.

Le temps du repas est souvent mon préféré. Ca partage, ça rigole, et il y a les gâteaux de Michelle et Aude. Noémie (ou Evanne, je ne sais plus) nous régale également d’un gâteau et de croquants. Les plus prévoyants ont apporté le café, un pur bonheur. Mais l’heure tourne et les journées ne sont pas bien longues alors il temps de repartir à la charge. La plupart des grimpeurs restent sur ce secteur et profitent des moulinettes posées par Matthieu et David. Certains remontent au paradis pour chercher une certaine forme de spiritualité. Et de nouveau les essais s’enchainent. Xavier s’en sort brillament dans des voies jusqu’à 6c et pousse Laura dans ses retranchements. Indirectement, il pousse Cécile également qui refuse de se laisser dépasser. Elle profitera d’une moul dans le 7a du secteur, que seul Alexis enchainera non sans vibrer de tout son être. Evanne et Noémie gravissent le seul 5 du secteur, où un arbre bien placé permet de garder donne un coup de pouce semble également attirer mouches et frelons. Effrayant et mystèrieux…

Bref, ça grimpe de tous les côtés et le temps passe vite. Le soleil tourne puis disparaît derrière les montagnes. Après les dernières photos sous une lumière splendide, il es temps de ranger et de rentrer. On compte le matériel avec minutie et on reprend le chemin des voitures. Il fait presque nuit lorsque nous arrivons. Bon timing ! Reste plus qu’à se dire aurevoir et sauter dans les voitures pour profiter d’un peu de chauffage, il fait de nouveau 2°C…

Sortie jeunes à la Turbie

Bonjour à toutes et à tous,

Le club organise une sortie au secteur « les surplombs » le dimanche 8 décembre.

Cette sortie concerne les groupes de 2 à 4.

Pour avoir  le privilège d’user vos chaussons sur ce site historique, il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous.

Pensez à adapter votre tenue en fonction de la météo.

En espérant vous y voir nombreux

Voir la liste des inscrits

Sortie falaise adultes à Sospel le 1er décembre !

Vous connaissez le baus de la Neyià ? Et ben moi non plus ! L’occasion d’aller voir ce bout de caillou apparemment pas mal du tout ! OK, c’est un peu loin mais je suis sûr que ça vaut le coup.
Vous trouverez le topo ici.

Voilà donc le formulaire d’inscription avec tout comme d’habitude ! Attention le rdv est au parking de la Villette. Attention, places de parking limitées !

 

 

Sortie pour les jeunes à Levens : un pur bonheur !

Ils étaient une quinzaine au rendez-vous pour cette deuxième sortie en falaise. Cette fois-ci, c’est sur Levens que j’ai jeté mon dévolu, un joli petit secteur en plein soleil, au caillou particulièrement accueillant. Après un trajet rendu un peu compliqué à cause de la fête de la chataîgne à Cagnes, nous voilà tous plus ou moins à l’heure sur le parking du site. Distribution de matériel, un bon nombre de cordes sur les épaules et hop, c’est parti pour la petite marche d’approche de 5 minutes à plat !

Nous sommes les premiers sur le site ! L’occasion d’investir les meilleures place au pied des voies. Dona, Nico et Aude prennent quelques enfants avec eux pour aller installer les moulinettes sur le secteur de droite, dans les classiques « L’abeille a le bourdon », brillament grimpée par Anaïs, et « Le début du commencement » dont Kim se charge. Nico installera « Les shakras ouverts » puis la longue voie répondant au nom de « l’usine à merde », référence à la station d’épuration non loin… Jeanne, Milo, Alaric et Thomas s’en donneront à coeur-joie pendant toute la matinée.

Secteur de gauche, je garde sous mon coude les plus débutants avec Joanna, Charlotte, Tessa, Nelya, Lena et sa soeur pour lesquelles j’installe de petites moulinettes dans les départs de « En fonction de toi » et « le rock à Jean-Yves ». J’installe aussi « Mauvaise herbe », un dièdre sympathique pendant que Romain et Esteban s’occupe de la célèbre « baleine à bosse ».

