Le week-end dernier, Annot était « the place to be » dans le milieu de l’escalade. Le petit village des Alpes de Haute Provence organisait depuis sa dixième année le désormais célèbre « Annot à Bloc », rassemblement de grimpeuses et grimpeurs autour de la pratique du bloc : contest sur un nouveau secteur, finale sur structure articifielle sur la place centrale et re-contest le lendemain en Urban Boulder sur des passages originaux inventés sur les murs et ponts du village.
Comme quasiment chaque année, je participais à l’événement le samedi et profitais d’être là-haut pour organiser une sortie falaise avec les adultes du club le dimanche. Julien et Delphine étaient présents également, ainsi que quelques jeunes du club : Mélia, Rose, Antoine, Esteban, Yann, Emma et Léane.
A l’issue d’une grosse journée d’escalade à se poncer les doigts, les meilleurs des jeunes (entre 13 et 17 ans !) avaient l’honneur de participer à la finale. Rose et Mélia étaient sélectionnées et se placent respectivement 6ème et 4ème. Emma et Léane participaient en adultes. Emma termine malheureusement 7ème et donc non qualifiée tandis que Léane s’offre une place en finale et termine 2ème, à un rien de la victoire !
Le lendemain donc, c’est rendez-vous à 10h au village pour aller explorer les voies équipées au dessus de la gare. Cette année, nous décidons d’aller tout en haut au secteur des galopins, idéal pour se chauffer avec 7 voies courtes mais pas inintéressantes dans le 5, plutôt en dalle et bien équipées. Le groupe s’approprie les voies et raye la face avec les cordes. Seule une voie (pourtant seulement 5b) résistera à beaucoup de monde, le relais visiblement bien dur à clipper. On peut noter la belle performance de Delph, pourtant habituée des moulinettes qui, poussée par JP, tentera toutes les voies en tête !
Au dessus, trois 6a pas évidents nous attendent au secteur de la petite pyramide. Ce sont Jasmine et Claire les premières à partir défricher les méthodes parfois complexes, avant de se faire rejoindre par l’ensemble du groupe. A côté se trouve un 6b+ très joli à la cotation franchement sous-estimée où Alexis et moi-même nous cassons les dents, nous laissant en admiration devant Roxane qui s’en sort vraiment mieux !
Puis vient l’heure du repas avec l’indépassable gâteau de Aude, carrément apporté en livraison gratuite ! L’après-midi, c’est place aux choses sérieuses avec un changement du secteur pour le visage et ses 4 voies entre 6a et 6b, ressenties largement plus dure. A part Mattieu et Franck qui restent dans les dalles du secteur voisin le Vaudois, c’est l’ensemble du groupe qui tente avec plus ou moins de réussite de passer les différentes sections proposées, tantôt en réta fin, en traversée en équilibre, en gros dévers à bacs ou en mur à bi-doigts taillés. De quoi nous occuper un bon moment !
Fin de journée tardive, qui ne nous empêche pas de passer au café du commerce pour un dernier moment de convivialité, clôture définitive de ce grand week-end escalade !
Dimanche dernier, le club a mis le cap sur les gorges du Blavet, secteur Colle Rousse, avec une poignée d’irréductibles, totalement insensibles à la vague de chaleur qui est arrivée .
Après un premier arrêt stratégique sur le parking de Cagnes-sur-Mer, nous finissons par nous garer près du site. “La marche d’approche est très courte”, avait-on dit. Évidemment, comme personne ne connaît l’endroit, nous commençons par une randonnée d’échauffement qui nous en éloigne consciencieusement.
À peine partis, nous sommes déjà perdus parmi les chênes liège et les chataigniers. Les experts en orientation dégainent leurs téléphones. Finalement, c’est Flo qui nous remet sur le bon chemin.
Nous arrivons au pied des voies alors que la matinée est déjà bien entamée. Certains s’équipent rapidement, d’autres installent leurs hamacs avec cette ferme intention de ne surtout pas grimper trop tôt.
