C’est un retour à Orgon que nous avons opéré pour le stage jeunes cette année, comme en 2018. Même camping, fournée différente ! Pour un groupe de 12 jeunes, nous avons pensé qu’un seul pro serait suffisant. Julien a gentiment accepté de compléter l’encadrement bénévolement grâce à sa formation d’initiateur. François et Dona complètent la liste d’accompagnateurs, comme l’an dernier, ainsi qu’Amandine et Didier, venus avec le reste de la famille dans le ur superbe camping car.
Le stage débute le lundi. Dona se charge de récupérer les courses, moi de prendre tout le matériel au garage et Julien s’est occupé du minibus du Comité FFME 06. On se retrouve donc au parking de Sauvaigo avec tous les jeunes afin de caser les sacs, valises et autres duvets dans le coffre. Puis c’est l’heure du dernier bisou aux parents et nous voilà sur la route pour 2h30 de trajet jusqu’au bien nommé camping de la vallée heureuse. Camping 4 étoiles s’il-vous-plaît !

Après un trajet sans encombre et nos emplacements attribués, le petit groupe s’affaire au montage du camp : tentes, barnum, cuisine, tout doit rentrer dans l’espace qui nous est aloué. Pas de problème cette année, on a beaucoup de place, et de grandes tables de pique-nique ! A 13h, tout est fin prêt pour le premier repas que les jeunes avalent rapidement. Maintenant, il s’agit d’aller grimper.
Gros avantage du coin, pas mal de secteurs sont accessibles à pied directement depuis le camping ! Après une courte marche d’approche sous un soleil de plomb, nous voilà au secteur de la brèche, justement en train de passer à l’ombre. Les jeunes se préparent et les premières voies sont gravies. Du 4 au 6a, de 15 à 30m, il y en a pour tout le monde. Mais pour nos jeunes principalement habitués à la résine, grimper sur de petites prises où il faut chercher, réfléchir et rester concentré, ce n’est pas évident. Malgré tout, cette première journée se passe à merveille et on choisit de ne pas redescendre trop tard car un élément du camping a attiré l’attention des jeunes : la piscine !
Pour aller se baigner, pas besoin de se faire prier ! François assure la surveillance pendant que nous préparons le repas, Dona aux commandes. A 20h, nous sommes à table prêts à engloutir l’immense casserole de pâtes à la bolognaise. Une fois rassasiés, vient l’inévitable temps des loups garous, jeu de rôle traditionnel qui occupe une bonne partie des soirées.

La nuit est plutôt douce et les oiseaux chantent tôt le matin. Certains jeunes se lèvent tôt (trop !), d’autres traînent au lit, preuve incontestable du non respect du couvre-feu… A quelques exceptions près, les jeunes sont bien efficaces et se préparent rapidement. Ce sont eux qui doivent faire leur propre sandwich et gérer leurs affaires. Il n’y aura pas eu beaucoup d’oublis ! Il est à peine plus de 9h quand nous quittons le camping.
Aujourd’hui, on grimpe de l’autre côté de la vallée. Considérant la chaleur de la veille, j’avais choisi un secteur à l’ombre. Mais après la petite marche d’approche, force est de constater qu’un petit vent bien frais nous donne plutôt envie d’aller au soleil ! Après quelques voies de chauffe sur le secteur Acteur’s Studio, on bascule de l’autre côté sur la pointe de la découverte. Comme la veille, ce sont des voies assez raides avec des cotations plutôt sèches allant du 4 au 6a+. Chacun s’exprime à son niveau, et Esteban apprend enfin la manip du haut de voie qu’il pratique tout de suite au sommet d’un 5b un peu trop engagé pour ma tension artérielle…
Après une bonne journée d’escalade, rien de mieux qu’un peu de natation pour se mettre bien ! Retour au camping vers 15h30 et suite de l’après-midi dans la piscine et avec diverses activités ludiques : balançoires et jeux de ballons avant le repas et la soirée loups garous.