Nous voilà déjà avec un paquet de voies installées lorsqu’une autre cordée arrive. On partage gentiment nos cordes et j’en profite pour installer « La cacahuète à Guytou » et Zed et gnougnou ». Il tout juste midi lorsque Tessa nous quitte pour cause d’anniversaire. 30 minutes plus tard, nous sommes tous sur la terre ferme, prêts à en découdre avec nos casse-croûte ! On avala chacun nos sandwichs avant de profiter des gâteaux incontournables de Dona et Aude. J’avais récupéré les bonbons restés inmangés pendant le stage des jeunes des groupes compet lors d’Halloween alors je fais une petite distribution.

Je n’ai même pas le temps de prendre un café que déjà les jeunes sont sur les chapeaux de roue !! On pourra dire que ce n’est pas la motivation qui manque. L’aprem est dédiée à des voies un peu plus dures pour l’ensemble du groupe, et les 6a du secteurs sont mis à rude épreuve. Thomas part installer la moulinette dans la longue « Symphonie de destruction », puis dans la voie aérienne de l’extrème gauche, « les yeux dans les yeux ». Son aisance m’invite à l’envoyer dans un peu plus dure avec un 6a : « le meilleur ami du meilleur ami de l’homme ». Il sera bon pour un bon combat et une belle chute assurée parfaitement par Dona ! Les jeunes profitent à fond et grimpent jusqu’à ce que l’heure approche. Je suis obligé d’aller chercher Esteban qui ne veut plus s’arrêter. Alaric galère un peu dans sa dernière manip sur un relais suspendu peu commode. On va être en retard !!

On plie rapidement le matériel, retour au pas cadencé, aurevoir sur le parking et retour sur Cagnes où quelques parents nous attendent patiemment pendant qu’on se reprend les bouchons de la fête de la chataîgne !!

Un grand bravo aux enfants, ils ont une fois de plus été hyper motivés dans l’ensemble et ça fait vraiment plaisir à voir. Merci à tous les parents présents également, on était un certain nombre à la falaise et l’ambiance était fort sympathique. Et bien sûr, un grand et éternel merci à Laurent, Aude, Nico et Dona sans qui les journées ne seraient pas aussi faciles pour nous.

Prochaine sortie le 8 décembre !

Sortie falaise adultes à Big Ben

Ce dimanche 10 novembre le club organisait une sortie adulte à la Turbie. Nous nous retrouvons donc au parking de la tête de chien un peu avant 10h et prenons le sentier touristique. Nous montons jusqu’au petit col. Ici l’horizon se dégage, nous surplombons Monaco, Cap d’ail, Roquebrune et pouvons contempler jusqu’au delà de la frontière italienne. De là le chemin descend, une vingtaine de minutes nous seront nécessaires pour rejoindre les secteurs convoités : Le Gentil et Big Ben.

Rapidement les voies sont prises d’assaut, il faut dire que nous sommes 25 et que nous envahissons quelque peu l’endroit. Jean Luc, Phillipe, Brice et David sont les premiers à grimper, ils ont pour mission d’installer des moulinettes pour permettre à l’entièreté du groupe de profiter de ce superbe calcaire troué. Après réflexion Aude se lance courageusement dans « Cathy essence de myosotis », un 5c alternant dalles et surplombs. Pendant ce temps certains sont déjà partis à la grotte de Big Ben, le secteur voisin. Sigrid et Olivier se régalent dans  » bio taupe » un 6a agréable finissant sur une colonnette caractéristique. Alexis monte les paires dans « encore bêtement », un 6b marqué par un crux dans son départ et Gautier fait de même dans « Colo en coulisse » le 6c majeur de la grotte. Côté « gentil » tout le monde est désormais en action. Florian goûte pour la première fois aux joies de la falaise en découvrant les difficultés liées à l’itinéraire. Jean Rémi qui fait également partie des plus novices se démène afin de trouver les pieds les plus adéquats. Hélène bénéficie des moulinettes et profite de la vue à chaque relais. Sabine prend son courage à deux mains et grimpe en tête dans « Big Ben » le 4+ éponyme du secteur, elle sera suivie par Thibault. Peu avant la pause méridienne Gautier met un deuxième essai dans « colo en coulisse » et, à l’aide d’un cri s’apparentant à un rugissement, enchaîne la voie.