Je pars dans la voie la plus à gauche, cotation inconnue mais allure rassurante, avec JP qui ouvrira les voies toute la journée avec un calme insolent. Plus à droite, Flo équipe un 6a afin que David puisse aller se perdre méthodiquement dans la dernière longueur.
Sandra et son fils étaient venus avec l’idée de randonner. Finalement, Sandra partira en reconnaissance avant de faire demi-tour, pendant qu’Antoine oscillera subtilement entre flemme olympique et motivation verticale.
À côté de nous, Epo et JR forment un duo parfaitement synchronisé : chacun leur tour, ils ajoutent une dégaine supplémentaire. Une stratégie lente, mais appliquée. À force de persévérance, la voie finit tout de même par être équipée.
Pendant ce temps, nous enchaînons une autre voie, plus coriace que la première mais franchement magnifique, tandis que Flo transpire avec élégance dans un 6b. Alexis “la légende” boucle ça sans trop couiner, assuré par Roxane qui tentera ensuite sa chance avec un enthousiasme malheureusement incompatible avec la difficulté.
Du côté droit du site, Aude et Marjo équipent le 4c du secteur, tout en leur rappelant que la cotation n’a qu’une valeur indicative et somme toute assez subjective ! Syl s’engage dans une cheminée en 6a où l’aération provient plus de l’espacement entre les points que d’un appel d’air. Laurent sort le Ohm et se fait assurer par sa fille Kim dans un 5c en cheminée également.
Les voies s’enchaînent tranquillement jusqu’à ce que l’appel du ventre se fasse entendre, renforcé par l’arrivée de Camille, François et Arthur. Nous déjeunons paisiblement pendant que Syl saisit cette occasion pour fermer les yeux quelques minutes. Aude, de week-end samba, n’a pas eu le temps de préparer son célèbre gâteau. J’ai donc tenté un remplacement avec une expérimentation ricotta-fraises dont la survie digestive du groupe reste, à cette heure, encourageante. Il ne manquait qu’une bougie pour célébrer l’anniversaire de Flo.
Arthur passe de bras en bras comme une mascotte du club, permettant à ses parents de profiter de quelques voies. Les cordées se recomposent, les parents affichent une fatigue certaine… mais continuent à grimper avec le sourire.
Avec JP, nous repartons ensuite dans le secteur de droite. Les voies y sont variées et bien sympathiques : quelques 6A, un 5C en mode “ramonage de cheminée” où nous utilisons davantage nos fesses que nos pieds pour atteindre le relais. La chaleur commence sérieusement à ramollir le groupe.
Mais l’heure du défi a sonné : Julien se lance dans un 7a. El Maestro nous offre alors une démonstration de belle escalade, propre, fluide qui laisse rêveur.
Il est près de 17h45 lorsque nous levons le camp en quête urgente d’un bar : les bouteilles sont vides depuis déjà bien longtemps et certains commencent à regarder les gourdes des autres avec insistance.
Nous trinquons à cette belle journée, à la jeunesse éternelle de Flo et surtout à Philou, initiateur de ce nouveau site qui nous aura fait faux bond pour la bonne cause de bague au doigt. Félicitations Philou !
Le cadre, la carte du restaurant et peut-être aussi la sympathique serveuse qui semblait faire monter la motivation de Ju auront raison de nous. Ajoutez à cela une vibrante déclaration d’amour aux spécialités du Nord, et voilà le groupe en train de commander des welshs et autres réjouissances anéantissant tous les efforts physiques du jour. Seule Aude, attendue sur une piste de danse endiablée nous quittera après l’apéro.
Merci à Syl pour l’organisation de cette belle journée, à mon partenaire de grimpe et à vous tous pour ces bons moments de partage, de grimpe, de chaleur, de siestes discrètes et d’orientation approximative.
Dimanche 7 juin a lieu la dernière sortie falaise pour les adultes de la saison. Elle fera suite au Annot à bloc de la veille, on ira donc grimper sur les couennes du secteur de la gare.
Je serai déjà sur place depuis la veille mais vous pouvez organiser le covoiturage avec un rendez-vous à 8h30 au parking de la Villette. Sinon c’est 10h au village (ou avant pour ceux qui prennent un café sur la place). On ira au secteur du zodiaque ou aux météores.
