Dimanche dernier, le club a mis le cap sur les gorges du Blavet, secteur Colle Rousse, avec une poignée d’irréductibles, totalement insensibles à la vague de chaleur qui est arrivée .
Après un premier arrêt stratégique sur le parking de Cagnes-sur-Mer, nous finissons par nous garer près du site. “La marche d’approche est très courte”, avait-on dit. Évidemment, comme personne ne connaît l’endroit, nous commençons par une randonnée d’échauffement qui nous en éloigne consciencieusement.
À peine partis, nous sommes déjà perdus parmi les chênes liège et les chataigniers. Les experts en orientation dégainent leurs téléphones. Finalement, c’est Flo qui nous remet sur le bon chemin.

Nous arrivons au pied des voies alors que la matinée est déjà bien entamée. Certains s’équipent rapidement, d’autres installent leurs hamacs avec cette ferme intention de ne surtout pas grimper trop tôt.
Je pars dans la voie la plus à gauche, cotation inconnue mais allure rassurante, avec JP qui ouvrira les voies toute la journée avec un calme insolent. Plus à droite, Flo équipe un 6a afin que David puisse aller se perdre méthodiquement dans la dernière longueur.

Sandra et son fils étaient venus avec l’idée de randonner. Finalement, Sandra partira en reconnaissance avant de faire demi-tour, pendant qu’Antoine oscillera subtilement entre flemme olympique et motivation verticale.
À côté de nous, Epo et JR forment un duo parfaitement synchronisé : chacun leur tour, ils ajoutent une dégaine supplémentaire. Une stratégie lente, mais appliquée. À force de persévérance, la voie finit tout de même par être équipée.

Pendant ce temps, nous enchaînons une autre voie, plus coriace que la première mais franchement magnifique, tandis que Flo transpire avec élégance dans un 6b. Alexis “la légende” boucle ça sans trop couiner, assuré par Roxane qui tentera ensuite sa chance avec un enthousiasme malheureusement incompatible avec la difficulté.
Du côté droit du site, Aude et Marjo équipent le 4c du secteur, tout en leur rappelant que la cotation n’a qu’une valeur indicative et somme toute assez subjective ! Syl s’engage dans une cheminée en 6a où l’aération provient plus de l’espacement entre les points que d’un appel d’air.
Laurent sort le Ohm et se fait assurer par sa fille Kim dans un 5c en cheminée également.

Les voies s’enchaînent tranquillement jusqu’à ce que l’appel du ventre se fasse entendre, renforcé par l’arrivée de Camille, François et Arthur. Nous déjeunons paisiblement pendant que Syl saisit cette occasion pour fermer les yeux quelques minutes. Aude, de week-end samba, n’a pas eu le temps de préparer son célèbre gâteau. J’ai donc tenté un remplacement avec une expérimentation ricotta-fraises dont la survie digestive du groupe reste, à cette heure, encourageante. Il ne manquait qu’une bougie pour célébrer l’anniversaire de Flo.
Arthur passe de bras en bras comme une mascotte du club, permettant à ses parents de profiter de quelques voies. Les cordées se recomposent, les parents affichent une fatigue certaine… mais continuent à grimper avec le sourire.

Avec JP, nous repartons ensuite dans le secteur de droite. Les voies y sont variées et bien sympathiques : quelques 6A, un 5C en mode “ramonage de cheminée” où nous utilisons davantage nos fesses que nos pieds pour atteindre le relais. La chaleur commence sérieusement à ramollir le groupe.
Mais l’heure du défi a sonné : Julien se lance dans un 7a. El Maestro nous offre alors une démonstration de belle escalade, propre, fluide qui laisse rêveur.
Il est près de 17h45 lorsque nous levons le camp en quête urgente d’un bar : les bouteilles sont vides depuis déjà bien longtemps et certains commencent à regarder les gourdes des autres avec insistance.

Nous trinquons à cette belle journée, à la jeunesse éternelle de Flo et surtout à Philou, initiateur de ce nouveau site qui nous aura fait faux bond pour la bonne cause de bague au doigt. Félicitations Philou !
Le cadre, la carte du restaurant et peut-être aussi la sympathique serveuse qui semblait faire monter la motivation de Ju auront raison de nous. Ajoutez à cela une vibrante déclaration d’amour aux spécialités du Nord, et voilà le groupe en train de commander des welshs et autres réjouissances anéantissant tous les efforts physiques du jour. Seule Aude, attendue sur une piste de danse endiablée nous quittera après l’apéro.

Merci à Syl pour l’organisation de cette belle journée, à mon partenaire de grimpe et à vous tous pour ces bons moments de partage, de grimpe, de chaleur, de siestes discrètes et d’orientation approximative.
Delph