Il est maintenant l’heure de manger et, afin de partager un moment ensemble, nous nous entassons dans la grotte. Lorsque salades et sandwichs sont engloutis, Aude, qui est plus qu’une maman pour nous, partage une fois encore ses différents gâteaux aussi succulents que nourrissants. Le temps coule et manger ne remplit pas une vie, nous envisageons de retourner à nos activités. Cet aprèm l’idée est de dépasser ses appréhensions en allant défier l’incontournable pendule de Big Ben. Sandra se propose en crash test histoire de vérifier l’immuabilitée des lois de la physique. Il faut préciser qu’en fonction de la témérité des candidats, différents étages sont possibles. Pour sa part, Sandra monte haut, très haut puis se met en place sous le regard interrogateur des néophytes et, après avoir respiré un bon coup, s’élance… Sandra laisse échapper un petit cri et, avant que le ballant s’estompe, reçoit les ovations d’un public conquis. Désormais c’est au tour de Roxane pour qui l’exercice s’apparente à un vrai défi. Elle monte au premier étage et s’inquiète. Quoi ? Vraiment ? Mais ça fait peur ! Roxane tergiverse puis lors d’un simulacre de compte à rebours, elle s’affole et fait si bien les gros yeux qu’elle en fait s’esclaffer l’assemblée. Elle reprend un peu ses esprits mais comprend qu’il va falloir y aller. Ce coup-ci nous décomptons ensemble, Roxane s’agrippe à la corde puis, à l’aide d’un hurlement, se jette. S’ensuit des acclamations bien méritées et un retour sur la terre ferme synonyme de sécurité. C’est au tour de Gautier qui, en bon bonhomme, se décide à monter au dernier étage et se lance dans la seconde sans bruit et sans émotion… Trop facile ! Olivier et David y vont aussi mais là encore le challenge est trop aisé pour des experts de leur trempe. Suit Laura qui souhaite se remémorer les bons souvenirs de l’an passé. Elle monte tranquillement au premier puis s’élance sans autre forme de difficulté. Alexis clôture la séance en se jetant de tout en haut…

Pendant ce temps au secteur du « Gentil » l’autre partie du groupe grimpe tranquillement des voies sous l’oeil bienveillant de Phillipe et Jean Luc. Je profite de l’occasion pour les remercier, merci à vous de partager vos compétences et d’accorder toujours beaucoup d’attention à tous ceux qui en ont besoin. La journée tire à sa fin, le soleil baissant nous offrant de magnifiques couleurs, nous embrassons une dernière fois l’horizon avant de remonter par la « chaîne ». Celle-ci ne pose de problème à personne et nous nous retrouvons rapidement au parking avec la totalité des dégaines. En résumé, une journée parfaite ! Merci à vous d’être venu si nombreux, à bientôt les amis !

2ème étape du challenge Berhault : Roquebillière le 15 décembre

Le dimanche 15 décembre a lieu la deuxième étape du challenge Berhault. Elle se déroule au gymnase de Roquebillière dans la Vésubie. Merci de bien vouloir remplir le formulaire d’inscription si vous êtes intéressés. Date limite d’inscription le 8 décembre !

Cette étape est une étape de difficulté (donc sur mur à cordes). Elle est ouverte à tous. Le club prend en charge les frais d’inscription mais ils seront dus en cas d’absence injustifiée.
Les catégories U10 et U12 grimperont 4 voies en moulinette, tandis que les autres catégories grimperont 3 voies en tête. Il y a 4 minutes par voies, les U10 et U12 ont le droit de réaliser un 2e essai par voie dans la limite du temps imparti. Des finales sont prévues en cas d’égalité et le temps pourra aussi être pris en compte pour le départage.

L’inscription est conditionnée par le nombre de bénévoles pour juger et assurer qui doit être à minima de 1 pour chaque tranche de 5 inscrits par club. Comme nous avons généralement beaucoup de participants à l’USC, nous avons besoin de pas mal de bénévoles, c’est mathématique. Merci de vous faire connaître via le mail formulaire.

Les horaires de passage seront envoyés quelques jours avant l’épreuve mais vous pouvez déjà noter les plages en fonction des catégories (attention, susceptible de changer quand même !)