Les sorties en falaise s’enchaînent en cette fin d’année. Sous les conseils de Phil, nous allons de nouveau découvrir un secteur, cette fois non loin des gorges du Blavet, juste en face du rocher de Bayonne : le secteur Colle Rousse. Des voies d’ampleur de tous niveaux, le craquant de la rhyolite, de l’ombre au pied des voies, tout un programme.
Vous connaissez la chanson, formulaire d’inscription, et tout et tout !
Hier, c’est un groupe de 13 adultes du club + Kim, la fille de Laurent et Sophie, qui a découvert le site du rocher des Baus, sur la route des granges de la Brasque, au dessus de la Tour sur Tinée. Petite caractéristique : c’est un site de terrain d’aventure (ou escalade traditionnelle), c’est à dire que seuls les relais sont équipés, toutes les protections pour y arriver sont à poser soi-même ! Autre caractéristique, le rocher est du grès, cette roche qui ressemble à du sable compacté et qui offre une adhérence incomparable !
La plupart des lignes à grimper suivent de belles fissures de tailles variées, idéales pour apprendre à poser les fameux « friends » salvateurs mais aussi pour apprendre à verouiller les poings, les mains, les doigts, les pieds ou toute autre partie du corps appropriée à la largeur de la fissure. Un beau programme pédagogique en perspective.
Le panneau d’accueil
Pour ma part, j’ai déjà fait quelques séances sur les différents secteurs afin de me familiariser avec le style que je suis très loin de maîtriser et repérer les secteurs adaptés. Sur une des sessions précédentes, on avait écumé avec Ju toutes les voies du secteur de « la cave » et noté toutes les protections utilisées dans un fichier. L’idée étant que les grimpeur·ses grimpent en moulinette avec juste ce qui est nécessaire et trouvent les bons emplacements. Les plus en confiance pourront alors essayer en tête.
Avec Delphine, nous décidons de monter la veille au soir afin de passer la nuit sur place dans le Kangoo. L’endroit est isolé et tellement calme ! Le matin, je charge quelques cordes sur dos et attaque la marche d’approche tandis que Delphine attend au parking que le groupe arrive. Le secteur de la cave est situé juste sous la large vire du secteur du Bivouac. Je m’attèle à installer les moulinettes par le haut, au fur et à mesure que les participant·es et les cordes arrivent. Et c’est finalement les 7 voies du 4c au 6b qui sont équipées. Certes, les voies sont courtes mais elles offrent toutes les caractéristiques nécessaires pour apprendre à verrouiller friends et mains !
Delph dans « le dièdre Findus », 5c
Finalement, tout le monde est là. Je fais un petit briefing et c’est parti ! Le groupe descend à la cave tandis que seuls Steph et Matthieu reste au bivouac pour équiper « la tour de prise », un 4c sur une énorme écaille.
À la cave, tout le monde commence en moulinette. Et la plupart le restera 😅. Apprivoiser le caillou et le style de grimpe, ça prend du temps et même dans les cotations gentilles, ça demande de la concentration ! Poser ses propres protections en plus et ça fait beaucoup à assimiler d’un coup. Mais (presque) tout le monde joue le jeu et s’essaie à la pose de coinceurs.
Aude dans « les chiottes », 4c
Kim est la première à tenter une voie en tête assuré par son père avec le 5c de droite, « le dièdre Findus ». Florian se lance également après repérage dans la pas facile 5b « double knee » où les gros friends sont indispensables au départ, ainsi que trouver comment coincer les hanches…
A gauche, le groupe des dames (Sarah, Céline, Sabine et Delphine) découvre tranquillement les voies faciles avec le dièdre parfait (mais trop court) et mal nommé « les chiottes », 4c et « Genévriers », un 5b un peu bloc au départ. Robin et Julie perdent le sens de l’orientation dans le système de fissures d’une autre 5b, « double split » tandis que Thibaud et Aude se retrouvent à chercher une solution dans le départ très difficile en verrou de main d’un 5c : « Pose le cul ». Ils finiront comme tout le monde après eux à tirer sur le #4 bien pratique. Au moins ça tient !