Le mercredi, la météo est maussade. De la pluie est prévue en fin de matinée ou dans l’après-midi suivant les modèles. On essaie de se préparer rapidement mais c’est sans compter la tente de Mélia, Romane, Elise et Rose qui aime bien se faire attendre… Pas de soleil aujourd’hui, on décide d’aller sur le joli secteur d’Aureille, une face sud à 20 minutes en voiture. Nous sommes au pied de la falaise à 10h.
Les jeunes sont particulièrement efficaces en ce jour et les cordes sont installées rapidement. Chacun a le temps de faire quelques voies mais plus la journée avance, plus on sent la pluie arriver. Vers 11h30, les premières gouttes commencent à tomber et quand on voit le rideau qui nous arrive dessus, on décide de vite tout ranger pour ne pas avoir du matériel mouillé tout le séjour ! Bonne initiative car l’averse qui nous tombe dessus trempe la paroi en quelques minutes. Heureusement, nous avons pu trouver un bout de caillou abrité pour manger et attendre que la pluie cesse.
Après le repas, dès la première accalmie, nous redescendons aux véhicule pour un retour prématuré au camping. Sur le retour, on s’arrête au secteur historique du canal, laboratoire du haut niveau dans les années 90/2000. Une bonne surprise nous attend : Manon Hily et Max Bertone sont en train d’essayer un 8c+. Le temps d’une démo, les jeunes sont d’un calme incroyable !
La pluie ne cessera d’aller et venir tout le reste de la journée, nous obligeant à nous réfugier régulièrement sous les tentes.

Pour le lendemain, la météo s’améliore mais le ciel reste un peu couvert le matin. Le secteur de la veille était tellement beau qu’on décide d’y retourner pour explorer un peu plus les possibilités d’escalade.
Cette fois, nous sommes bien décidés à aller voir les voies plus dures et plus longues. De belles lignes jusqu’à 6c sont installées et occuperont les jeunes une bonne partie de la journée ! Même François signe sa seule ascension du séjour dans un 5b !
Fin de journée, la plupart des jeunes ont bien grimpé, mais je garde sous la main Romane et Mélia que j’envoie faire un dernier 6a de 30m. Ces deux là, d’habitude pas les dernières à avaler des longueurs en salle, montrent pas mal de réticence sur le caillou. Il faut dire que ce n’est pas facile de transférer leur technique sur le rocher et pour des jeunes qui grimpent habituellement du 7a/b, se faire rouster dans du 6a, ça force l’humilité. J’ai beau leur asséner à longueur d’année que la cotation n’a pas d’importance, difficile de ne pas associer la performance à la simple difficulté d’une voie.

Après une dernière soirée au camping, pâtes carbonara rab loups garous au menu, nous voilà déjà au matin du dernier jour. Il est temps de plier le camp, épreuve incontestablement la plus technique du séjour ! Courir après les objets perdus, plier les matelas et les tentes dans leurs sacs toujours trop petits, le tout dans une joyeuse cacophonie, c’est un acte bien plus compliqué qu’il n’y paraît !
Mais encore une fois, l’efficacité est de mise et nous sommes fins prêts un peu après 10h.
Pour cette dernière journée, nous avons choisi d’aller grimper juste à côté du secteur du premier jour. Marche d’approche minime et plein de voies accessibles, on avait déjà fait ce stop en rentrant des dentelles de Montmirail l’an dernier.
Les jeunes ont pris la confiance au fil du séjour et Maya et Esteban attaquent direct avec des 6a+ en tête ! Esteban est carrément en feu et enchaîne même son premier 6c.
Jules, Anton et Elise ne sont pas en reste et ancrent leurs connaissance de la semaine en grimpant et assurant en tête. Après le repas, on profite des dernières heures pour installer un grand rappel pendulaire au sommet d’une grotte où les jeunes passeront les uns après les autres, avec plus ou moins d’aisance : final en beauté !

Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin et à 15h, il est temps de repartir. Comme toujours, la semaine aura été riche, pour les jeunes mais pas que. Beaucoup d’apprentissage, en escalade mais surtout en vie commune, ce qui n’est pas toujours facile. Bravo à tous !
Un grand merci à Julien qui a posé des congés pour pouvoir m’aider à encadrer cette semaine. Merci également à Dona, François, Amandine et Didier pour la gestion du camp, des repas, de la piscine, et du pied des voies !