Yannick sera présent pour guider et accompagner les enfants. Aucun covoiturage ne peut en revanche être organisé, on vous invite à vous organiser entre vous et en fonction des catégories.

 

 

Retour sur le stage des groupes Compet à Toulon

Jour 1

Nous voilà mercredi 30 octobre, il est 9h et tous les inscrits au stage des vacances de la Toussaint sont présents sur notre lieu de rendez-vous favori, le parc Sauvaigo. Ce sont donc 10 jeunes, accompagnés de leurs parents et de leur valise, qui attendent l’arrivée du minibus du comité départemental pour s’en aller visiter l’aire toulonnaise afin d’y effectuer un stage d’escalade intensif durant trois jours. Ce matin, pas d’inertie de groupe, dix minutes suffisent pour charger les bagages et faire un petit bisou à papa et maman. Les enfants sont pressés de partir et aucun parent ne souhaite les retenir. Malgré un trafic fluide les jeunes filles trouvent le temps long et décident d’utiliser leurs cordes vocales afin d’étaler leurs talents de chanteuses sur la fin du trajet.
 
 
Nous arrivons au Mont Coudon, lieu de notre première séance d’escalade, un peu avant onze heures. Nous nous emparons rapidement d’une corde et d’un lot de dégaines puis empruntons le bon sentier menant au secteur « feeling ». Ici, sans être parfait, le pied de falaise est agréable, le soleil domine mais quelques arbres chétifs nous apportent l’ombre nécessaire. Maya, dont la motivation ne fait guère de doute, est la première chaussons aux pieds et s’apprête à grimper en tête dans « Caliméro », un 5c d’une trentaine de mètres. Malheureusement elle est stoppée dans son élan par une difficulté où elle ne trouve pas de solution, retour sur le plancher des vaches. Léane, Cécile et Mani respectent les fondamentaux de l’échauffement et vont respectivement installer la moulinette dans « le dalmasso migrateur », « chronastro » et « vocalise » trois interminables 5c pendant que l’ambitieux Léon se présente au pied de « parcours santé » le seul 5b du secteur, dégaines au baudrier dans l’espoir de faire la longueur en tête. Les premiers mètres peu aisés le rappellent à l’ordre : ici son gainage et sa tonicité lui sont peu utiles et Léon bute au deuxième point avant de redescendre. Romain tente alors sa chance et, à l’aide d’une prise cachée, trouve la solution puis s’élève sur une bonne partie de la voie. Néanmoins, il sera également stoppé par un nouveau « crux » qui le contraindra à redescendre. Mais cette cordée est opiniâtre. Léon y retourne puis, à force d’acharnement, parvient à aller encore un peu plus haut. Bravo les garçons pour votre beau travail d’équipe ! Esteban profite de la moulinette pour explorer sa première voie dont il parcourt l’intégralité sans difficulté. Il sera suivi par Maya. Romane, sans stress, enfile ses chaussons et enchaîne également  » Chronastro », sa descente signe la tant attendue pause déjeuner. Chacun trouve sa zone d’ombre et dévore ses victuailles avant l’habituelle dégustation de bonbons.
 
 
Une fois les batteries rechargées, nos jeunes sont prêts et retournent grimper avec entrain. Mani s’encorde et s’en va en tête défier « la fée clochette » un 6a+ de 35 mètres. Maya, Romain, Léon et Esteban, pleins de bonne volonté,  enchaînent les différents 5+ du secteur. De leur côté les grandes s’occupent dans « les flirts du mâle », un 6b que Lia est proche d’enchaîner mais tous les connaisseurs le savent, le calcaire toulonnais ne se laisse pas dompter facilement. Léane joue même son va-tout dans « Chlorodose » un 7a dans lequel les prises se font rares.  Cette dernière tentative marque la fin de notre première séance de falaise. Après le rangement des cordes et dégaines nous remontons rapidement aux voitures et filons vers « bloc session » pour le 2ème round.
 