Sarah dans « la tour de prise », 4c et Steph dans « Regard en coin », 6a
Après quelques conseils, je remonte au bivouac pour installer les moulinettes dans des voies un peu plus longues et soutenues : trois 6a variés « les portes du pénitencier » et sa belle dülfer, « Tetris » qui doit son nom à un gros bloc coincé qui permet de sortir d’une renfougne mal commode et « Regard en coin », la plus facile des trois. J’en profite aussi pour installer le 6c « François l’embrouille », histoire de donner du challenge aux meilleur·es. Matthieu et Steph sont partis à droite du secteur pour grimper dans « Bikini », un 5b où Matthieu teste involontairement la solidité de son #3 !
Laurent à l’envers dans « les portes du pénitentier » , 6a
Vers 13h30, Kim a grimpé les 7 voies de la cave et l’ensemble du groupe se réunit au bivouac pour partager un repas et le traditionnel gâteau qu’Aude nous prépare à chaque sortie. Puis c’est reparti ! Les cordées s’essaient dans toutes les voies proposées. Thibaud et Florian font de belles montées dans le 6c mais n’arriveront pas à sortir la fissure bombée finale.
Céline y va de son commentaire sur chaque voie grimpée allant de trop bien à inintéressant, jugement souvent à l’encontre de celui de Sarah. Comme quoi, tous les goûts sont dans la nature.
En fin de journée, j’installe une dernière longueur avec un très beau 6b+ pas si dur mais bien psycho « Jusqu’auboutiste » que seul Thibaud aura la possibilité d’essayer. Le temps qu’il descende et le groupe est déjà en train de partager les bières que Steph a apportées.
Céline dans « double split » 5b
Bilan de la journée : pas beaucoup de grimpe en tête, mais pas mal d’apprentissage. Il va falloir du temps et de la pratique mais certains se sont bien pris au jeu de la pose de coinceurs. La taille importante du groupe m’empêche aussi de pouvoir donner plus de conseils. Pour tout le monde, ça a été une grosse journée de grimpe et les éraflures sur les mains et les bras de chacun témoignent de l’intensité de l’effort.
Dans tous les cas, on a découvert un lieu incroyable, un caillou original et une façon de grimper qui demande des techniques nouvelles et pas mal d’imagination, très loin des standards de la résine. Une belle expérience donc, qui se termine inévitablement, pour ceux n’ayant pas de contraintes familiales, avec un pot au bar du village, ce qui clôture de manière parfaite cette magnifique journée ! Merci à toutes et tous !
Un grand merci également à Lionel Catsoyannis pour avoir découvert et développé le site ainsi quà tous les ouvreurs pour nous permettre de grimper des bijoux !
Vous l’attendiez avec impatience, la voilà ! La sortie terrain d’aventure de l’année ! Nous avons été deux années consécutives au rocher de Bayonne, il est temps de changer. Après 3 journées de repérage, je peux enfin vous emmener découvrir le fantastique site du rocher des Baus, perché au dessus du village de la Tour sur Tinée, sur le chemin des granges de la Brasque. Cette affleurement de grès s’élève au dessus du vallon de Cramassouri, face au brec d’Utelle, avec vue au sud sur la madonne d’Utelle et même la mer. Calme, nature et isolement.
Sur les falaises, vous ne trouverez pas de goujons ou autres scellements en dehors de ceux qui vous permettrons de redescendre. Ici, c’est avec vos propres coinceurs qu’il va falloir assurer votre protection. Failles et fissures sont légions et le site se prête très bien à l’inititation avec des voies courtes et faciles. Bien sûr, vous pourrez attendre l’installation des moulinettes si poser les coinceurs n’est pas une activité qui vous passionne particulièrement (ou qui vous terrorise), ce qui rend la sortie accessible à tout le monde.
Pour vous inscrire, ça se passe comme d’habitude via le formulaire. Le rendez-vous est à 8h30 sur le parking de la Villette ou 9h30 sur place.
Séranon est un petit village des préalpes de Grasse à l’extrême est du département. Au nord de celui-ci se trouve une grande barre rocheuse au profil torturé qui abrite plusieurs secteurs d’escalade, une via ferrata, une via corda et 3 grandes voies.
Le groupe est restreint en ce dimanche de Pâques, nous sommes 9 en tout. Avec Alexis et Ju, on choisit de parcourir Djé, 7 longueurs en 6c max. Les deux autres cordées s’attaquent à la Via del Pierrot, 8 longueurs en 6a+ max : Djé, Laura et Flo sont devant Matthieu, Mattieu et Roxane. La météo est au grand beau mais le vent qui souffle sur les crêtes est froid et nous oblige à alterner entre la veste et le t-shirt.
La marche d’approche
On se retrouve donc au parking pour les 15 minutes de marche réglementaires. De notre côté, ça ne chôme pas. On a espoir de faire 2 voies dans la journée. Ju part devant et enchaîne les deux premières longueurs en un coup pour un 5c de chauffe. On traverse rapidement la terrasse suivante et Ju repart devant pour deux nouvelles longueurs en une et un très joli 6a qui donne sur une vire. De là, ce sont 2 très beaux 6c qui nous attendent. Ju enchaîne le premier, mais s’arrête une fois dans le deuxième pour trouver les prises salvatrices. Nous voilà devant la dernière longueur en 5b où on laisse l’honneur à Alexis qui poursuit en corde tendue sur la via pour aller chercher le relais de rappel.
Ju dans le premier 6c
Je suis le premier à descendre le grand rappel de 45m et, par un système de mains courantes, je descends retrouver Roxane et Mattieu, sur le point de quitter leur deuxième relais. Mattieu qui n’attendait que ma présence pour chuter dans un buis ! J’attends Ju et Alexis qui me rejoignent rapidement. On descend les 50m restants pour arriver au pied de la Via del Pierrot.
Les cordées se suivent dans la Via del Pierrot
Le temps de se repréparer tout en grignotant et nous voilà repartis. Cette fois c’est Alexis qui part devant et double les 2 premières longueurs. Il se fera tout de même cueillir par le 5c avec une section étonnamment difficile ! Les deux longueurs suivantes se doublent également et il vient tamponner sur les cordées précédentes qui s’attaquent à la longueur clé en 6a+, un pilier bien dalleux et technique mais très joli.
Roxane dans le 6a+
De là, c’est le petit train. pour la longueur suivante qui mène à une grande terrasse où la cordée des Mat et Rox mangent un bout. Djé est déjà dans la dernière longueur quand on arrive au pied de celle-ci et je vais me poster sur le côté grâce à des mains courantes pour prendre des photos et voir passer un à un tous·tes les grimpeur·ses. Les quelques mètres de dénivelé se font à l’aide de mains courantes pour atteindre le sommet et la vue à 360° ! Magnifique.
Laura dans le 5c final
En haut, nous répartissons le matériel et c’est là qu’on se rend compte qu’il manque un talkie. Il a du se décrocher à la pause repas. Je suis bon pour redescendre par tout le système de mains courantes tandis que le reste du groupe prend le chemin de retour tranquillement. L’objet perdu retrouvé, c’est avec 20min d’avance que j’arrive à la voiture, le temps de dialoguer avec les vaches du coin.
Encore une bien belle journée sur des lignes jolies et originales. Un grand bravo aux équipeurs pour le travail accompli, on est ravis de la découverte ! Prochaine étape le stage dans le Verdon !!
Ce dimanche, c’était le retour de la sortie annuelle en initiation grandes voies au rocher St Barthélémy. Le projet, c’est d’utiliser les forces vives du club, celles et ceux qui s’entraînent régulièrement en grandes voies pour amener des débutants découvrir les plaisirs intenses de cette activité. Le travail à long terme entamé avec le cycle grandes voies nous permet aujourd’hui de toucher une grosse vingtaine de participants (24 !) dont la moitié de néphytes !