 
Il est autour de 17h30 lorsque nous mettons les pieds sur les tapis. Pour cette séance nous resterons un maximum groupés en essayant de s’inspirer les uns des autres. Après un rapide rééchauffement, nos jeunes commencent à se frotter aux blocs durs. Contrairement à la falaise, ici les prises sont visibles et permettent aux enfants d’exprimer facilement tout leur talent sous les yeux admiratifs des badauds. Il faut dire que ça dépote sévère et que nos jeunes empilent les blocs de manière impressionnante. Romain, Romane, Maya, Léon et Esteban font un nombre pléthorique de blocs de difficulté violette (autour de 6b bloc) pendant que Mani, Mélia et Baptiste s’offrent quelques blocs noirs (autour de 6c bloc). Le duo Lia-Léane sort le grand jeu et, au nez et à la barde de l’élite locale, plie les blocs gris (environ 7a bloc). Plus tard, Mani ainsi qu’Esteban frôlent l’entorse et nous rappellent que, même sous ses airs débonnaires, la salle de bloc reste un endroit à risque et qu’il est primordial de respecter les consignes de sécurité. Voilà deux heures que nous tournons sur les tapis et la fatigue se fait désormais ressentir. Sans trainer nous plions bagage puis mettons la clé sur le contact direction « la maison des frères », notre lieu de villégiature située au Beausset. Nos dortoirs ainsi que la salle à manger sont les mêmes que l’année dernière et nous nous réapproprions rapidement l’endroit. Au menu ce soir c’est pâtes à la bolognaise ! Léane est aux commandes et nous sommes ses commis. Quelques ordres plus tard, la viande et les oignons sont cuits, les pâtes sont al dente, reste à effectuer le service. Sans exception les jeunes dévorent, il faut dire que la journée fut longue. Nous finissons le repas à presque 22h. Sans plus trainer nous envoyons tout ce beau monde au lit et malgré la fatigue générale certains chahutent encore. Quelques minutes suffisent à obtenir le silence et c’est enfin l’heure d’un repos bien mérité.
 
 

Jour 2

Charge mentale oblige, les filles se lèvent tôt, ont le temps de sérieusement entamer le pot de pâte à tartiner alors que les garçons larvent encore. Une bonne heure leur sera nécessaire pour rétablir la parité. Une fois tout ce beau monde debout et les sandwichs préparés nous pouvons prendre la route pour Sainte Anne d’Evenos où se dresse la falaise de « La Jaume », notre secteur du jour. Le topo annonce 25 minutes de marche d’approche mais nous savons qu’avec des enfants nous pouvons parfois doubler les temps indiqués. Au bout de quelques centaines de mètres les bifurcations se multiplient et j’ai le malheur de faire le mauvais choix. Nous nous élevons d’abord sur un bon sentier mais petit à petit celui-ci se réduit pour laisser place au maquis. Nous sommes déjà bien engagé et faire demi-tour serait trop casse-moral. En conséquence nous nous entêtons. Après s’être égratignés les mollets nous retrouvons le chemin au balisage bleu puis découvrons enfin le pied des voies. Alexis qui par curiosité avait lancé le chronomètre regarde sa montre et nous annonce notre temps : 1h02. Parfois, ignorer ce qu’il nous attend est préférable. Enfin nous posons nos sacs et, après avoir trouvé un coin d’ombre, nous nous équipons. Mani se lance dans « Lucy lucke », un 5c au profil dalleux. Au bout de quelques mètres Mani couine et peste contre le manque de prises. Arf maudite falaise. Mélia, assurée par Maya, s’en va en tête dans « coquelicot de droite » un 5b+ de grande classe. Le début n’est déjà pas aisé mais Mélia s’en sort à merveille, reste à gravir le dernier surplomb. Mélia s’engage, trouve les deux bacs salvateurs et, avant même de clipper le relais, s’autorise une suspension uniquement avec les mains. Léon lui aussi est très motivé pour grimper en tête, il prend une corde, un jeu de dégaines et se pose au pied de « voler c’est pas bien » un 5b d’une vingtaine de mètres.  Malgré un départ ne posant pas de problème, le benjamin du groupe est précautionneux et prend son temps. Il s’élève calmement jusqu’au moment où, alors qu’il s’apprête à passer la corde dans la dégaine, il zippe et tombe sur plusieurs mètres, le tout la tête en bas. Tomber avec  » le mou dans la main » est le pire des scénarios, la chute en est forcément impressionnante voire effrayante. Romain, qui était à l’assurage, finit de descendre Léon puis nous prenons soin de nous assurer de sa bonne santé physique et mentale. À l’évidence Léon se porte bien, il souhaite même regrimper tout de suite mais en « moul » dit-il. Solide le bonhomme ! Durant ce temps, Esteban, Baptiste, Romane , Cécile et Alexis grimpent dans les différents 5c. Lia enchaîne en tête « hors jeu » un 6a plutôt en fissure. Bravo Lia ! Le soleil est au zénith et au grand bonheur des enfants l’heure est à la pause déjeuner.  À l’ombre d’un petit surplomb, nous apprécions nos sandwichs faits maison.
 