Le rocher St Barthélémy, c’est le lieu idéal pour nous accueillir avec ses voies proches, plutôt faciles, et surtout tout un système de terrasses qui nous permet à nous, encadrants (Bérenger et moi), de nous déplacer facilement entre les cordées et les relais. Cela demande juste un peu d’anticipation et de plannification et une distribution de cordées bien réglée.
Le briefing
Le réveil est matinal, surtout qu’on a changé d’heure. Mais il faut bien ça et c’est après le rendez-vous à Cagnes que nous nous retrouvons sur le parking sous la falaise vers 9h15 pour la distribution du matériel et le briefing de la journée : rappel de la sécu, rôle de chacun, communication, etc… S’ensuit la courte marche d’approche qui nous emmène au pied des voies pour un départ autour de 10h.
A gauche de la falaise, dans « l’aile du sphinx », Epo, un peu étonnée de la confiance que j’accorde en ses capacités, prend la tête de la première cordée pour les deux premières longueurs en 5a et 5b. JR suit avec Flo qui est là en soutien. Les deux longueurs suivantes sont faciles mais paumatoires ! JR fait une tentative mais ne trouve pas l’itinéraire. Il revient au relais et Epo repart et cherche un moment. Je viens lui filer un coup de main pour trouver l’emplacement du relais suivant où JR retente une longeur en tête, cette fois avec succès ! Les voilà devant les deux courtes longueurs en 6a. Epo prend son courage à 2 mains et s’engage dans le premier. Si on ne s’attarde pas sur l’éthique de l’escalade dite libre, elle s’en sort comme une cheffe avec juste un peu de sueur au front. Flo la laisse souffler en enchaînant la longueur suivant mais Epo n’a pas dit son dernier mot et retourne au charbon dans la dernière longueur pourtant cotée 6b ! Bravo Epo !
Epo dans la L5 de l’aile du Sphinx
Derrière eux, c’est Isa qui prend le lead sur les deux premières longueurs. Delph et Ju la suivent et Flo fait les démarches de check au relais. Delph, effectue ensuite les deux longueurs faciles en tête, sans se perdre puisqu’elle n’a qu’à suivre la cordée devant ! Mais quand vient l’heure d’attaquer les voies en 6, Ju prend le relais et passe devant en installant sangles et cordes pour se faciliter les passages difficiles. Etait-ce bien nécessaire de les bichonner comme ça ? Je ne sais pas si c’est bien de les habituer à tant de confort…
Ju Rejoint Delph, Isa, Flo et JR au R2 de l’aile du Sphinx
A leur droite, dans « le croupion du griffon », la voie la plus facile du secteur, j’envoie Robin, Julie et Dominique en premier, les moins débutants parmi les débutants. D’une efficacité redoutable et quasi sans erreur, ils déroulent dans une voie un peu trop facile pour eux. Robin fait les 2 premières longueurs en tête, puis Julie prend le relais sur deux longueurs et Dominique termine avec la longueur sommitale. Et il aura fallu que je les freine beaucoup pour qu’ils ne sortent pas 3h avant tout le monde !
Robin, Dominique et Julie au R1 du croupion du griffon
Derrière eux, c’est David et son stress légendaire qui attaque la première longueur. Aucun problème en vue, il faut juste se détendre pour pouvoir apprécier la balade ! Il enchaîne les 3 premières longueurs avant de laisser la main à Aude pour qui a travaillé avec tellement de sérieux et de concentration que tout ça n’est qu’une formalité. Sarah, la troisième de la cordée, préfère profiter tranquillement derrière. La tête, ce sera pour la prochaine fois.
David dans L3 du Croupion du griffon
Dernière cordée à décoller dans la voie, Franck déboule au premier relais avec ses lunettes embuées. Je l’aide un peu à construire un relais décalé mais ce ne sera pas suffisant pour éviter un grand désordre de cordes lorsque Nico et Dona le rejoignent. Franck fera les trois premières longueurs en tête avec brio puis Nico prendra le relais à partir de la L4 : validé !