 
Post prandial nous nous décalons d’une cinquantaine de mètres sur la gauche afin de découvrir un nouveau secteur. Le hic est qu’ici le thermomètre monte encore d’un cran et que nos gourdes s’assèchent. Effectivement certains n’ont plus d’eau et, alors qu’il n’est pas 15h, nous en sommes déjà à rationner et à partager le précieux liquide qu’il nous reste. Malgré tout, les jeunes grimpent. Romain tente sa chance en tête dans « glandeur nature » un 5b dans lequel il sera stoppé à la 4ème dégaine. Maya et Mélia qui souffrent pourtant beaucoup de la chaleur, s’accrochent aux prises dans « y’a pas de mêêê », un 5c au départ déroutant. Léane y va crechendo en enchaînant un 6b, un 6b+ puis chutera dans un 6c+ apparemment « morpho ». Sa copine Lia en profite pour prendre les différentes moulinettes avec plus ou moins de réussite en fonction de son degré de nonchalance. Léon et Esteban enchaînent toutes les voies de leur niveau et font un nombre satisfaisant de mètres d’escalade. Mani s’essaye dans « Saperlipopette », un 6b dont il parcourt la première moitié avant de choir. Baptiste, Romane et Romain profitent de la moulinette dans « une santé de fer » un 5c où le placement est de rigueur. Le soleil décline et passe enfin derrière la montagne. Le lieu devient vivable mais les choses sont parfois mal faite, il nous faut rentrer avant la nuit pour espérer prendre le bon chemin. Après le sempiternel rangement de cordes, nous mettons les sacs sur le dos et descendons au milieu des grès d’Evenos sans histoire jusqu’aux voitures. En face du parking se trouve une station service, j’y file acheter de l’eau. A la vue des bouteilles les jeunes sont hystériques, semblables à des groupies rencontrant leur star préférée et je dois avouer avoir trouvé ça chouette. En effet, voir cette jeune génération être capable de se réjouir d’un plaisir simple m’a comblé. La nuit tombe, il n’est plus question de traîner car ce soir c’est halloween et les enfants ont des projets. Après s’être vêtus de leur déguisement et maquillés de faux sang vient l’heure de la chasse aux bonbons. Nous sortons donc arpenter les rues adjacentes en quête de sucreries. Le succès est relatif, un bon nombre d’enfants sont déjà passés par là et les bonbons se font rare. Nous déambulons une heure avant de retourner sur la place centrale où Cécile entraîne les filles à danser sur une musique traditionnelle puis rentrons sagement à « la maison des frères » retrouver Lia et Léane qui s’affairent à préparer le poulet curry du soir. Il est tard et chacun engloutit son assiette avant d’avoir le droit à son verre de salade de fruits. Au vu du programme chargé du lendemain, au grand dam des enfants, nous decrétons un réveil matinal et allons naturellement nous coucher.
 
 