Franck dans le L5 du croupion du griffon
Juste à droite, Cécile, Xav et Djé forment une cordée autonome dans « Nabetse Orevillo ». Xav part devant dans le premier 5c et couine un peu avant d’atteindre son relais . Djé prend la suite dans le 6a+ pas donné pour redonner la main à Xav dans la longueur suivante. A la terrasse, c’est Cécile qui prend la tête et termine devant les deux dernières longueurs. Elle passe devant Dominique pour être la première au sommet vers 13h.
Xav concentré dans la construction du R3 de Nabetse Orevillo
Encore à droite, nos deux dernières cordées font un départ décalé dans « du tracas jusqu’au cou ». Mattieu, qui fait cordée avec Thomas et l’autre Matthieu, commence au R2 avec un 5b en traversée et un 5c assez aérien. Puis Thomas prend la suite avec le 4+ de transition puis le 5c qui mène au rappel. Bérenger gère l’organisation du rappel pour que ça déroule suffisamment dans cette voie un peu plus longue que les autres. Et c’est Matthieu qui tente d’enchaîner le 6a au début particulièrement délicat. Malheureusement les dégaines sont trop tentantes à prendre à la main ! Il terminera avec le beau 5b qui mène au sommet.
Thomas arrive au R5 du tracas jusqu’au cou
Patrick fait cordée avec Jean-Luc et Katia. Il part de tout en bas du « tracas » et pour sa première longueur en grande voie il a pour mission de gérer son tirage pour aller directement à R3, sous les conseils avisés de Bréenger. Puis il enchaîne les 2 longueurs suivantes avant de laisser avec joie la place à Katia qui déroule dans le 4+ en se perdant un peu dans l’itinéraire. Elle sort également le 5c suivant puis Patrick reprend courageusement la tête dans les deux longueurs finales après le rappel ! Bravo ! Jean-Luc, dernier à sortir, arrive au sommet à 15h30 !
Katia et Jean Luc dans la dernière longueur du tracas jusqu’au cou
Le temps de ranger le matériel et nous voilà sur la descente où j’avais préalablement installé une main courante, afin de rejoindre le groupe en bas dont certains sont partis se baigner et d’autres, impatients, ont déjà repris la route.
Au final, ce fût une très belle journée avec des conditions météo parfaites avec un ciel un peu voilé qui nous a protégés d’une trop grosse chaleur. Malgré la taille du groupe, tout le monde a pu évoluer en sécurité et la fluidité a été plutôt bonne. Un grand bravo à tous les participants ! Merci aux autonomes qui ont participé à gérer la sécu. Sans vous, ça ne marcherait pas !
C’est donc sur la grande face de notre mythique et historique baou de St Jeannet que les participants du cycle grandes voies sont allés exprimer leurs aptitudes en grimpe et recherche d’itinéraire. Le baou, c’est souvent du rocher médiocre et des points plutôt loin. Savoir garder son sang froid y est une qualité nécessaire.
Après organisation et réoganisation, nous avons dans la célèbre Dominante une première cordée avec Laura et Gautier. Laura a pour mission de passer devant tandis que Gautier reste à proximité de Dona dans la cordée derrière avec Ju et Mattieu L. Un cran au dessus en terme de niveau, Alexis et Roxane ouvrent le Péril Jaune, suivis de Jean, Florian et Xavier. Enfin, un peu plus à droite, je m’engage avec Matthieu H dans l’Innominata, suivis de Sabine et Thibault.
Alexis dans la L1 du Péril jaune
C’est autour de 9h30 que chacun attaque sa voie. Chez nous, Matthieu a la même mission que Laura : partir devant et défricher l’itinéraire tandis que je reste en back up pour la cordée qui suit. Sabine se retrouve en difficulté dès la première longueur, je lui envoie un brin de corde pour faire une double flèche, configuration qu’on reproduira souvent pendant l’ascension. La L2 propose la première difficulté. Matthieu la négocie sans éthique aucune en s’aggripant à une corde restée coincée par une cordée qui s’était pris un but la veille. Mais l’important c’est de passer ! Thibault franchit les premières difficultés mais explose en fin de longueur, heureux que je lui envoie également un brin. Puis Sabine, restée seule au relais, se prend d’une petite crise de panique avant de se ressaisir et de nous rejoindre. Les deux longueurs suivantes sont plutôt faciles et nous amènent à la fin du boulevard de la Dominante où on décide de grignoter un bout en attendant Laura…
Matthieu dans la L2 de l’innominata
Pendant ce temps, dans le Péril Jaune, Florian apprécie également la technique de la double flèche dès la seconde longueur, technique un peu trop confortable qu’il gardera jusqu’à la fin de la voie ! En même temps, les 3 premières longueurs sont corsées et le rocher bien glissant.
Je suis la progression dans la Dominante avec les conversations au talkie. Quelques doutes sur l’itinéraire mais Laura gère en bonne leadeuse, aidée par Gautier pour qui il reste quelques souvenirs d’un ancien passage. Dona se débrouille très bien également malgré un passage en traversée qui demande un peu d’aménagement. Nous avons quasiment terminé nos sandwichs quand Laura arrive jusqu’à nous et fait son relais dans un arbre voisin, suivie par Gautier et Dona un peu après.
Dona dans la traversée du boulevard
Mais pas le temps d’attendre tout le monde puisqu’un bout de l’itinéraire est commun, il s’agit de ne pas faire de bouchons. Matthieu repart donc devant et fait une faute d’itinéraire en choisissant une cheminée pourrie et arborée. J’encorde de nouveau Sabine avec moi et nous voilà au pied de la fameuse fissure à la rose, longueur clé de l’enchaînement. Je prends la tête pour ce passage avec de laisser de nouveau Matthieu dans le 5b suivant, puis la traversée en 2 qui nous amène proche du parc à moutons, terrasse sous le sommet où se rejoignent toutes les voies.
Et c’est là que j’entends Jean au talkie qui nous annonce qu’il s’est fait mal au genou et qu’il n’arrive plus à pousser sur la jambe ! Pas de panique, Alexis est là pour le remonter jusqu’au relais. J’abandonne Matthieu pour aller les retrouver moyennant un petit rappel. J’embarque Jean avec moi que je traîne jusqu’au sommet.
Gautier et Alexis dans la longueur finale
Entre temps, je croise Gautier qui se demande ce que je fais là et qui a pris la tête sur la fin de la Dominante, Laura n’ayant pas réussi à sortir la longueur clé et ayant été jusqu’à la chute ! Bravo Laura ! Thibault a pris la tête également pour la dernière longueur et installé un beau relais sur lunules au sommet qui servira pour tout le monde. Petit à petit, alors que Jean, Matthieu et Sabine ont doucement attaqué la marche de retour, toutes les cordées arrivent sur le plateau, les dernières juste après le coucher du soleil vers 18h30 ! Encore une belle et longue journée !
C’est donc à la frontale (pour ceux qui ont suivi mes conseils et qui l’ont glissée dans le sac) que nous rentrons au village pour retrouver nos 3 camarades installés au bar. Le temps de siroter une bière et d’échanger nos anecdotes et il est temps de nous séparer et de prendre une bonne nuit de repos.
Bravo à toutes et tous et rendez-vous le dimanche de Pâques à Séranon !
Le dimanche 29 mars, le club organise sa sortie initation aux grandes voies. elle se déroulera au rocher St Barthélémy sur la rhyolite ocre de l’Esterel. Des voies bien équipées de niveau abordable idéales pour pratiquer les manips d’assurage par le haut. Aux débutants désireux de s’initier, et particulièrement à ceux qui souhaitent participer au stage d’avril, cette sortie est pour vous ! Aux aguerris qui ont l’habitude des manips, nous avons également besoin de vous pour nous aider à l’encadrement et assurer la sécurité de la sortie !
Des sessions d’entrainement au gymnase Besson seront organisées les mardis 10 et 24 mars. Il est fortement recommandé d’y participer afin de faciliter le déroulement de la sortie.
Pour vous inscrire, c’est comme d’habitude. J’enverrai un formulaire plus tard pour l’organisation des cordées. Attention, le rendez-vous est un peu plus tôt que d’habitude et c’est au parking de la Villette.
Club d'escalade de Cagnes sur Mer
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