Jour 3

Ce matin nous jouissons des premiers rayons de soleil en prenant le petit déjeuner dans le jardin. Après les derniers détails nous quittons les parages pour nous rendre au « Baou des quatres ouros », site historique Toulonnais. Aujourd’hui les enfants retrouvent des couleurs, en plus d’avoir pris plusieurs bouteilles d’eau, la marche d’approche est de 8 min chrono. Bien que ce soit le dernier jour, la plupart garde une belle motivation. Aujourd’hui Léane a des ambitions, elle s’échauffe directement dans « Cuisse chaude » un 6b long et physique. Comme à l’habitude elle est suivie par Lia. Mélia décide de s’aventurer en tête dans « wall E » un 5b dans lequel un crux aura raison de ses velléités. Maya, couragement, essaye à son tour et passe ce pas de bloc. Elle s’applique dans la fin de voie et clippe le relais ! Voilà qui fait plaisir. Ce dernier jour récompense tes efforts, ta volonté et ton attitude. Félicitations ! Romain pose les paires dans « Manfred » un 5a prisu. Il est suivi par son compagnon de cordée Léon qui, après sa chute de la veille, renoue avec la tête et démontre ses qualités mentales. Dans cette même voie Romane affronte ses appréhensions en grimpant au dessus du point et s’en sort à merveille. Esteban prend toutes les moulinettes et va même essayer « Zorbec le gras », un 6a+ très athlétique pendant que Léane s’attaque à « Mata virgem » un 7a majeur très déversant. Dans ce profil à condition physique Léane ne bronche pas beaucoup et signe sa plus belle perf du séjour en sortant la voie à vue. Mani sort un peu de sa zone de confort et va se frotter à « Caduta massi » un 6a interminable et franchement pas cadeau. À l’aide une belle persévérance et d’un engagement certain Mani clippe le relais et peut être fier de lui. Baptiste, pas franchement convaincu, prend la moulinette puis, après un début de voie bien maîtrisée, se décourage trop facilement quand la difficulté s’accroît. Malgré tout, cette cordée a de la ressource. Mani va maintenant dans « Indexplosion », un 6a fait de pas de blocs et de bons repos. Alors qu’il pense cela infaisable, il randonne tous les crux et s’offre une nouvelle croix. Baptiste s’encorde et, sans autre forme de procès, enchaîne le 6a. Bravo les garçons ! Sans compter qu’avec de l’optimisme vous ferriez bien mieux. En une matinée, les jeunes ont grimpé trois à quatre voies et méritent amplement leur sandwich. Une fois de plus nous cherchons l’ombre car la tempête de ciel bleu perdure. Nous pouvons dire que nous abordons l’hiver avec notre dose de vitamine D.
 
 
Après le repas certains ont le temps de faire une dernière voie avant de ranger le matériel et de redescendre aux voitures. Il est 14h quand les portes automatiques de « vertical art » s’ouvrent pour ce qui sera notre dernier acte. Aujourd’hui encore nous restons groupés afin d’apprendre des autres. Bien que cela soit la cinquième séance en trois jours, nos grimpeurs regorgent d’énergie. Cette dernière serait-elle étroitement corrélée à la motivation ? Quoiqu’il en soit, en bons mutants de la résine, les jeunes performent encore. Léon et Esteban, dont la timidité a disparu, montrent encore une fois leurs qualités musculaires en enchaînant des blocs durs. Mani trouve enfin les prises et toppe quelques blocs ardus pendant que son acolyte Baptiste, dont l’appréhension s’est envolée, retrouve son dynamisme. Romain, un peu en dessous physiquement, compense par une belle envie. De son côté, entre deux blocs, Romane aime exagérément flâner sur les tapis. Romane on en a déjà parlé ensemble et peut-être ai-je été maladroit mais tu gagnerais beaucoup à augmenter ton volume d’escalade. Mélia et Maya font largement le job pendant que Lia peut enfin s’exprimer dans de vraies dalles techniques. Léane fait plusieurs démonstrations de coordinations, de compressions, de talons, de contres pointes et nous montre que l’entraînement paye. Le tour de la salle est maintenant terminé et après une dernière gaufre il nous faut regagner nos quartiers.
 
 
Ce stage touche à sa fin et avant de conclure je me dois de remercier Alexis et Cécile sans qui ce stage n’aurait pas été réalisable. Merci à vous pour votre aide, que ce soit à la falaise, dans les dortoirs ou en cuisine ! Merci aussi aux enfants d’avoir été de bonne compagnie, d’avoir su se mélanger, de m’avoir fait beaucoup rire et peu pleurer. Nous avons partagé un moment de vie qui, je l’espère, nous sera profitable à tous. L’escalade est un prétexte pour se retrouver, fabriquer des souvenirs et passer des vacances sportives. Au moins, par ce prisme, il me semble que ce fut une réussite. En espérant que votre retour à l’école soit aussi satisfaisant que votre niveau d’escalade, je vous dis à bientôt pour de nouveaux entraînements.